La discrétion est l’un des rares défauts des marocains. Ils sont des clandestins aguerris : ils se cachent pour boire hâtivement et sans plaisir, le vin est nocturne et souterrain ; ils se cachent pour forniquer, le plaisir au bout du sexe et l’amour en berne ; il n’est pas rare de voir en rase campagne ou dans les fourrés, des voitures qui mystérieusement hoquettent, branlent sans s’ébranler.
Les marocains se cachent pour peser sur les fesses d’enfants paumés, sous les tables et dans les toilettes des ministères pour enfourcher des secrétaires en détresse ou des “girls ” enflammées.
Nous, les Marocains, on se cache encore pour nous débarrasser des fruits de nos ébats dans des garages et dans le sang au gré des poubelles : on avorte et on jette ; ce qui est grave c’est qu’on n’a ni peur ni honte de se contredire, plus grave encore c’est qu’on se contredit sans le savoir vraiment et on tire sur toutes les cibles indifféremment : on s’en prend aux riches en vénérant le régime qui fait les riches…et forme les pauvres, on harcèle la voisine encore pubère et on renie et tue pour l’honneur de la famille, on apprend à « baiser la main qu’on ne peut couper », à mentir comme nos pères à nos mères, nos parents à nos voisins, nos voisins à leurs voisins, le…la…les à la…/aux…On aspire à la modernité dans l’authenticité ou plutôt à l’authenticité dans la modernité en priant toujours dans la même direction et sans jamais abréger nos sourates.










