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Les indignations de Bihi Abrayyim

طاقم ALLNEWS14 يناير 2025
Les indignations de Bihi Abrayyim

1.A quoi joue Amina Lhaj Hmad ? Amina Lhaj Hmad Ougdourt Bencheikh (ALHOB) de son complet nom est –-pour celles et ceux qui ne la connaissent ou ne la ‘’situent’’ pas— directrice responsable du seul et orphelin et rescapé (encore en vie) journal papier, dédié à la Cause amazighe; l’obédience est plus qu’affirmée, elle est  haut et fort déclarée et d’entrée : Le Monde Amazighe est la voix des Imazighen ( qui traduit ‘’ la langue des Imazighen’’ : « ils n imazighn »). Amadal Amazighe défend, soutient, accompagne les combats et les initiatives des militants amazighes et s’ouvre régulièrement par un éditorial souvent percutant d’ALHOB. Elle a été aussi du temps où il fonctionnait encore membre du Conseil d’Administration et proche de la direction de l’IRCAM dont elle répercute les activités et soutient les initiatives. Elle préside, par ailleurs, depuis sa création, auprès de son plus proche collaborateur et compagnon aux destinées  de l’Association Mondiale Amazighe.

Mais ce n’est pas à ces titres que Bihi s’intéresse à cette figure marquante de la mouvance amazighe dont il a dit déjà l’essentiel  ici- même à une autre occasion. Elle l’intéresse plutôt en sa qualité de Conseillère du Chef du gouvernement pour les «Affaires amazighes » (ou en tant que Chargée du Dossier Amazighe), un poste où il semble évoluer depuis trois ans sans complexe et sans gêne pour celle qui, hier encore, appelait à la méfiance des milieux officiels toujours à l’affût pour  décapiter, récupérer, soudoyer (à l’intransitif ; pauvre grammaire si désertée !); ce n’est pas donc elle qui nous dira demain qu’elle ne savait pas, qu’elle ne connaît pas, elle qui raffole des proverbes amazighes, celui qui dit  « wanna ra ichch taknarit i3wwl f isnnan »  [‘’Celui qui veut manger les figues de barbarie qu’il se prépare à subir leurs (incontournables ou fatales) épines ‘’]

Tout ce bavardage, tout ceci pour cela. Pour comprendre ceci ou cela, prière de lire attentivement l’interview de ALHOB reproduit(e) par les soins de Abdelaziz Akram in Hespress  8/1/25…Vous comprendrez sans effort pourquoi les Imazighen resteront Imazighen,  « libres » mais sous tutelle. Pour résumer les propos de notre interviewée, on retiendra que, depuis l’avènement du gouvernement actuel dont le chef crie haut et fort son amazighité, tout semble repartir pour la promotion et l’officialisation effective de l’amazighe, pas sur des chapeaux de roue comme au temps des premiers enthousiasmes mais lentement mais sûrement ; inutile de de se précipiter pour rattraper les retards accumulés. Bien entendu, qui ne peut le lui concéder ? : Le chantier est vaste et mobilisateur ; ses réalisations  prendront naturellement le temps nécessaire. Ne dit-on pas,  chez nous, que « pour ne pas choir ni se laisser rejoindre,  il faut éviter de se  précipiter, savoir adopter le bon rythme, la bonne mesure ». En tout cas, retenons pour résumer que le dossier amazighe « bouge », avec ce gouvernement d’Akhennouch après avoir stagné avec ses prédécesseurs. Bihi se demande seulement si Notre conseillère (Bihi est et reste amazighe en dépit des vicissitudes de l’histoire) mesure vraiment l’étendue de la tâche. Sans une volonté politique indépendante des pouvoirs institués et sérieusement encadrée, un diagnostic vraiment objectif, un bilan sans complaisance établi,  on risque encore et pour longtemps tenir la rampe des deux mains pour avancer.

  1. Ce que Benkirane, le faux islamiste et le faux fassi, le chansonnier du PJD dit avec ses mots de NOUS, les Imazighen est indignant car inacceptable, surtout dangereux (« où tuai Papa » Baha ?) : « Les Imazighen ne sont que de pauvres hères, de petites gens mais vaillantes, laborieuses, de réputation sobres et généralement ou plutôt de nature ladres ( Merci ! El Mokri Abou Zaïd El IdrIssi pour ta fameuse blague (rapportée devant un parterre de pingouins) sur l’avarice congénitale de nos ancêtres qui sont ceux aussi de ta digne moitié, ta femme). Quand ils ont quitté leurs terroirs pour venir s’établir chez nous (entendons  « El Gharb », pour eux), dans nos villes, ils n’avaient que leurs balluchons et leurs haillons à traîner. De petits épiciers de quartiers, effacés et méprisés, pâles et malingres, ils sont devenus de gros négociants, d’incontournables commerçants, ont de génération en génération accumulé, bâti des fortunes reconnues à l’échelle nationale. Ils ont réussi là où le petit ‘’trafiqueur’’ de JAVEL a lamentablement échoué. Evidemment que Benkirane ne vise les SOUSSIS et « passe sur leurs corps » que pour toucher, à travers eux, son ami Akhennouch, le chef du gouvernement et son ministre de la Justice, tous deux issus de SOUSSE, le premier de Tafraout, de la montagne , le second de Taroudant, du piémont.  Mais, le propos est à tout point de vue inadmissible proféré ainsi par un homme politique en vue à moins qu’il ne soit ou fût de la mauvaise étoffe  et sans envergure, un comédien transfuge, éjecté de la scène politique, la tirade inachevée. Raciste, méprisant, borné,  suffisant, hautain tel est  Benkirane, autant d’attributs qui, à tout bien pesé, en font  plus un faux gourou qu’un vrai politicien. Seuls,  les gourous ont la rhétorique  pour persuader sans convaincre.
  2. Quel autre homme politique peut se permettre de s’abaisser à insulter –comme un goujat un jour de foire—ses adversaires politiques ! Dire d’un gouvernement qu’il est mal élu, c’est oublier que c’est la même machine politique qui a porté aux affaires les islamistes du PJD et hissé un ancien agitateur fondamentaliste opportuniste au sommet du pouvoir. Dire que le gouvernement Akhnnouch est un « gang », une « mafia », un ramassis de « voleurs », mot décliné en deux langues l’arabe et le français comme pour insister, souligner en répétant ; il aurait pu juxtaposer les synonymes : Bande de  cheffara, khettafa, qammara, on peut encore comprendre …Mais taxer le gouvernement aux Affaires d’être un gouvernement  de Chikhates, c’est porter à son plus bas étage la bêtise politique et à son autre extrême, son paroxysme la bassesse morale ; le dénigrement ne confine à l’injure  que pour la déborder. Les mœurs politiques, les codes de la controverse, les lois du débat et les règles de la polémique se trouvent toutes transcendées. D’autant que l’assimilation, la métaphore évoquent  tout un univers glauque, sombre où l’on vient boire et se saouler, chercher du plaisir facile, satisfaire quelques pulsions auprès de filles réputées de moeurs dissolues, chanteuses et danseuses de cabarets. Dans le lexique populaire, le mot chikha ne peut signifier dans son acception négative, péjorative ou injurieuse que prostituée déguisée ou entremetteuse, ne peut désigner, de plus, qu’une matrone attitrée…Mais, Benkirane est  un clown largement, grassement payé et ce serait ne rien comprendre aux clowns que de les empêcher de divertir la galerie. Tant que  Benkirane ne jure que par son roi (Sidna), il peut tout dire mais le ROI a d’autres soucis plus nobles et plus graves et ne se soucie guère des fanfaronnades d’un gourou qui exhibe chaque jour un peu plus les apprêts d’un amuseur public et prend  à chaque nouvelle apparition l’allure d’un Cheikh de confrérie. Tout récemment encore il appelle à la vigilance la gente féminine en quête de mariage ; il met « les filles » en garde contre certaines des nouvelles dispositions annoncées de la réforme de la Moudawwana qui feront d’elles d’éternelles vierges…
  3. Akhnnouch a commis deux impairs (gaffes) ou maladresses que BiHi ne peut manquer de relever :
  4. A un de ses opposants, il ne trouve rien de mieux pour le confondre que de lui répondre : «  Sans doute, que vous ne connaissez pas Oulhaj Akhennouch », rappelant ainsi d’où il vient, de qui il tient, cherchant à glorifier une origine, à célébrer le grand homme (pas simplement) fortuné qu’était son père. Le père de Bihi, lui,  était goumier ; lui, pour ce qu’il est devenu, il a toute la légitimité de rappeler son origine sociale : Il a tout fait  tout seul ; il a démarré dans la vie avec un capital Zéro. Vous comprenez donc pourquoi, il n’aime pas beaucoup les riches héritiers ; lui, le transclasse, il n’apprécie pas toujours les héritiers de la Reproduction. Mais pourquoi, nos gouvernants  n’ ont – ils pas compris qu’afficher  ou déclarer sa fortune est une erreur non seulement politique mais morale à moins de vouloir allonger et serrer ses œillères pour ne pas voir autour de soi tout ce peuple de petites gens qui, pour avancer dans la vie, mordent de toutes leurs dents sur le mors, comptent chaque soir les quelques sous de la journée ?
  5. « Je suis Soussi et j’en suis fier mais j’ai grandi à Casa ». Il a à peu près neuf ans (si nos calculs sont bons) quand il intègre l’école primaire à Casa en 1970,  où il poursuit ses études au collège puis au lycée, là où son père a fait ses premières armes (de combattant Soussi) dès 1932. On peut supposer qu’il a eu le temps d’apprendre à parler tachelhit du terroir Ammeln et de s’imprégner de la culture locale bien que protégé par son statut social, supposer aussi que cette première enfance l’a profondément marqué. Mais, être Soussi quand on a grandi à Casa ou dans une grande ville du Nord c’est  souvent et de plus en plus pour de très nombreux Soussis, évoquer une origine, exprimer une nostalgie, aviver quelques blessures ; on ne quitte pas son pays, ses parents, sa langue sans déchirement ni regret mais avec le temps on s’incruste et s’endurcit. Pour être juste,  seul(e)s, peuvent prétendre vraiment être Soussi(e)s celles et ceux qui demeuré(e)s sur place perpétuent dans des conditions parfois très difficiles les traditions locales et préservent la langue des ancêtres, les bons/bonnes et robustes montagnard(e)s qui ne quitteront pas pour des rêves édéniques  citadins un milieu naturel trop familier et, à sa manière, généreux, un milieu qui n’est hostile  comme le désert qu’aux amants d’un jour.
  6. Wahbi a quelque chose de Benkirane, ce penchant clownesque dont il a, toutefois, une maîtrise plus relative. Ses saillies, ses dérapages font un peu (trop) le personnage dont la parole souvent débridée, au débit haletant cahote souvent à tout- va.

Récemment encore, il s’est permis au cours d’un entretien largement suivi de donner (Fonction Autorise !!) une leçon de droit à qui de droit (sic) mais aussi à tout ce monde d’ignorants- ignares que constituent les Marocains. Mais là, la galerie a eu  le rictus grimaçant et moins bienveillant, moins  moqueur  que d’habitude. Le ministre s’en est pris à la personne du Roi à laquelle les Marocains vouent un respect quasi imprescriptible. Il s’est, en effet, permis de préciser que la grâce royale n’est pas synonyme d’immunité et, que toute prérogative royale qu’elle soit, celle-là ne garantit pas aux détenus élargis récemment par le roi le droit d’exprimer librement leurs opinions  en faisant simplement leur métier de journalistes (parce que c’est bien d’eux qu’il s’agit). Si l’exégèse juridique s’adresse  prioritairement aux journalistes en question, elle laisse supposer un bras de fer entre la Justice  et le Palais et ne craint pas de porter atteinte à une prérogative royale séculaire. Et puis, par- delà le fond, il y a la forme, se tiennent le lexique et la syntaxe « Que le roi  exerce son droit de grâce, « c’est, profère-t-il, son travail ». Traduit ainsi, en ces termes en langue française, le propos se trouve bien fortement atténué. Enoncé en arabe dialectal, vernaculaire, populaire, il est cinglant et choquant et peut être glosé en « ça le regarde, c’est son affaire, son marché, dit-on aussi » ; de mémoire d’homme, on ne se rappelle  pas pareil exemple d’un propos qui transgresse à ce point le respect à la personne de SA MAJESTE. On n’a pas encore ici au Royaume parlé de la sorte à notre ROI. L’attestent les réactions qui ont pullulé à travers les Réseaux Sociaux et qui toutes s’accordent à souligner l’incongruité, l’inconvenance, la suffisance déplacée, l’agressivité d’un tel propos.

Mais, comme on dit chez ses voisins, les Aït Abdellah et tout près à Aoulouz, n’en lui déplaise, « le coq a beau battre des ailes, il ne quitte jamais la basse-cour » ; « il ne dépasse jamais les limites de la décharge  («amddouz ») où il cherche pitance ».

Le Parti a éjecté le trublion, que fait-il encore au Ministère ? ; la raison politique veut, sans doute, que s’il n’est pas fait pour l’emploi là, il fait encore l’affaire ici. N’est pas fait qui veut pour l’affrontement (facile), la polémique (gratuite), les mauvaises et feintes colères et les fausses indignations. L’exercice politique, c’est aussi , hélas ! un peu /beaucoup ça !!

L’écrivain public

 

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