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Réponse à TEL QUEL : n° 979 :07-23/01/2022 2/2

طاقم ALLNEWS24 مارس 2022
Réponse à TEL QUEL : n° 979 :07-23/01/2022 2/2

Le paragraphe qui suit, je veux dire le second, organisé en quatre phrases, irrite par ses hyperboles en cascade (encore et toujours elles) autant que par le parti pris (encore et toujours lui) de l’auteur. Cohérence Exige !!  A avoir longtemps manié les stylos rouges, sévi à redresser les excès et les maladresses de milliers de copies et de quelques thèses, on a eu à combattre par le passé  ce genre de style, on en est encore aujourd’hui d’autant plus allergique et à lui toujours hypersensible  qu’on en avait bien souffert : On a toujours abhorré ces écrits où les mots précèdent les idées qu’ils sont censées traduire, s’étalent avec une suffisance certaine pour occuper toute l’étendue d’un texte : Lexèmes de l’extrême, des Adjectifs qui n’ont besoin  pour être modifiés, hissés au  niveau d’un superlatif absolu  ni d’un adverbe qui les modifie, ni d’un suffixe ou préfixe qui les augmente ; des Substantifs qui portent au plus haut degré leur sens : « traumatisme », « scarifications », de surcroît, « indélébiles »,  « totem d’immunité », « omerta [qui] règne en maître impitoyable », dans « une société impitoyable » qui cultive les tabous , instille les sentiments de l’insécurité et de l’humiliation ;  des Compléments d’agent en série pour un syntagme qui aurait pu être en grammaire un sujet réel et qui en discours est un sujet social, le lieu d’une typification pour désigner un espace, une institution , un corps social  bien déterminés :  « l’écosystème universitaire », « le milieu académique » de l’Edito, un milieu saturé de…. ; pollué par…. ; dominé par… une espèce, une catégorie d’hommes sans morale et sans pitié, pétris du machisme ambiant, des prédateurs toujours à l’affût  qui, leurs carquois en bandoulière, l’arc à la main, retranchés derrière le bouclier et les ronces de leur(s) savoir(s) peuvent à tout instant choisir sans les courir leurs cibles et, à bout portant, lancer leurs flèches et, au terme de chaque chasse, compter en toute quiétude leurs trophées, des hommes au- dessus de tout soupçon et qui, de plus,  opèrent dans l’ombre.

Mais, tout cela fait maintenant  partie du passé, d’un passé récent et le temps (à peine ou encore peu ?) révolu, « l’espoir d’un changement radical est permis », soutenu, alimenté par des faits de harcèlement enfin circonscrits, à peine échappés des grands principes et moyennement libérés de l’abstraction que seuls autorisent le parti pris idéologique et les réflexes de la plume car RD s’obstine à parler d’actes de prédation et semble  (seulement semble)  souscrire aux  récentes mesures prises pour combattre, éradiquer le Mal, qui toutes visent à assurer une vigilance accrue, à rompre le silence en levant les chapes  de plomb ou de béton qui pèsent sur les langues et “atonisent” la voix des victimes. On s’attendait à ce que surgît, sous la plume de l’éditorialiste, cette autre phrase de circonstance, toute faite, séquence de discours constituée : « La peur a changé de camp » ; on ne sera pas déçu : YM arriva au galop, saisit le relais et prolongea la course quoique ce fût la honte et non la peur qui changeât de camp.

Heureusement, l’Editorialiste  semble se reprendre, se ressaisir : « Rien ne sera plus commeavant » et, aujourd’hui,  l’espoir est là, on est dans un après mais prenons garde ! Le mercurochrome et le sparadrap ne sont jamais loin et « les mesures cosmétiques appliquées à la hâte » n’auront pas de mal à se superposer à de vieilles et éprouvées recettes…Nous faudrait –t – il  refiler la métaphore  de cette écume légère des vagues que les vents qui soufflent fort sur la grève arrachent aux galets et dissipent en d’éphémères petits flocons !?

Là, on est tout à fait d’accord sur l’analyse (“L’écosystème” a des instincts d’hermaphrodite !, il se régénère toujours et, souvent, à peu de frais) mais on se sépare encore une fois :  on ne se hasardera pas à parler de « fléau », «à un fléau » écriviez-vous avec un déterminant indéfini et non à+le = au, au fléau; surtout, si font défaut le courage intellectuel et l’audace politique d’assumer pleinement le mot ; ce qui est le cas du scripteur ;  plus honteusement encore quand il se retranche derrière le pronom indéfini, « d’aucuns » pour assimiler  les quelques (mais graves) incidents qui venaient éclabousser tout un corps social, « [les comparer] à une pathologie généralisée ».

Sans doute, faut-il désormais charger les Awaks (AL HARAS AL JAMI3I) de fouiller systématiquement les professeurs à l’entrée de leurs établissements pour dénicher d’éventuelles vidéos et autre attirail porno dans leurs cartables et serviettes.

Quant à « frapper fort et vite », on est encore d’accord sur le principe mais, faut-il, vraiment  pousser “la charrette jusqu’au bout du précipice” ; la déferlante sexuelle universitaire aurait-elle rendu caduques et/ou obsolètes toutes les juridictions déjà existantes ; une juridiction civile et pénale spéciale aurait-elle des vertus exclusivement dissuasives ?  S’appliquerait-elle  sans dépassement et sans accroc ?

 On est encore d’accord pour dire que, d’une façon générale, les lois ne valent que par les qualités  humaines et intellectuelles  des hommes chargés de les appliquer mais encore une fois on se  méfiera des certitudes de la jeunesse, du confort de l’ignorance, des simplifications des généralisations abusives : Les présidents d’université seraient-ils tous et tout également « lâches » et complices au point (extrême) de couvrir et donc de objectivement « [cautionner]… les comportements déviants de certains enseignants » ? Plus grave : La hiérarchie académique agite ses épouvantails pour neutraliser et réduire au silence les étudiantes victimes d’agressions sexuelles, foi d’un journaliste qui, fort de son parti, ne sait pas faire la part des choses.

Pour un témoignage personnel, on rapportera que pendant un exercice de chef d’un  Département, on n’a pas eu en cinq ans à traiter d’une seule “affaire de cul” entre enseignants et étudiantes et, pourtant, on savait qu’il  existait, cet abject troc malgré notre vigilance et le recours à une double correction en cas de doute; jamais une étudiante n’est venue demander le recours du Département  ou déposer une plainte à l’encontre d’un professeur de la chapelle-département. On se rappelle encore du mot devenu célèbre d’un supérieur hiérarchique de l’époque à qui parvenaient les échos de quelques sordides affaires mais jamais la moindre plainte : « Point de cadenas sur leurs vagins !! ». Ce qui veut dire en clair (et qu’on veut ignorer ou occulter) que le troc qui nous concerne engage deux protagonistes dans un marché donnant- donnant, gagnant- gagnant, où le rapport de force, tout évident qu’il soit, ne va jamais jusqu’à revêtir les formes d’une  violence physique, à peine celles,  plus feutrées et plus  sournoises de la menace verbale et de la vindicte…En tout cas, on ne me dira pas que les recours n’existaient pas et que les instances académiques ne savaient que  végéter dans une paisible vacance ; les possibilités pour une étudiante  “sollicitée” ou “lésée” ou menacée dans ses intérêts de  confondre, mieux de piéger, son harceleur ont toujours existé et pouvaient,  peuvent toujours exhorter à « briser l’omerta », à mettre en échec  et  battre en brèche le «pas de vaguisme » dont on accable l’Institution universitaire au plus haut niveau, au mépris d’une hiérarchie qui va du Conseil du département, des responsables des filières au président de l’Université en passant par le SG et le Vice doyen  et outrepassant l’intervention toujours possible des  militants des associations d’étudiants toujours à l’affût et du SNEsup, lui-même, dont il serait grave  de désigner comme complices les responsables aux différents niveaux, des Etablissements, des Universités et à l’échelle nationale. A moins de considérer que le corps — de bout à bout et  jusqu’à l’os gangréné — est irrémédiablement condamné à pourrir … C’est, m’a-t-on rapporté, ce qui se dit dans les couloirs et les salles de rédaction : La presse n’aurait –elle plus de presse ; toujours est-il que l’on s’en méfie de plus en plus. Et l’on peut comprendre les difficultés à convaincre certains responsables à  échanger avec ses représentants.

Les temps ont, sans doute, changé et c’est tant mieux : Des étudiantes “se dévoilent”, dénoncent, attaquent, se défendent mais —de grâce !! — n’exagérons rien et ne condamnons pas sans appel l’Institution universitaire, ne la dépouillons pas de toutes ses vertus, de sa VERTU; ne jetons pas aussi facilement, aussi légèrement l’anathème sur tous les enseignants du Supérieur quand quelques obsédés parmi eux, quelques déglingués du sexe, quelques frustrés dérivent  et s’aveuglent à s’acharner sur ce qu’ils considèrent comme des proies faciles et dociles et s’enfièvrent à tirer sur les lapins de leur clapier. Ne dramatisons pas, n’amplifions pas au point de projeter à « ébranler une culture du viol bien ancrée dans l’écosystème universitaire ». Le mal eût-t-il été aussi étendu et profond que nos enseignants ne seraient pas tous également victimes d’une malédiction sexuelle ; il faut avoir la besace vide pour espérer nourrir au mauvais grain aussi indécemment les volatiles : Les lecteurs de TEL QUEL seraient – t- ils pour une période condamnés à un triste gavage!!

 Devrait-on regretter aujourd’hui d’avoir ramé pendant trente-quatre ans en galérien universitaire sans jamais caresser de sirène ; a –t- on vraiment et par quel miracle échappé au destin commun, résisté sans le savoir à une  « pathologie généralisée ». Le mal eût-t- il  été aussi étendu et aussi profond, que «l’écosystème universitaire » en sût témoigner autrement et non par ses plus vulnérables et morbides représentants, dépravés égarés à isoler et neutraliser, que les amphithéâtres  de la citadelle eussent  été redoutés et contournés comme  on redoute  et contourne les tanières de  fauves.

Au pays, les malades de sexe, victimes de perversions sexuelles ou de dérèglements pulsionnels , de désirs mal assouvis sévissent partout, le marchandage et la corruption par le sexe existent partout, dans  tous les milieux, au sein de  tous  les corps sociaux constitués où la mixité fait se croiser des femmes et des hommes, de tout âge et de tout statut, en partenaires obligés et les fait évoluer  à des niveaux divers de responsabilité, à travers des hiérarchies  instituées  et des rapports de force qui assujettissent, créent des réseaux d’allégeance,  “consacrent” et “légitiment” toutes les formes de domination et finissent toujours par forcer le consentement; toute la différence est — par-delà les exigences morales, les principes de l’éducation, au-delà des lois établies et de toutes les juridictions – dans ce qu’on peut appeler une culture sociale fondée sur la politique de l’impunité, de l’indifférence, de la raison du plus fort.

Au pays, tout est permis pour les puissants protégés ; les riches protégés par l’argent “se frottent généreusement et soigneusement et à tour de rôle le dos comme autrefois au hammam” alors que, au premier écart, au moindre égarement ou, pour quelque fallacieuse raison ou prétexte “joué”, on “pend le barbier  quand le minaret semble simplement vacille ou menace à peine de s’écrouler” ; au premier faux pas, on crie “haro sur le baudet”.

On nous le concédera bien volontiers : Au pays, n’a pas raison qui veut. On ne juge pas toujours les faits, on feint d’aller  plus profond : on interroge les consciences, on entre par effraction dans certaine(s) intimité(s) et, par un apparent paradoxe, on flotte aussi très souvent à la surface des faits. On ne torture pas les faits, on les caresse (les oriente dans le bon sens). « Quand le fouet siffle au- dessus- des têtes, les bêtes vont bon train », disait mon père; à cent lieues d’une prosopographie, il faut imaginer le vieux (avant l’heure) tout en sueur, cagoulé, avancer comme un forçat derrière le chapelet d’ânes et de mulets qui tournent des heures entières autour du piquet de l’aire de battage pour écraser de leurs sabots les gerbes de blé.

Ne digressons pas trop à la manière de l’enfant des Ritals, mon ex-mentor des années parisiennes, devais-je rappeler.

 On a bien été d’accord sur bien des points mais il ne s’agit chaque fois que de principes ; dès qu’on envisage les faits, qu’on approche et aborde réellement les faits, on se sépare : Le mais n’est donc pas de simple restriction, véritable connecteur ou simple conjonction ; il n’a rien à voir avec le oui mais  stratégique de la négociation d’un point de vue ; c’est un mais de rupture : Vous appelez à « une attention nationale », à une mobilisation  générale pour combattre ce que vous n’hésitez pas à identifier et à considérer comme un véritable « fléau »,  pour éradiquer  ce mal profond qui ronge le corps universitaire et, pour cela, vous allez jusqu’à vous interroger sur la possibilité d’un recours à une juridiction civile et pénale spéciale, propre à assainir le marécage universitaire aux effluves fétides. Il ne vous suffisait pas d’appeler aux sanctions les plus impitoyables, les plus dures, de celles, a-t-on compris, dont aucun homme, aucune  femme ne peut jamais se relever.

Oui donc pour le principe de combattre ces sordides pratiques mais prenons la peine d’apprécier les faits, de remonter l’histoire spécifique des rapports entre les étudiants en général et leurs enseignants, d’en analyser les évolutions ; tout change dans ce microcosme universitaire comme tout change dans la société ; l’Université n’est pas une île sauvage aux confins du Pacifique. Tout a changé au moins depuis ce mois de Février 1976 où on a pris le train en marche; déjà pour nous, la machine grinçait à l’époque (Paris et Vincennes occupaient encore les deux hémisphères du cerveau) mais elle tournait encore à la satisfaction générale….Depuis, le voile a colonisé les têtes mais il n’a pas freiné la tendance à l’émancipation des filles et d’une décrispation des rapports entre les sexes, on a plus en plus les preuves : Les relations sexuelles consenties sont à l’ordre du jour….Tout  change, tout a changé dans la société mis à part  les “invariants”, les constantes exceptées.

Oui donc pour le principe de combattre ces sordides pratiques  (quels que soient leur nombre et leur nature) qui entachent, perturbent, troublent, empoisonnent les rapports entre les premiers partenaires de la maison universitaire mais prenons le temps d’analyser les faits, d’écouter les universitaires parler d’eux-mêmes ; Lisez donc—au moins– le tout récent Hypothèque sur l’université marocaine d’un ancien Doyen; vous  ne manquerez pas d’être surpris, d’apprendre que vous ne connaissez pas tout des couvents de l’Eglise universitaire, de ses rouages administratifs et de ses adaptations politiques et sociales : Les faits  sont comme les déserts, ils ne s’offrent pas aux amants d’un jour et les principes sont comme les prières, ils n’assurent pas le paradis ; ils rassurent souvent,  tendent à toujours donner bonne conscience, c’est tout.

Si TEL QUEL a du pèze  ou sait déterrer l’oseille (On peut supposer qu’en blé, en trèfle, le Journal n’a pas d’excédent), qu’il prenne l’initiative d’investir pour une approche globale de l’Université marocaine, de ses dysfonctionnements qui ne sont pas étrangers à ses difficultés à s’accomplir et de parrainer ainsi un projet qui ferait date (Un hors-série) ; les enseignants du Supérieur ne portent pas tous le sexe en baïonnette ; il en est aussi (mine de rien) d’honnêtes et d’aguerris chercheurs, prêts à s’impliquer, à déployer leur savoir et savoir-faire pour si noble cause; A L’UNIVERSITE, ON A DE LA RESERVE… On vous donnera la liste, au besoin mais sachez déjà que les meilleurs parmi nous hésitent le plus souvent à monter en selle pour une épisodique tbourida, « un désordre joyeux »

Nul besoin donc de solliciter le CESE mené par un ancien militant-entrepreneur-ministre-ambassadeur-commis reconnu de l’Etat, Centralien de formation au parcours exemplaire ; n’est pas nommé par Sa  Majesté à la tête du CESE, le premier “soupirant-aspirant” venu. Solliciter le Conseil pour ses moyens, peut-être et pourquoi pas !! Mais (encore cet indécrottable mais), devrions-nous rappeler que la Maison Chami est,  avant tout, une « Institution Constitutionnelle indépendante » mais de qui de quoi le serait-elle ?! Quel mode conditionnel discursif et quelle prétérition!! Ses 24 Experts sont, au fait,  tous nommés au plus haut niveau ; sont directement, par le Chef du gouvernement, nommés 12 des 24 Représentants des syndicats et Associations sociales que prévoit l’Organisation ; la Société Civile n’est représentée que par 08 membres sur 16 prévus ; la place réservée aux « 17 personnalités représentant les Institutions et Organismes désignés » parle d’elle-même. Et puis un vrai débat  ne pourrait être envisagé que si, au préalable, sont soumis à la discussion les formes et les modalités de son déroulement et les principes de son évaluation  critique à tous les stades de sa progression. Merci de nous avoir donné l’opportunité de « participer » au débat ; on y va,  le portail est  grand ouvert. Oublions le Conseil ; soyons sérieux !!

L’appel est donc lancé : L’Université est prête à se déshabiller et livrer tous les secrets les plus intimes d’un corps aux vergetures à peine invisibles, aux varices mal cachées mais à condition de lever le voile avec l’intervention active et engagée de toute la presse, TEL QUEL  en tête de/sur tous les autres corps qui sentent l’ail, l’oignon,  exhalent les odeurs de toute une cuisine interne au périmètre barbelé. Et qui se parfument au Chanel pour sortir parader et pérorer.

Les politiques, dit-on, c’est comme les hyènes, ça chasse en meute, vit de charognes et s’accommode bien de toutes les odeurs.

Et les bons journalistes, les bons universitaires ont bien quelques raisons de se méfier et de prendre leurs distances des politiques !!! Il n’y a qu’un choix à faire pour échapper aux compromissions : dire la vérité ou se taire

Ne jetons pas en pâture (après certains journalistes libres et, sans doute, imprudents) nos universitaires aux politiques jamais à l’abri d’hystéries collectives et toujours capables des pires aveuglements

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