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MEKNES PATRIMOINE

طاقم ALLNEWS22 أبريل 2024
MEKNES PATRIMOINE

LE PATRIMOINE MONDIAL DE VOLUBILIS QUI SE MORFOND DANS L’OUBLI AURA-T-IL UNE CHANCE DE POUVOIR PROFITER  DES 8% DESTINES  À LA CULTURE DANS LE CADRE DU PDR QUI VIENT D’ÊTRE PROMULGUÉ?

HADI BENOMAR

Dans la première partie de cette enquête ,nous nous sommes intéressés , grâce à une approche thématique , à   l’évolution de ce haut lieu de l’Histoire antique du Maroc  qui a traversé des siècles et des siècles pour continuer inlassablement d’arborer ses riches vestiges qui lui  ont valu ,  comme nous l’avons souligné auparavant , la reconnaissance de l’UNESCO en le déclarant patrimoine mondial de l’humanité .

On croyait qu’avec  cette  reconnaissance  et ce classement , les responsables aussi bien au niveau local , régional que national, allaient emboîter le pas à cette instance internationale pour la mise en valeur de ce site millénaire .Malheureusement , rien n’y faisait.

Voilà plus de 27 ans que le site est classé patrimoine mondial de l’humanité et malgré cette consécration universelle, Volubilis continue de sombrer dans l’oubli. Non pas que l’argent fasse défaut ، mais parce que le ministère de BENSAID qui profite pleinement et sans partage de ses recettes qui se comptent par millions grâce à la vente des billets (70 dirhams pour les visiteurs étrangers et 10 pour les nationaux) ,   ne fait aucun effort pour la  réhabilitation de ce site qui constitue une composante importante du potentiel touristique diversifié de la ville de Meknès et de la région.

VISITE DU SITE

Dès les premiers pas entamant la visite de ce site très fréquenté , on est frappé par le manque effarant d’entretien sur l’ensemble des murs du pavement emprunté par les visiteurs. Aucune action de désherbage . Tout le site est envahi par les herbes folles. Pas d’interventions  régulières sur les mosaïques qui commencent à en pâtir tout en perdant leur éclat et leur valeur esthétique. Aucun travail de conservation et de consolidations ponctuelles notamment au niveau des traitements des algues, des champignons et des lichens qui agressent ces mosaïques et les défigurent à jamais.

Toutes les missions  initiées par le bureau de L’UNESCO à Rabat, n’ont pas manqué de signaler ce  laisser-aller ، et ce manquement aux règles d’entretien et de protection dont fait l’objet ce haut lieu de l’hisoire antique du Maroc .

Déjà , en 2005 , l’Institut d’Archéologie  de l’University Collège London, en vertu d’une convention de coopération signée avec le  ministère de la culture  marocain de l’époque visant les domaines de la recherche, de la conservation et de la gestion ,avait  tiré la sonnette d’alarme sur ce manque d’entretien. Puis, ce fut le comité du patrimoine mondial qui, à son tour , avait exprimé sa préoccupation devant  les vastes projets   d’aménagement entrepris sur le site et leur impact visuel sur le paysage environnant .

En 2006 ,  lors de la 30ème session du comité du patrimoine mondial les  responsables marocains ont été instamment priés d’envisager la modification du projet d’aménagement et respecter les recommandations des experts internationaux du Centre du patrimoine mondial.

Certes,  la valeur universelle exceptionnelle du site archéologique de Volubilis  n’est pas compromise. Mais il reste beaucoup à faire pour que ce cite , avec le temps qui passe , ne disparaissent  peu à peu  ses traces. Pour que les mosaïques qu’il esquisse et qui racontent tant d’histoires et d’histoires ne voient pas leurs couleurs qui, hélas, d’année en année s’effritent et s’effacent.

Que les responsables  de la culture,  aussi bien au niveau local, régional que national  fassent que l’érosion ne puisse avoir raison de ces trésors dont jamais on ne se lasse. Que les projets d’aménagement ne soient pas une menaces pour que Volubilis  , cette merveille , garde son authenticité et sa grâce. Que ces messieurs de la culture fassent que le flouze de ses recettes  qui se comptent par millions  lui permette d’accueillir ses visiteurs dans les meilleures conditions qui soient pour en finir avec ces baraques qui lui servent de toilettes et  qui font honte avec leur laideur repoussante et leurs futailles en plastique dont des femmes puisent l’eau à l’aide d’un petit seau de plage pour le mettre à la disposition des visiteurs  une fois sortis des toilettes. Une scène qui ne fait honneur à personne .

Voilà  l’image stéréotypée que les responsables  du ministère de la culture continuent de promouvoir  et de véhiculer toute honte bue, alors qu’il leur suffit d’équiper ces”blocs sanitaires”  en installant sur les toits de ces bâtisses des citernes qui puissent alimenter en eau courante  et toilettes et lave-mains.

En attendant que les responsables  du ministère de  la culture daignent mettre la main à la poche pour en finir  avec cette situation  incongrue  , prions le ciel  pour que ce site qui incarne la grandeur de l’histoire  antique  du Maroc puisse profiter pleinement des 8% des 30 milliards de dirhams alloués à la préservation du patrimoine culturel et à la promotion de la culture dans le cadre du plan de développement de la région Fès-Meknès.

Soulignons à cet égard que le PDR ( PLAN DE DÉVELOPPEMENT RÉGIONAL) qui vient d’être promulgué et dûment signé et qui s’étalera jusqu’aux élections prochaines , est le programme le plus important qu’ait connu la région Fès-Meknès depuis sa création. Aussi, faut-il que nos responsables locaux entre préfecture et conseils prennent effet de leur engagement pour défendre bec et ongles les intérêts de Meknès et à travers elle , tous les sites et les vestiges qui la caractérisent pour la faire sortir de ce marasme, de cette stagnation, surtout de ce piétinement qui l’asphyxie et qui l’empêche de vivre pleinement l’essor qu’elle mérite.

La résurrection du vieux Meknès , une fois les travaux achevés dans le cadre du projet royal de la mise en valeur de la médina , la dynamisation de Volubilis qui nécessite ,faut-il le répéter, des actions concrètes et précises qui exigent engagement et foi du ministre BENSAID, ne peuvent que    redonner éclat et vie à ce patrimoine universel qui incarne la grandeur et la gloire de l’histoire antique du Maroc.

Car, quand la médina , le site de Volubilis et la ville Sainte de Moulay Idriss retrouveront leur éclat , c’est le Grand Meknès qui rayonnera de nouveau.

HADI  BENOMAR

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