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  Le privé et le public : Les uns et les autres

طاقم ALLNEWS8 أبريل 2024
  Le privé et le public : Les uns et les autres

C’est hélas encore et encore de l’enseignement qu’il s’agit : Il y a chez nous -comme il est de savoir commun et de notoriété publique- un enseignement public et un enseignement privé, un privé Haut standing, un autre de résidence surveillée, un troisième laborieusement aménagé, logé dans les étages de quelque immeuble aux allures plus modestes… il  y a plus modeste que modeste sans ambition et, de  plus, exigu ; c’est selon les bourses et chacun à ses moyens s’assujettit, sur ses sous s’aligne, chacun à sa classe se plie.

Le privé, c’est d’abord un service aux offres très diverses, c’est un commerce au sens d’un échange entre prestataires et clients ; il  doit dans ces conditions être organisé c’est-à-dire encadré par des Textes, des lois qu’il faut non seulement établir mais respecter et appliquer. Mais pourquoi, faut-il chaque fois rappeler ce que toutes les parties connaissent ? Sans doute, parce que ces mêmes parties s’engagent dans un échange inégal ; ceux qui détiennent le capital et les clés de l’école ont le plus souvent le beau rôle et les faveurs du pouvoir ou plutôt de ses serviteurs; les parents d’élèves, eux, se trouvent ainsi souvent démunis face à une administration soucieuse avant tout des équilibres budgétaires,  obsédée par les marges bénéficiaires et donc prioritairement sensible aux jeux de l’offre et de la demande.

Chaque année, à chaque ouverture des inscriptions dans le secteur privé, on soulève ici et là le problème des augmentations du coût des prestations. On avance aujourd’hui que certaines écoles ont déjà annoncé des hausses qui vont de 100 à 200 Dhs / mois; ce que, par principe, semble dénoncer la Fédération Nationale des Associations des Parents et tuteurs des Elèves (FNAPE). Noureddine Akkouri, son président  se contente à ce stade de rappeler que la question des hausses des prix à l’accès au privé  a été soulevée et traitée en présence du ministre de tutelle et qu’un accord a été conclu entre les protagonistes, responsables des écoles et parents d’élèves. Sur le contenu de cet accord et les engagements pris, il ne nous dit rien; ce qui ne l’empêche pas d’enchaîner par une déclaration qui peut laisser perplexe : « Une école qui maintient les mêmes prestations n’a aucune raison d’augmenter les frais de scolarité », ce qui suppose ou implique qu’une école donnée peut agir d’une année à l’autre sur les frais d’inscription  de façon unilatérale et arbitraire  arguant de prestations auxquelles les parents n’ont pas été associés et sur lesquelles ils n’ont aucune prise et aucun contrôle, des prestations de façade et d’utilité toute contestable, des prestations visant moins l’environnement et l’efficience pédagogiques que le prestige de l’établissement.

Le président Akkouri sait pertinemment qu’au niveau des établissements privés,  la représentation des parents d’élèves demeure faible et que, pour être objectif et dire vrai, aucune décision concertée n’a été à ce jour observée eu égard aux augmentations assez régulières jusqu’ici enregistrées à l’échelle nationale. Par ailleurs, il précise (ce qui surprend quand on suit le cours de ses déclarations) que le contrat cité plus haut n’entrera en vigueur qu’à partir de la rentrée 2004/2005 alors que de nombreux établissements ont déjà annoncé l’ouverture des inscriptions pour l’an prochain et calculé ‘’leurs prix de vente’’ ; à le croire, les droits et devoirs qui y seraient explicitement énoncés garantiraient alors les intérêts des écoles comme des parents. N. Akkouri et l’autre président, son homologue, M. Hansali, le président de l’Alliance des Etablissements de l’Enseignement Privé (AEEP) semblent donc s’accorder à miser (avec la même conviction ?) sur la mise en application de ce fameux contrat (sic) pour régler de façon définitive et équitable cette tendance  à la hausse endémique des frais de scolarité en privé.  Hansali rappelle et ‘’confie’’ in Hespress 04/004/2024) que, après tout, le privé est un service soumis aux lois du marché et aux « choix des parents », qu’il est tout à fait normal que les écoles proposent des prix d’accès nécessairement variables et que les parents en fonction de leurs possibilités matérielles et de leurs ambitions jettent leur dévolu sur tel ou tel prestataire. Une autre façon de dire que l’enseignement privé est un marché où sont exposés divers produits, où on se sert selon ses moyens,  autrement dit, en fonction de sa classe sociale. Mais, hélas ! Monsieur le Président n’apprend rien à personne : On ne tire pas sur les martinets au vol. « On ne montre pas le chemin de la maison paternelle à une femme répudiée ».

 L’égalité des chances se perd ainsi comme naturellement, fatalement entre le public citadin en berne et le public rural en souffrance et coma promplongé, entre le public ‘’cha !cha ! cahin-caha et le privé, entre le Privé bling-bling et le privé tout court (au figuré comme au propre) : La Reproduction et la Conservation  n’enfantent pas les mêmes héritiers… Alors l’histoire continue pour ceux (les enfants de pauvres) pour qui l’école n’est rien de moins qu’une bouée de secours, le lieu de toutes les injustices et de tous les traumatismes sociaux…comme elle continue  pour ceux (les enfants de nantis) à qui elle permet de prendre le large pour des traversées plus au moins longues. La méritocratie est un slogan pour ceux qui ne la savent pas encore et «les exceptions consolantes » ne font que confirmer la règle générale : L’école n’est pas faite pour tous ; on n’y entre pas nu comme dans un bain  mais ‘’sapé’’,  comme pour une fête…Tout cela au figuré ; au propre, cela peut être dit autrement : Un  enfant  de pauvre ne se désencombre pas de ses habits de pouilleux, n’avale pas toute sa morve à la porte de l’école, au seuil de sa classe. ..Que de petits Mozart assassinés, mes frères d’armes tombés au combat ; c’est moi, Bihi, l’exception consolante, le transfuge de classe qui parle.

L’écrivain public Bihi.

Nb. Bihi convie toute personne physique ou morale qui conteste ces lignes à visiter las écoles publiques de sa ville, du primaire au lycée, à laisser pour une dernière expédition la découverte de l’école périphérique des quartiers populaires et des campagnes.

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