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Les évidences sont opiniâtres

Les évidences sont opiniâtres

Des militants de la Cause amazighe reviennent à la charge; ils se rendent à l’évidence, celle de la nécessité de la constitution d’un parti politique d’obédience franchement amazighe, après les déceptions et les échecs accumulés par les deux derniers gouvernements dirigés par les Péjidistes (2012/2021) qui n’ont rien entrepris de concret ou d’efficace dans le domaine de la promotion pourtant annoncée et programmée de la langue et de la culture amazighes. L’initiative en la matière, toute contestable et singulièrement marquée au sceau d’une certaine idéologie de A. Benkirane et les timides et stériles résolutions de S. Otmani, un acolyte attitré, ont trahi un point de vue idéologique et politique qui ne laisse aucun doute sur leur volonté et engagement politiques en faveur  de l’amazighe.

Ne revenons pas à ce qu’il nous a déjà été donné d’écrire ici –même in ALLNEWS. ma au sujet des gesticulations et des initiatives des activistes et militants amazighes qui longtemps ont récusé jusqu’à l’idée de revendiquer et de défendre le principe de la création d’un parti politique d’orientation ou  référentiel amazighe. Nous ne pouvons, néanmoins, nous empêcher de rappeler que la première tentative de la création d’un parti amazighe, le Parti Démocratique Amazighe Marocain (PDAM : 2005) est du fait de A. Dgherni dont il faut chercher aujourd’hui la trace, la dernière, quelque part dans le cimetière communal de Taddart, du côté d’Aglou, à moins d’une vingtaine de kms de Tiznit. Le PDAM n’a pas eu longue vie, mort-né, d’abord déclaré illégal et interdit par le Ministère de l’Intérieur (2007), puis, débouté par le Tribunal administratif de Rabat (2008) pour les mêmes raisons : Récusé, « dissous » pour porter un discours jugé comme servant les intérêts d’une communauté particulière et exprimant des revendications « régionales », « ethniques » et « linguistiques-culturelles » et pour, partant, « enfreindre l’esprit et la lettre de la Loi autorisant la constitution des partis politiques au Maroc ».

Depuis, les militants associatifs ont, pour une grande partie d’entre eux, choisi d’infiltrer les partis politiques en exercice  (RNI et MP, essentiellement) et d’y porter la voix amazighe et, au lieu d’emprunter des chemins de traverse boueux et rocailleux s’engouffrent dans des chemins de ronde balisés. Il est certes plus aisé et plus confortable de se chauffer aux foyers allumés que d’aller trimer à chercher et à couper le bois d’un feu incertain, l’opportunisme (toujours lui) n’étant pas en manque.

Dans le communiqué « Appel de Marrakech »  publié à l’issue de la rencontre nationale organisée récemment dans cette ville (02/2025) par des militants du mouvement culturel amazighe, il est, cependant, explicitement noté que toutes les initiatives et tentatives qui visaient à porter la contradiction et imposer le débat « amazighe » au sein des partis traditionnels, ont été vouées à l’échec : ‘’Le pignon sur rue est cadenassé’’ ou autrement dit ou encore comme dit le proverbe amazighe :  « On ne trait pas les vaches maigres, on les nourrit ». S’imposent alors aux esprits l’idée puis le projet de la constitution d’un parti politique explicitement axé sur la défense des droits linguistiques et culturels amazighes.

Tous les détours ne sont pas salutaires et les évidences demeurent opiniâtres.

L’écrivain public

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