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SOI UN HOMME

طاقم ALLNEWS31 مايو 2022
SOI UN HOMME

(Bihi réfléchit )  

« # Sois un homme », lancé et largement diffusé sur les réseaux sociaux est un appel à tous les mâles marocains d’user de leur autorité légitime, tenue de Dieu et consacrée par les sages de la tribu, en interdisant à toutes les femelles de leur communauté (mère, épouse, fille, sœur, tante, cousine, voisine etc.) de se rendre sur les plages pour profiter des plaisirs du sable, de l’eau et du soleil. Une vraie musulmane péchera à exposer son corps, à exciter les instincts irrésistibles des hommes, à provoquer sur les plages des ruts aveugles, d’interminables échauffourées et folles poursuites. Sois un homme, palpe et soupèse tes couilles, veille sur le troupeau de tes femelles, de tes chèvres et brebis, les mâles, des milliers de couilles bouillonnantes, de pénis orphelins en alerte ne sont jamais loin.

Et si d’aventure, par hasard ou par mal eûr, ce qui est aujourd’hui le cas de Bélaïd, l’épicier, tu t’aventures avecles enfants, leur mère, la maîtresse de la maison et les autres femmes de lfamila, gardiennes du foyer et dépositaires des traditions, que tu te risques  à conquérir un carré ou un arpent de sable sur quelque plage de quelque grande ville, alors ouvre bien les yeux, ouvre- tes –oeils- les-deux, regarde bien à droite à gauche avant de t’installer et fais patienter tes femelles ; qu’elles attendent qu’il y ait moins de monde au bord de l’eau ; ce sera à la dernière heure de la journée, quand, à l’horizon, le soleil commencera à décliner et que peu à peu la plage se videra. Sois un homme !!

Et surtout, reste un homme, veille à ce que personne n’approche trop la tribu des femelles qui, normalement vêtues et donc tout habillées et bien couvertes, affrontent les premières vagues avec une joie puérile à peine contenue, comme pour la jouissance volée à un moment de plaisir interdit…

 Tout à l’heure, quand elles quitteront les vagues, leurs vêtements qui colleront à leur peau, épouseront leurs formes, mettront en relief leurs seins et ressortiront leurs fesses, parfois, des panses  mouvantes d’adiposité frappées,  parfois, d’énormes croupes et de généreuses gorges qui  s’harmonisent comme elles peuvent et qui parfois ne craignent pas de  jurer entre elles.

Sur le chemin du retour, dans la voiture utilitaire, l’incontournable Express  où les corps s’agglutinent, les enfants grelottent, pleurent et essuient leurs larmes en silence ; les femmes, elles, rient de leur sort en raillant leur état de poules mouillées, d’éternelles voleuses de liberté; ça les change tellement de leur vie où rien ne se passe : elles ne peuvent espérer meilleure incongruité, imposée à l’homme qui, l’air grave, conduit en silence et qui, en bon et consciencieux épicier Soussi,  pense déjà aux livraisons du lendemain. Lui, notre épicier n’a pas besoin d’un Hashtag pour régner sur son foyer, toujours prêt à “banderiller” quiconque se hasarde alentour; il n’est pas monté du Grand Sud pour écouter les balivernes des uns ou prêter l’oreille aux fariboles des autres…Que des sornettes !

Il dit à sa femme : « Nous qui avons grandi dans les montagnes parmi les pierres,  nous n’aimons pas la mer et détestons le sable qui colle partout …et, rappelle-toi cette maxime de chez nous : “on ne nourrit la foule qu’avec de la mauvaise semoule”, quand il y a trop de monde quelque part, on ne sait jamais ce qui va se passer…Ces gens-là ne nous ressemblent pas… Finie la plage, pour cette année ! Dans un mois, nous irons au bled, le fils des Aït Ali se marie avec la fille aînée de Lahcen Amjjoud et ton frère Brahim a promis de rentrer de Challwa, beljika (Charleroi, Belgique), on ira le chercher à l’aéroport, on fera, peut-être, la route ensemble».

« Jure-le » lui dit sa femme  qui se voit déjà au village, dans sa toilette des grands jours, entourée des siens et assiégée de questions.

Lui, notre épicier n’ a  point cure d’un hashtag qui, ne pouvant empêcher les femmes d’aller à la plage, tolère de les voir aller se mouiller, se livrer aux premières vagues, toutes couvertes de la tête aux chevilles et, dégoulinant de toutes parts,  regagner  leurs parasols, sous le regard intrigué ou indigné des estivants., indigènes et étrangers.

Quoiqu’une plage, lieu public et ouvert ne soit pas une piscine municipale, lieu fermé et privé, bien que le parallèle ne s’impose pas, les faits autorisent à un rapprochement : Y aurait-il pour les femmes quelque raison  pour se baigner, se rafraîchir à se couvrir complètement, pour les musulmanes d’ici à garder leurs habits pour plus au moins flirter avec les vagues, pour celles d’ailleurs, de Grenoble, par exemple, de porter un burkini pour quelques approximatives brasses en piscine ?

Le 16/05/22, le Conseil municipal de Grenoble votait sous la pression d’une association musulmane l’autorisation du burkini dans les  piscines publiques (29 voix pour et 27 contre). La joie des anti- islamophobes et anti- laïcards était de courte durée puisque le 25/05/22, à peine une semaine après, l’opposition du Préfet d’Isère à une telle démarche et  les arguments invoqués contre une telle décision ont abouti à une suspension de l’arrêté municipal par le tribunal administratif de la ville. So, no burkini in swimming baths ; UHU ! IHI !

La bataille juridique engagée continue au Pays des libertés puisque le maire Eric Piolle débouté  a fait appel devant le Conseil d’Etat…A suivre… Chez nous , y-a-rien-à-suivre, circulez-y-a-rien-à-voir mais il y a toujours les suivants des suivants qui suivent !!

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