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Cher Tahr

[TOUTES LES ACTUALITÉS]27 أكتوبر 2023
Cher Tahr

Je n’exhumerai pas mes réponses à deux de tes chroniques publiées in 360, journal d’information in-dépendant , là où tu as tes quartiers et tes habitudes, là où il m’a été   déjà donné et largement de (dé)montrer à quel point tu peux penser court et écrire vite. Mes réponses, je les garde, faute de support,  ensevelies dans son bloc-notes…à l’abri de curieux lecteurs, ‘’des furets’’ qui vont partout, souples et longilignes) ; moi, Bihi, fils de… , je n’ai donc pas attendu pour t’ ‘’enterrer’’, le 13/10/23, date de sa chronique publiée au POINT 2672 où tu condamnes en toute conscience avec des mots des deux côtés affûtés et tranchants la « brutalité », la « barbarie », la « sauvagerie » des militants du Hamas, le massacre dont sont victimes des civils israéliens, des femmes et des enfants…Pitoyable personnage, me suis-je dit d’emblée,  que cet homme atteint de sénilité avant l’âge ou ce valet de chambre aux gants blancs dont la parole fait écho au discours du Maître des horloges, qui met en partition et musique les mots de ses nouveaux amis d’un cénacle littéraire !!. Comment as-tu pu descendre si bas, te laisser gagner si bêtement et comme instinctivement par une si tyrannique compassion pour les uns, te laisser envahir d’une si terrible haine pour las autres

Macron président de la République française n’ a -t- il pas appelé contre Hamas à une riposte « forte et juste » ! Mais où s’arrête la force et où commence la justice !? Vengez-vous d’abord et bien, et à satiété, étanchez votre soif du sang de l’ennemi, on verra après ; en tout cas, peut-on encore en douter, le sang des uns ne vaut pas le sang des autres

Tes amis, les nouveaux (Aux anciens, la miséricorde suffit !), tu les as bien écoutés avant de porter haut ta plume. Je suis loin de croire, toutefois, qu’ils jubileraient tous à lire ton petit papier ; que pense, que dit Angot ? Et tes autres ? Trop occupés à lire ou à filer l’intrigue pour ne pas dire manigancer ? Les prix menacent

Tahr, petit marquis ou grand page, risquerait-on d’abord ? Peut-être simple daubeur qui redoute qu’un jour prochain on ne « s’enveloppe de sa peau » (2), que des avantages de sa fonction, des paillettes de la scène on ne fasse pas toujours bonne mine ou qu’on fasse mauvaise chère ; ce qui reviendrait au même. Tant pis pour les convictions politiques ou les sentiments intimes quand les intérêts sont plus forts 

En tout cas, Tahr !, tu ne sais pas avoir honte, ni craint l’opprobre : « Son excellence, mon Ministre, eusses –tu écrit, daignez, souffrez, toutefois, que je vous dise dans ma plus belle et limpide langue française, certes un peu brutalement mais bien sincèrement (Prétérition Exige !)  que vous y étiez allé un peu trop fort avec vos dignes gros sabots ; l’incursion des hommes de Hamas en terre palestinienne a bien, par certains aspects, quelque chose de bestial mais aller jusqu’à faire de soldats en action des « animaux » échappés de leur enclos, non ce n’est qu’à peine acceptable, c’est politiquement maladroit, disons incorrect pour l’air du temps, et ça peut choquer plus d’un ; ces gens-là, Colonel, sont, de toute évidence, des humanoïdes mais d’une espèce bien singulière, hypogée, c’est-à-dire,  qui a trop longtemps vécue isolée et souterraine pour préserver ou cultiver quelque morale, un peu d’humanité et développer un brin de conscience…C’est tout et c’est rien d’autre, ne nous emportons pas trop, gardons-nous des hyperboles faciles

 L’occupation de leurs terres, des terres palestiniennes, l’embargo, le siège de Ghaza, la prison à ciel ouvert, le déroulement incessant des vagues toutes proches et si lointaines, les démonstrations de force des soldats de l’Etat juif, l’arrogance de leurs chefs, les crimes assumés par tout un Etat, au plus haut niveau, la colonisation rampante, des colons armés qui tirent sur les palestiniens comme sur des lièvres de garenne, les humiliations de toutes sortes, l’oppression, la solitude des palestiniens, leurs misères, le silence du monde, l’air  irrespirable de l’occupation… rien ne justifie une action même désespérée, une intervention même « fanatisée » : Tahr ! Tu perds la raison, tu as perdu la raison depuis que les amandiers ne meurent plus de leurs blessures et que les oliviers ne pleurent plus leurs racines; Tahr, depuis quand as-tu perdu la mémoire ? Des souvenirs reviennent même aux plus oublieux, aux moins soucieux de leur être, de leur entendement ; seuls les fous, nous dit-on, ont ce génie de créer des mondes parfois parallèles.

Nous sommes en l’an 1983, en France ; là, tu as présenté tes lettres de créance au nom d’une certaine gauche marocaine, place Paul-Painlevé au célèbre Maspero. On te publie ce melting-pot que sont Les amandiers sont morts de leurs blessures (désormais, AMB)  suivi de A l’insu du souvenir. Tu veux être poète mais pas n’importe quel poète, un poète qui comme Mahmoud Darwich tout en portant la Palestine loin, n’affiche pas l’engagement d’un militant, refuse tout héroïsme : « La Palestine est loin » – sur la carte- et la poésie est « un chant qui dirait le rêve palestinien ». Mais ton engagement à toi est clair, la Palestine est un pays occupé et soumis aux agressions innommables des colons et soldats israéliens ; je ne glanerai pas dans AMB toutes les preuves éparses d’un tel engagement moral et politique ; quelques exemples suffisent ; d’abord, cette lettre d’un palestinien (p.13/15) qui décrit à son fils comment « [la] machine sanglante et grise [des israéliens] est passée sur [leur] maison », comment, abattus et impuissants, «  blessés dans [leur] terre, humiliés dans [leurs] arbres, ils étaient là [à assister au désastre]…figés et habités par une mort soudaine » ; cette machine infernale avance, avance, inexorable, creusant ses sillons dans nos terres et nos corps ; tu ne pouvais que compatir avec ces palestiniens de la Trouée de Rafah chassés de leurs maisons, de leurs champs, de leur village.

Voici aussi ce que tu as écrit  dans ce texte dédié à Attaf Youssef (p.349/351), institutrice palestinienne accusée d’appartenir au Fath  et sévèrement punie puisque la maison de ses parents a été rasée par un bulldozer, la nuit du 04/06/79 : « L’histoire impose au palestinien cette destinée : se battre ou disparaître. Se battre avec les armes. Souvent avec les armes du désespoir. C’est mal vu chez les nantis. Se battre ou alors annuler son identité… ». L’occupant, puis-je  enchaîner, lui qui a le bon rôle se donne les moyens, tous les moyens de sa vérité, il est chez lui en terre d’Israël: La torture, les tortures, la prison, la liquidation physique, les démolitions des maisons, on s’acharne pour punir les militants sur les vieillards, les femmes, les enfants, on souille les lieux de culte

Comment, sans évoquer ou convoquer les excès incessants, les violences récentes de l’occupation israélienne  ne pas affirmer «  légitime la violence du peuple palestinien » (AMB, p.203), ne pas décréter la barbarie rationnelle,  qui «  coule comme un fleuve », «  le  sang de Palestine/ a fait des trous dans l’asphalte…  / le sang des enfants / féconde la terre / et remue les mémoires » (p.210)

Je n’irai pas plus loin, Si Tahr, les choses ont bien changé pour toi aujourd’hui, ; tu as des intérêts à défendre et ton ami du POINT Mon Sieur FOG, ton camarade du Prix de Langue Française (PLF) ne t’aurait pas pardonné d’écrire chez lui un papier qui ne condamnerait pas Hamas ; que penseraient de ؟toi tous les autres du Goncourt et du PLF, EF,DL,AM , le juif français de Fès, le Haïtien et le Congolais

En tout cas le fanatisme, la haine, la violence, atavismes islamiques, palestiniens ne sauraient jamais être juifs israéliens. On y croit ou on n’y croit pas, c’est -hélas !- ainsi que va ce monde dominé par des intérêts géopolitiques, économiques et idéologiques exacerbés par des identités religieuses…Si le Hamas est animé par « une idéologie islamiste de la pire espèce », de quelle idéologie se nourrit depuis ses origines et encore le sionisme de plus en plus abâtardi, baigné dans des relents religieux ?Si comme tu le prétends, Tahr, en agitant ta crête de coq de basse-cour, « le 7 octobre, la cause palestinienne est morte assassinée », toi, Tahr tu t’es suicidé avec ton désormais mémorable

chronique du POINT ; pour moi, tu ne méritais meilleur linceul

TU AURAIS PU ECRIRE SIMPLEMENT QUE QUAND LES HAINES SONT RECIPROQUES, ELLES SEMENT LA MORT PARTOUT ET POUR TOUS.

                                                          Ecrivain public : Bihi

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