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!En politique aussi, on s’échauffe

طاقم ALLNEWS21 أبريل 2025
!En politique aussi, on s’échauffe

Barakat révèle et dénonce une affaire de prise d’intérêts des moins douteuses, de celles qu’on désigne dans le  jargon politique d’  « affaire sale », une de ces opérations qui éclaboussent d’un coup tout un gouvernement qui dérape; dans les milieux informés, il se dit que Barakat n’est pas toujours dans le jeu mais ne s’en plaint pas ; on explique même qu’il s’en accommode à son avantage : Il a une image à préserver, un capital politique qu’il n’est pas prêt à dilapider, à ‘’suivre à l’autel’’ ses amis d’un gouvernement dirigé par des hommes dont son parti a toujours cherché à se distinguer.

Ouahbi reconnaît, doit-on comprendre, avoir été piégé en s’associant au gouvernement actuel. Conjuration sans nom pour neutraliser un potentiel adversaire politique moins redoutable qu’incontrôlable : On a voulu « se débarrasser » de lui ; on n’a pas oublié cette saillie hystérique d’un député qui vitupère, vocifère comme un forcené contre son Allié et Maître d’aujourd’hui. On peut imaginer le prix politique et moral d’une telle métamorphose. Lui, Ouahbi,  se contenter  d’un statut de subalterne ? Jamais de jamais, il ne s’abaissera à  ‘’porter (à quiconque) la sacoche’’. Son céans est trop noble, trop large pour une si exigüe place, une si inconfortable assiette ⃰,  pour quelque portefeuille, aussi apprécié et convoité soit-il. On a presque cru qu’il se refusait à hypothéquer « pour une [si] pauvre chère » sa liberté de  penser et surtout de dire ou crier d’autant que l’onde politique n’était pas des plus transparentes; mais, la politique a des raisons que la Raison n’a pas : En dépit de ses dérives politiques , de ses déclarations tonitruantes, en dépit de ses excès de langage, malgré une arrogance qui jusque dans les milieux officiels irrite et parfois indigne, il est maintenu à la Justice. Quel autre personnage politique connaîtrait dans la même situation un tel honorable sort ? Ouahbi sait ce qu’il fait et pour servir de l’intérieur son parti, il en a même (con)cédé le Secrétariat Général à un triumvirat de ses amis pour garder une certaine liberté surtout de parole et jouer le seul rôle où il excelle, celui d’un polémiste né, au regard perçant et à la truffe canine.

Les révélations de Barakat, les déclarations de Ouahbi ont bien un sens politique : Tout y indique qu’on cherche à se démarquer d’un gouvernement impopulaire, celui d’un groupe de technocrates déguisés et d’hommes d’affaires qui manient bien mieux les chiffres que les mots, aiment et placent l’argent bien plus haut et bien plus avant que la politique.

Même le très bien connu désormais et tout célèbre Journal 360 attaque le gouvernement pour la même affaire et révèle les dessous des dernières subventions octroyées à des proches des partis au pouvoir pour importer de sacrés- quatre- pattes; on visait alors (mais vainement et non sans calcul) à préserver le cheptel national et à tempérer les accès de la  fièvre qui s’est emparée du marché des viandes rouges.

Du côté de l’opposition, la PS tergiverse et temporise à un moment où toute l’attention est focalisée sur ce qui est largement considéré comme un scandale d’Etat, une autre preuve des dérives d’un gouvernement qui « ne navigue jamais plus loin que le bout du canton », c’est  à dire, jamais au- delà des intérêts d’une classe de nantis, de courtisans, de cupides profiteurs. Pourquoi se précipiter à mettre sur pied une commission parlementaire ? Pourquoi sur cette affaire des subventions octroyées  ne pas attendre que toute la lumière soit faite ? En politique il n’est que des silences coupables !! Mais, les Socialistes savent être sages et perspicaces : Ils ne se sont pas isolés. Les autres, partis d’opposition montent dans le même temps à l’assaut mais bien en ordre et l’œil rivé sur le voisin car en politique, il est de bon ton de  surveiller ses alliés de l’heure, de toujours garder à l’esprit  que, alliés aujourd’hui, demain, ils peuvent devenir d’intraitables et cyniques adversaires.

Au fait,  qu’est-ce qui fait la force ou les faiblesses d’une politique, ce ne sont jamais dans la plupart des cas ni la culture idéologique, ni les principes de droit, ni l’efficience institutionnelle mais bien les moyens que le pouvoir au service de la politique met en place pour assurer les intérêts de la /les classe(s) de ses serviteurs et pour garantir sa pérennité. A-t-on déjà relevé que les philosophes de la Politique  de La République de Platon à nos jours n’ont jamais pu vraiment donner de la Démocratie une définition universelle -sinon abstraite- si bien que tout régime politique peut revendiquer sa propre démocratie en pervertissant les principes de liberté, d’égalité, de solidarité, de justice qui doivent compter pour les fondements essentiels de toute société humaine et qu’enseignent , chacune selon ses Textes et ses modalités, toutes les religions du Monde… Alors, une commission parlementaire (CP) risque fort de se révéler une simple opération politique de plus, diversement monnayée par ses propres instigateurs : Bihi attend toujours de savoir à quelles conclusions a abouti la –CP- relative à l’évaluation du Plan Maroc Vert, tout orienté vers les intérêts d’une classe d’exploitants naturellement riches et d’exportateurs assistés. On l’a presque enterrée, abandonnée aux spéculations politiques, aux analyses les plus contradictoires fondées sur des données incontrôlables. On sait portant ‘’à qui profite le crime’’, qui bloque la Commission et pourquoi.

Sans doute, peut-être, la politique n’est-elle, avant tout, qu’une affaire de riches dont les pauvres subissent (comme et quand ils le peuvent) les choix, les contraintes et les injustices.

L’écrivain public.

⃰  assiette : « Ne pas être dans son assiette », c’est initialement tenir mal sur sa selle pour un cavalier. Autrefois, « assiette » signifiait seulement ‘’position, manière d’être posé’’

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