Bientôt ou désormais, aucune entité humaine noire, blanche ou jaune ne peut prétendre ou postuler à une naturalisation en France si elle n’a pas de la langue française une « relative » maîtrise :
1 « Do you speak français ? »
2 « Non…a little, un chwiya, un imik/q, le pti doite, des mots : Boujour et bone soir, demane adimanche, toutalor, mirci bezzaf, il fi chaud et chwiya froide »
1 « Dommage, au suivant !! Au suivant !! » (modulé à la Brel)
1 « Comment appelle –t-on cet animal (une image du porc à l’appui) ? »
2 « Le haram (en mimant le porc, avec les lèvres amassées et projetées au maximum vers l’avant, le soupirant- candidat a l’air niaisement satisfait) ».
1 « Celui-là, même baragouiner notre LANGUE, i arrive pas, (l’) a rien à faire chez nous, à la maison France ; i confond la religion et la langue, un futur S quoi !! »… Un candidat tout désigné à la dérive terroriste, doit penser fermement le jeune brigadier.
« Toi tu s’ras jamais Français, t’as rien gardé de notre école, de l’école indigène, malgré tous nos sacrifices, malgré tous nos efforts ; tu pensais plus à tes chèvres qu’à tes leçons quand tu t’ masturbais pas comme dûment et à peine discrètement, au fond de la classe, sacrifiant grammaire, arithmétique et leçons de choses ».
2 « Ou 3lach, toi dire ça ? Moi, quoi masterbe? Pas compri ; mi, jamais moi masterbe !»
« Tiens, tu parles quand même un chwiya notre langue, ce français minimal-vital, trop approximatif et insuffisant néanmoins, pour permettre un échange fluide et une bonne intercompréhension».
Le brigadier a retenu le mot de ses chefs : échange « fluide » ; fluidité de mes c…la langue de tes parents bretons de Saint-Malo, supposerait-on !, n’est pas un brin fluide !
Le français, c’est obligé, c’est obligatoire, c’est une condition sine qua non de la naturalisation, le tremplin pour une intégration assumée et réussie.
3 « Tant pis alors ! Ou je retourne chez moi, là- bas où il faut chaud toute l’année ou je tente ma chance ailleurs, chez d’autres ‘’gouars’’ ; la terre de Dieu est immense » (Enoncé dit en un patois du SUD et appuyé par une citation du Texte sacré).
1 « Au suivant (encore chantonné à la Brel) ; tu t’appelles comment, toi ? »
2 « T’apil Bihi, ouwi Bi.hi, Bi.hi.
1 « i parle quoi ce…cet …i parle ‘’le petit Moussa’’ ⃰ , apparemment !
2 « Moi s’apil, t’ apil BI..HI, pti Brahim, pas pti Moussa.
1 « Laisse tomber, insistons pas, i comprend rien ce type, l’a belle allure pourtant, dommage, il manierait bien le marteau-piqueur comme un jouet, courrait bien comme un lièvre derrière un camion d’éboueurs, i , z’ont l’habitude là-bas, les fils de maquisards, de courir toute la journée »

Après les frontières hérissées de barbelés, des mois de souffrances, de faim et de froid, après l’enfer des marches interminables et les risques du désespoir où l’on scrute le cieux et bat les terres, où l’on espère un jour pour désespérer un autre, Amidou Sarr, Fatimatou Nyay, Chafiq, Al-Hoceini, Ghosali, Bihi se trouvent face à la barrière linguistique, invisible et redoutable : Ne devient pas Français qui veut. Il faut être en mesure de communiquer en français pour prétendre gagner sa place au froid le jour et à une couche tiède quelque part, le soir…Pas obligé néanmoins d’user spontanément d’un subjonctif imparfait ou de concorder opportunément les temps verbaux selon les règles de Le Bon Usage ni décoder correctement toutes les injonctions des maîtres de céans.
Certains Africains noirs et blancs, du Nord et du Sud ont cette chance d’avoir appartenu aux anciennes colonies; non seulement, ils parlent le français, leurs français, avec leurs accents plus au moins prononcés, leur indéfectible, indécrottable prosodie)…plus au moins bien mais ils l’écrivent même parfois si bien qu’ils annexent les prix littéraires, en spolient les ayant- droit, les « souchiens », les anciens enfants d’immigrés européens de l’Est et du Sud et menacent à chaque rentrée littéraire de les détrôner. Ils sont aussi médecins, informaticiens, ingénieurs, universitaires…; académiciens, députés ? Pas du tout ? Pas encore ! Ce n’est pas tout à fait vrai et ce n’est pas impossible. La méritocratie Oblige ! Consolante exception !!

Merci JEAN DE LA FONTAINE !! Merci « Le laboureur et ses enfants ». Sans vous, Bihi n’aurait pas, jeune Rastignac, tiré sur les mamelles de la mère-France, celle des années 70. La France d’aujourd’hui, celle de Renaissance, de Reconquête, du Rassemblement et des éternels endeuillés Républicains, d’une Gauche empâtée ou éluviale, lui fait pitié et l’afflige; ces dénominations signifient bien que la France a perdu son âme et ses marques. Elle se ferme, se (r)enferme, se recroqueville au risque de se racornir et se ratatiner…Mais plus la France s’obstinera à oublier son Histoire, plus l’histoire s’acharnera à la lui rappeler.
NB. Ce texte a été rédigé bien avant le 20 Décembre 2023, bien avant ce Mercredi noir promis aux annales, où la France s’est réveillée avec une nouvelle Loi sur l’immigration votée après un premier refus du Parlement et le recours à une CMP (Commission Mixte Paritaire)…Pour le Président Mac, l’homme deux fois providentiel, la politique demeure l’art du possible, un jeu de compromis et d’alliances indissociables. L’essentiel est de faire aboutir cette réforme avec l’aval toutefois du CC dont on espère quelques réajustements; la succession prendra la responsabilité de la durcir encore, l’assouplir un peu ou l’édulcorer à l’envi.
Bihi vous convie à en découvrir le contenu, les diverses dispositions relatives au Droit du sol, au Regroupement familial, au Délit de séjour irrégulier, à la Régularisation des travailleurs immigrés (« métiers en tension »), à la jouissance des Aides sociales et Allocations familiales, à la Caution désormais imposée aux étudiants étrangers, au sort réservé aux OQTF, à la Déchéance de la nationalité…Il vous laisse imaginer que pour prétendre endosser la cape française, porter béret et lorgner baguette, il vous faudra plus que brûler tous vos habits d’ailleurs , il vous faudra ‘’lessiver’’ à tire-larigot et à grands seaux, ce cerveau votre.

Mais pour rester honnête et juste, soulignons cet effort de générosité de la France encore République, notons du tragique naufrage cette rescapée de l’AME (Aide Médicale d’Etat) ; on ne laissera pas quand même agoniser, mourir et se décomposer sur nos trottoirs et à nos portes des épaves humaines.
⃰ « Le petit moussa » dit aussi « le français de Moussa » désigne initialement au même titre que « le petit français » cette variété populaire du français fortement pidginisée, à fonction véhiculaire inter-ethnique, parlée surtout en Côte d’Ivoire, à Abidjan et acquise par les enfants soumis, par ailleurs, à l’apprentissage du français scolaire. Ce type de variété de français rudimentaire, du ‘’minimum linguistique vital’’ est partout représenté, attesté dans les pays, anciennes colonies ou protectorats français (cf. aussi « le français tiraillou, tirailleur »)










