Les Imazighen de tout bord protestent avec des mots convergents mais des accents divers (Les différents engagements Exigent !), à l’occasion du RGPH lancé début Septembre 24, ils ‘’s’insurgent’’ contre son promoteur et maître d’oeuvre, le HCP…Ils réagissent en dénonçant le «parti-pris », de supposés préjugés et les constantes idéologiques qui animent les responsables du HCP ; ils ne rechignent que peu (et parfois s’y complaisent) à nommer son patron qui, 21 ans durant et à un âge fort respectable continue ou s’obstine à y laisser ses marques, celles d’un homme, dit-on, d’une autre génération. Un autre exemple de longévité consacrée et de loyauté indéfectible, de ces exemples qui assurent sans partage les pouvoirs liés à une carrière protégée par un statut tout particulier. Faut-il rappeler que l’Institution HCP est indépendante, libre de toute tutelle ministérielle ou administrative supérieure et se définit comme professionnelle dans la conduite de ses travaux, autrement dit, soucieuse de préserver les fondements et les référents scientifiques de ses actions et opérations. Rappelons aussi que l’idée de la création d’un service chargé de la statistique remonte à 1957, que le premier RGPH date de l’an 1960, que le HCP n’a vu le jour qu’en 2003 et qu’enfin il fallait attendre 2018 pour qu’un nouveau décret d’organisation de l’Institution (ap)parût. Sans doute, faut-il aussi savoir que le HCP, tout indépendant qu’il prétend être et rester, s’est engagé (dès 2004 en adoptant les nouvelles techniques LAD et SIG et en adhérant à partir 2005 à la NSDD du FMI) à s’aliéner une bonne partie de ses marges de manœuvre, e accepté de s’aligner sur les méthodes et s’est plié à appliquer les principes exogènes, ceux jugés comme fondamentaux de la statistique officielle, tels que la Commission de Statistique de l’ONU les a adoptés en 1994 et révisés en 2013 et tels que son CES (Conseil économique et social) les a entérinés dans sa Résolution 2013/21 de Juillet 2013. Sur les 7 principes ainsi arrêtés, le 3ième énonce que « pour faciliter une intégration correcte des données, les organismes responsables de la statistique doivent fournir en fonction des normes scientifiques des informations sur les sources, les méthodes et les procédures qu’ils utilisent ». Mais, on ne précise pas par qui, comment et pourquoi ces normes sont –elles ainsi définies et établies ? D’où tiennent-elles leur caractère universel qui oblitère les spécificités des pays et des peuples ?

Ces rappels sont importants en ce qu’ils engagent les critiques, les observations que l’on peut formuler, que l’on peut risquer d’énoncer à l’encontre du HCP et du processus engagé pour le RGPH.
Que reprochent au juste au HCP et au maître du Logis, les militants associatifs et les milieux amazighes, en général, (à l’exclusion des officiels au perron sur rue) ? On ne rapportera pas ici toutes les réactions plus au moins véhémentes, plus au moins documentées et plus au moins marquées par une idéologie de la réaction primaire et de la contradiction facile. On renverra essentiellement à deux sources communes et accessibles pour tous (pour conjurer le parjure d’une subjectivité !) : Hespress de fin Septembre / début Octobre et Al Alam Al Amzighi en arabe (Désormais : AA) de Amina- A-O- Ben Cheikh, celui de Septembre 24, n° 284 qui titre en première page : EXLUSION de L’AMAZIGHE du RECENSEMENT LAHLIMI- MéPRIS de la CONSTITUTION et IGNORANCE de (OUTRAGRE à) la VOLONTé ROYALE. Titre rehaussé par un portrait animé de Ahmed Lahlimi. On citera aussi moins pour sa teneur inespérée que pour souligner le faux engagement et la légèreté d’écriture d’un habitué chroniqueur du Journal 360, sans oublier l’essentiel : une connaissance approximative des faits dont ici, R.A veut rendre compte (cf. Le 360, 17/9/24 : Le HCP est-il fâché avec notre diversité civilisationnelle).

Les réactions des militants associatifs amazighes exprimées in AA, inaugurées par l’Editorial de la maîtresse de maison se cristallisent autour des mots marginalisation, exclusion, mépris, parti-pris idéologique, dirigés contre la composante amazighe à travers son noyau dur, la langue. Toutes ces réactions – quelles que soient la teneur des propos et leur légitimité scientifique – s’accordent à relever l’adoption par le HCP de la méthode de deux questionnaires, un « long » (« touffu » dans le jargon même statistique) et un autre « court » (lapidaire, expéditif) et de décrier leurs « incompréhensible » articulation et conditions de réalisation-passation- application : Seuls 20% des citoyens habitant des « unités administratives » de moins de 2000 ménages (6 à 7 Millions de Marocains) et 20% des agglomérations au nombre de ménages égal ou supérieur à 2000 seront soumis au Questionnaire « long » incluant « les langues lues et écrites, les langues maternelles et les langues locales utilisées » ; 80% de ménages relevant de cette dernière catégorie se trouvent ainsi exclus du recensement, pourcentage plus qu’important quand on sait que, selon le recensement 2014, plus de 2/3 de la population totale se concentrent dans 20% des communes les plus peuplées et qu’une ville comme Casablanca qui compte une population environnant 4 Millions peut se révéler être la première ville amazighophone du Maroc, Agadir et El Hoceïma ne comptant respectivement que 1, 098 h et 145, 291 ha.. Une ville de 97,326 comme Tiznit, amazighophone à 99% ( ?) vers les années 50/60 aurait- elle en 30 ans perdu irrémédiablement sa langue ? On y a à tour de bras usé et abusé du Questionnaire « court ». Pour une approche globale, a –t-on tenu compte des déséquilibres économiques à l’origine des exodes ruraux à l’échelle nationale qui expliquent les chiffres suivants : Casa-Settat : 6 826 585 ; Sous-Massa : 2 657 606 ; Drâa-Tafilalet : 1 627.269 ?

Abdeslam Kkalfi de l’Ircam intervenant à titre personnel rappelle que le problème du dénombrement des amazighophones du Maroc se pose régulièrement à l’occasion de chaque recensement, s’interroge sur la validité, la pertinence d’un double questionnaire et en sa qualité de didacticien bien au fait des faits amazighes, il attire l’attention sur l’incompétence de ceux qui ont conçu, assis ou allongés sur leurs divans, les questions relatives aux pratiques et aux réalités sociolinguistiques qui font le paysage linguistique marocain. Parti pris idéologique du système HCP et résultats irrecevables, tels sont les termes par lesquels on peut conclure les propos de l’auteur rapportés in AA déjà cité, p. 5.
A lire et à croire Oussama Elmorsli, directeur de la statistique au HCP, on ne peut manquer de relever ce que l’on hésiterait à peine à présenter comme un malentendu ; selon lui, il n’est pas prévu par le RGPH 2024 de recenser les Imazighen du Royaume et rien n’y est programmé dans ce sens ; « les imazighen, on les rencontre partout dans les pays » et, de toutes manières, « si l’on peut atteindre les objectifs du recensement par le biais de l’échantillon, à quoi bon soumettre tous les marocains au questionnaire long ». Alors que pour Lahlimi et son directeur de la statistique, la langue n’est pas le seul élément fondateur (indicateur) d’une identité, pour les militants amazighes, une compétence dans la langue en est la première composante, une composante centrale; aussi, est-il important, vital pour l’avenir de la langue amazighe de connaître combien de citoyens marocains pratiquent encore et toujours l’amazighe et dans quelles conditions : entre une identité diffuse et ondoyante et une autre déterminée et matériellement établie, il n’y a pas qu’une différence de vocabulaire. La question n’est pas : combien nous sommes et combien ils sont ? Si nous sommes tous Marocains, les enfants d’un Royaume hautement séculaire, unis et indivisibles, nous restons, néanmoins, encore pour les langues et les cultures, différents mais non étrangers les uns aux autres. Le principe de l’unité dans la diversité doit être bien compris comme un choix à la fois idéologique et politique et non chanté comme un crédo pour faire le bon apôtre.

Or, le RGPH 2024 tel qu’il est conçu et structuré (avec ses deux questionnaires, leur articulation en % et les conditions de leur passation aléatoire, arbitraire) ne pourra pas aboutir à des statistiques fiables relatives aux pratiques qui organisent le champ linguistique national et engagent sur des bases objectives l’avenir des deux langues officielles du Royaume et les positions respectives des langues étrangères.
On ne peut faire ici l’économie de certaines réactions d’associatifs amazighes, moins par souci d’exhaustivité que pour le respect d’une représentation partagée :
A. celle de l’AMREC (Association Marocaine de Recherche et d’Etude Culturelles) connue pour être la doyenne des associations cultuelles amazighes et pour s’être distinguée par son rôle décisif et son engagement réel dans la mise en place de l’Ircam. Il est clair pour elle que « les résultats du recensement en cours ne sauraient être exploités pour servir les politiques linguistiques et culturelles nationales ». Dans un communiqué (AA , p.9), elle retient contre le HCP les griefs suivants : — l’exclusion absolue de la langue amazighe dans ses publicités et sa campagne comme dans ses communications publiques, comme encore dans les rapports de ses agents aux enquêtés ;—l’ignorance tout aussi absolue des compétences pratiques et scientifiques de la société civile ;– et, enfin, l’adoption d’une approche bicéphale viciée qui, quoi qu’on en dise et de quelque manière qu’on veuille la justifier, interdit aux amazighophones des villes petites, moyennes et grandes de se prononcer sur leurs pratiques et répertoires linguistiques. Le communiqué de l’AMREC conclut par un rejet anticipé des résultats d’un tel recensement et informe de la décision de l’Association d’alerter en urgence, à un niveau ou un autre, la Justice, l’appelant à interdire l’exploitation des données issues de ce recensement 2024 pour toute politique publique concernant l’amazighe, son enseignement comme son intégration aux domaines prioritaires de la vie publique que lui garantissent explicitement les termes de la Constitution ; Oussama Akhyat, président de la Fondation Akhyat ne ‘’dorlote’’ pas ses mots et pousse un cri de colère : Les résultats du RGPH 2024 seront à peine dignes de finir au fond d’une poubelle.
B. celle d’un militant ‘’tous azimuts’’, président de l’Observatoire Amazighe des Droits et Libertés qui tient à rappeler que les Recensements Généraux initiés jusqu’ici par l’Etat marocain n’ont intégré les questions linguistiques qu’en 2004 et d’étrange manière, sous forme d’un ajout de dernière minute et donc, comme par accro. Il souligne à son tour l’exclusion de la langue amazighe dans/de toutes les activités du HCP et ne manque pas, bien entendu, de soulever le choix d’une méthode qui déploie deux questionnaires d’importance inégale et aux thèmes différents ; il pose ainsi une question toute simple : Est-il possible de présumer ou augurer du nombre de citoyens et citoyennes amazighophones à l’échelle nationale alors que le recensement ne prévoit pas d’interroger sur ses pratiques linguistiques l’ensemble de la population enquêtée? Il regrette l’inertie et les défaillances qui limitent considérablement la portée en matière linguistique des résultats du RGPH 2024, d’autant qu’ils sont destinés à fonder les décisions, à orienter les projections et programmations relatives à l’enseignement (toujours en souffrance et dans la peine) et à la promotion globale de l’amazighe.

C. celle de l’Assemblée Mondiale Amazighe (AMA) de Rachid Raha qui ne peut manquer de joindre sa voix au concert amazighe et, de ce fait, marquer à sa manière son territoire. Le communiqué de l’AMA, publié in AA (Idem, p. 11), résume sa position en accusant le HCP et le Haut-commissaire Lahlimi, frappé de « cécité idéologique » et fidèle à ses pratiques d’antan et à ses positions de toujours, de vouloir simplement « falsifier » encore une fois les chiffres relatifs à l’amazighophonie du Royaume. Aussi, « tout résultat en ce domaine, issu du Recensement en cours sera pris pour être « faux », compté pour être « falsifié » et ne peut prétendre traduire les réalités d’une situation linguistique globale complexe et définir objectivement les positions qu’y occupe l’amazighe.
D. Une autre voix autorisée de la militance amazighe s’élève pour s’insurger contre le RGPH 2024, s’attaquant principalement à ses modalités d’enquête et aux formulations relatives aux données linguistiques à collecter. Dès le 24 Août, à quelques jours du coup d’envoi du Recensement, A. Bouchtart (AB) de l’association -Alternative Amazighe- alerte sur les intentions du HCP tout orientées vers la réitération des erreurs du passé : En 2014, les Imazighen –amazighophones ne représentent que 27% de la population globale du Maroc, chiffre que récusent les milieux amazighes. Pour lui, tel qu’il est structuré, le Recensement 2024 est encore plus problématique et ne peut fournir de la situation linguistique du Maroc, une image chiffrée fiable, ne peut fonder ou induire une analyse des modalités des contacts (diglossie, triglossie et bilinguismes) des langues en présence. En effet, non seulement les enquêteurs n’ont pas été formés ou encadrés pour les questions linguistiques, ni sensibilisés à l’importance qu’elles méritent mais ils ont plutôt tendance à considérer comme arabophones (stricts) des amazighophones à qui –objectivement- ils imposent de communiquer en arabe dialectal. C’est pourquoi l’Alternative Amazighe a lancé un appel sur les réseaux sociaux en direction des amazighophones des villes particulièrement visés par la discrimination programmée de la Maison Lahlimi : sawl s ils nnk « Parle avec/dans ta langue, use de ta langue » ; ainsi, les exhorte-t-elle à exiger leur langue pour répondre aux questionnaires du Recensement. Le bilinguisme amazighe –arabe dialectal (du reste, à sens unique) suppose qu’à l’origine il y a une première langue dont la maîtrise peut être variable mais toujours présente, la langue maternelle, en l’occurrence, l’amazighe. Ce que les arabophones de base ne comprennent pas toujours.
Si l’on doit tenter de condenser en les limitant à l’essentiel les critiques adressées au RGPH 2024, on dira d’abord que sur cette question des langues, à propos du paysage linguistique national, le HCP n’a pas daigné associer à son entreprise les linguistes et sociolinguistes universitaires ou accrédités Ircam dont les recherches et les compétences en la matière ont accumulé de précieux savoirs ni faire appel aux associatifs et profiter de leurs expériences de militants…Les promoteurs du Recensement se défendent d’avoir visé à porter quelque atteinte à l’amazighité et expliquent leur refus de l’ethniciser à travers la langue, confondant la recherche des origines et celle des pratiques linguistiques. Lors de la conférence de presse donnée par A Lahlimi le 29/8/24 , on l’a bien vu bafouiller, tenir sur cette question des langues, de l’avis général, un discours bien confus et surtout dépassé, déphasé, un discours encore fortement marqué idéologiquement…Par ailleurs, tous les observateurs, même certains indécrottables détracteurs de la Cause amazighe, s’accordent à dire ou écrire que, mis à part un parti-pris idéologique, exceptée quelque contrainte technique ou financière, pour recenser les amazighophones du Royaume, le choix de l’échantillon, est un leurre ou une erreur incompréhensible; tel qu’il est adopté et inséré dans la structure des deux Questionnaires, il soulève au moins une question mais une question essentielle : Quel en est l’intérêt ? Sur quelle motivation peut-il reposer ?

Qui oppose in fine et pour ‘’aller au fond des choses’’ le HCP et les milieux amazighes, les militants sincères comme les activistes- affidés genre Agraw pour l’Amazighe et la toute récente Commission Amazighe allaités au sein du RNI, le parti du chef du gouvernement ?
Redoute-t-on que le Recensement nous livre « un nombre appréciable ou suffisamment important » d’amazighophones ? Quel est, au fait, le nombre minimal à partir duquel un Etat doit –t- il reconnaître à un groupe de citoyens qui le revendique(nt) un statut de minorité nationale (MN) aux droits universellement consacrés et largement partagés ? Les Imazighen du Maroc peuvent-ils prétendre à un tel statut quand on sait que les normes internationales et une interprétation commune de ce concept de MN ne l’affectent qu’à un groupe «se distinguant de la majorité de la population par ses particularités ethniques, sa religion, sa langue et ses traditions » et constituant moins de la moitié de la population générale ?
Pour répondre à cette dernière question, arrêtons-nous donc, d’abord aux diverses composantes à inclure dans la définition de la minorité; pour les plus importantes, on s’accorde sur le nombre de six (6) : La position ou représentation politique, le nombre, la religion, la langue, la citoyenneté et l’ethnie (essentiellement les traditions culturelles).
Les Imazighen du Maroc sont de plein droit et depuis toujourscitoyens du Royaume; ils sont de fervents musulmans, ils ont joué dans la diffusion et l’implantation de l’Islam à travers l’histoire un rôle prépondérant; ils se sont depuis toujours impliqués dans les politiques nationales, participé à la construction du pays aux différentes phases de son histoire et jamais n’ont manifesté de velléités séparatistes; leur langue longtemps minorée a été depuis la Constitution 2011 consacrée comme seconde langue officielle du Royaume. Elle est encore largement pratiquée et fonctionne toujours comme un véritable substrat, à côté et face à une langue longtemps hégémonique, historiquement son superstrat.
Le Maroc a, de ce fait, toujours été un et indivisible, indivisible mais divers culturellement et linguistiquement en vertu de sa très longue et très riche histoire.

Quand les Imazighen militent ce n’est donc jamais contre mais toujours pour, pour que leur langue aujourd’hui de toutes parts menacée ne s’estompe progressivement et décline et, peut-être, dans un temps plus ou moins lointain disparaît de l’usage alors qu’elle est encore porteuse de toute une littérature orale, encore seule garante de tout un corpus de poésie chantée ou récitée, de contes et légendes, de proverbes, de maximes, d’énigmes, de toute une culture que les Imazighen ont le profond sentiment d’être seuls à vivre et à apprécier. Toutes les langue sont des trésors uniques et doivent rester pour les peuples les plus divers un patrimoine partagé. Les Imazighen ont aujourd’hui conscience et compris que la langue reste le noyau dur de leur identité, l’essence de leur âme, c’est par elle que transitent toute leur culture, leurs chants, leurs danses, leurs coutumes, les lois ancestrales d’une organisation sociale originale, leurs particularités culinaires et vestimentaires, leurs valeurs morales et toute une psychologie collective distinctive.
Les Imazighen ne sont animés aujourd’hui que par une seule volonté, celle de préserver ensemble ce qui fait une identité incontournable : leurs traditions culturelles et LEUR LANGUE. Les forces de la Réaction, les tenaces préjugés d’une idéologie de l’exclusion et de la supériorité, les inerties aussi coriaces que paralysantes d’une classe de détracteurs enflammés, c’est à ces obstacles réels, érigés sur la voie de la promotion de l’amazighité au Maroc qu’ils ont non pas à s’évertuer à contourner mais à s’engager à surmonter.
Sur ce plan-là, il ne faut rien lâcher, il faut combattre et confondre les adversaires de l’intérieur comme de l’extérieur. Il ne faut pas hésiter, par exemple, à éclairer un Haut responsable de l’envergure de Si Lahlimi qui n’a pas compris ou rechigne à comprendre que les inquiétudes, les suspicions, les doutes suscités par le Recensement mis en oeuvre par ses services ne s’expliquent toutes et tous que par cette ‘’obsession’’ des Imazighen de voir une fois encore une Institution officielle porter atteinte à l’amazighité sous couvert de prétendues exigences scientifiques ou sous la pression de supposées contraintes budgétaires, en réduisant leur nombre à ‘’une portion plus au moins congrue’’.

Il faut dire à Si Lahlimi que, ne s’affichant D’ABORD ni se définissant EN PRIORITE comme une ethnie particulière, la majorité des Imazighen ne revendique(nt) aucun statut particulier. Aucun des deux concepts de minorité nationale ou de peuple autochtone ne saurait rendre compte de leur place et de leur situation au sein de la société marocaine en tant que citoyens de plein droit. Ils ne satisfont aux définitions communes de ces deux notions que si l’on considère l’Histoire comme figée, comme un processus définitivement bloqué à quelques références ou moments cruciaux de la formation d’un Etat- nation, que d’autres références et autres moments tout aussi décisifs et marquants ont submergés, couverts et intégrés. La conquête arabe, l’implantation de l’Islam, l’arabisation en terre marocaine font partie de l’histoire fondamentale du Maroc et, tout en contribuant à expliquer des situations actuelles, ne peuvent plus justifier ou autoriser aujourd’hui, le simple narratif, le discours d’une colonisation ou d’une hégémonie subie par un peuple indigène ou autochtone.
Une telle analyse, cette attitude ne doivent pas, cependant, considérer comme vaines, comme illégitimes, les actions entreprises au profit d’une promotion tous azimuts de l’amazighité marocaine, « patrimoine commun à tous les Marocains ».
NB. Lors de la conférence de presse donnée au lendemain du Recensement Général (03/10/24), M. Ahmed Lahlimi déclare « qu’il comprenait personnellement la colère des activistes, militants de langue amazighe, suscitée par la méthode adoptée par le HCR et, principalement, les modalités d’application du Questionnaire « long » qui inclut la langue amazighe ». Il ajoute que, « à l’instar de l’amazighe, la langue arabe est, elle aussi, menacée d’extinction et que l’essentiel pour le Recensement est de parvenir à fournir des données qui traduisent la réalité». De toute évidence, le personnage n’a pas compris ce que représente comme enjeu politique le poids démographique des locuteurs natifs amazighes, en quoi et comment il peut déterminer les politiques publiques engagées à promouvoir l’amazighe en sa qualité de langue officielle depuis la Constitution 2011 en l’intégrant progressivement au système de l’enseignement et dans les secteurs prioritaires de la vie publique. En manager chevronné et technicien averti et expérimenté, il pense d’abord finance et temps, coût de l’opération et délais d’exécution sans oublier de s’appuyer surl’efficacité de la méthode du double questionnaire mise en œuvre par le HCP, efficacité bien éprouvée ailleurs dans plusieurs pays où ils ont été adoptée et appliquée.
L’écrivain public










