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L’esprit et la pansé ــ Le livre et l’assiette ــLe SIEL et le calamar

طاقم ALLNEWS5 مايو 2025
L’esprit et la pansé ــ Le livre et l’assiette ــLe SIEL et le calamar

Rien d’incongru dans cette association de mots, dans ces syntagmes congrûment (?) par leur auteur établis !! Peut-être, sans doute ! Pas de caractérisation non pertinente excepté pour le point de vue rhétorique : Que fait le calamar au Salon du livre  et, par quel (invisible) bout, ce Salon tient-il au/du calamar ? Bihi vous le dira. Patience ! Mais, il vous préviens  :  La Fable n’aura pas de moralité.

Sans un e-mail d’un ami étranger, grand lecteur de nos écrivains d’expression ou de langue française, je n’aurais pas investi de mon temps les quelques minutes qu’il m’a fallu  pour parcourir  la chronique in 360 de notre écrivain national, intitulée : Le SIEL et le calamar (20-4-25). A propos de son auteur et eu égard particulièrement  à ses chroniques in 360, il m’a déjà été donné à d’autres occasions de dire ce que je pensais vraiment : Ces chroniques sont aussi décevantes les unes que les autres : on y pense court et écrit vite, sans gêne ou avec quelque désinvolture et non sans quelque  irritante complaisance. A chacune d’elles, l’auteur donne aux lecteurs amis de Bihi l’impression d’une plume légère qui cherche à se débarrasser d’une rituelle besogne : Un coup de balai pour faire comme si…on est passé par là.

Cependant, à la lecture de la chronique, Bihi n’a pas pu résister à la tentation  de jouer son rôle d’écrivain public.

Au fait, la chronique comporte bien deux parties répercutant l’acronyme et le  substantif coordonnés du titre : 1. Le Salon du livre et 2. Le calamar. Le Temple et le Restaurant.

Arrêtons-nous d’abord- comme il se doit- à cette première partie de la chronique consacrée au Temple du livre.

Invité –sûrement, peut-être- par le Salon (Synecdoque Oblige !), le chroniqueur souligne d’emblée à sa manière rapide et légère le succès de la Manifestation qui « a tenu ses promesses » ; on peut regretter que, manquant du déterminant « toutes », le formule paraisse incomplète…Anyway !…Peu importe !

Puis, l’auteur suit la plume qui va là où la portent la tête et la main : une pique par- ci, une pique par-là, une réflexion par-ci, une autre par-là : Autour d’un « Saoudien qui raconte des histoires à dormir debout », des contes surannés, s’agglutine sans raison une nuée de lecteurs ou, pour être juste, s’impatiente « une longue file de fans » qui attend une signature. « Incompréhensible » intérêt pour un tel personnage d’un autre âge, souligne le chroniqueur. Anachronisme déroutant !

Arrive ensuite sans transition sous la plume, la réflexion sur la lecture au Maroc et ainsi s’imposent en  s’enchaînant  des considérations d’une platitude et banalité dont seul l’auteur est capable. Il ne manque jamais l’occasion de rapprocher la France et le Maroc : En France aussi, on lit de moins en moins et, paraît-il, pour les mêmes raisons qu’au Royaume : Partout, on se détourne du livre et, pourtant, en France, on compte en moyenne, chaque année,  500  nouvelles publications pour le seul genre « roman »…pourtant, au Maroc, « tout le monde écrit, même ceux dont ce n’est pas la vocation ni le métier » : Une autre pique gratuite d’un homme imbu de sa personne et un tantinet hautain, d’un homme qui ne se trahit jamais donc sournois. Qu’il nomme le « Saoudien » auteur de la Jahilya et les ‘’écrivaillons ou apprentis écrivains’’ marocains (C’est Bihi qui interprète) qui chevauchent l’écriture comme au jeu les enfants le roseau !!

La réflexion ne s’arrête pas là. Si  les marocains ne lisent pas, ce n’est ni la faute à Voltaire  ni à Rousseau; c’est, au contraire  celle de l’école ; « si l’école n’est pas attrayante, la lecture ne le sera pas non plus ». Encore une généralité alarmante d’un chroniqueur qui ignore tout des réalités de l’école marocaine publique, tout de la  sociologie et des conditions matérielles de la grande majorité des familles marocaines : La lecture commence à la maison, se prolonge à l’école qui l’alimente et la développe, se maintient et s’enrichit grâce aux prêts des bibliothèques municipales et des maisons de la culture. La lecture est un fait de culture qui transcende l’école et qui dit culture dit économie sociale : Pourquoi les  Japonais et les Chinois lisent-ils comme ils respirent quand au Mozambique, au Pakistan, les élèves s’accrochent à leurs manuels délabrés et les adultes  aux textes sacrés ? Et donc, tous les petits marocains ne découvrent pas la lecture au même âge et dans les mêmes conditions. Et donc, tous les marocains, pour réveiller le chroniqueur de sa torpeur, n’ont pas les moyens de se payer un Livre de Poche tous les mois ou toutes les semaines ; son prix n’est pas à la portée des bourses de tous les lecteurs.  Un roman de poche, précise le chroniqueur, ne coûte, pourtant, guère plus (ou « coûte à peu près ») le prix d’un paquet de cigarettes » ⃰. Un tel rapprochement ne doit surprendre : il est des plumes qui savent épouser les aspérités de la réalité. Les

Marocains  doivent-ils choisir entre lire ou fumer, acheter un paquet de cigarettes (lequel ?) ou  un Livre de poche ? Notre célèbre chroniqueur ne sait, sans doute, pas qu’au Pays ceux qui lisent ET fument –chic– ne constituent qu’une minorité  face aux  très  nombreux Marocains qui fument –chiche– MAIS ne lisent pas ; on peut toujours fumer mais on ne peut pas toujours lire : Ce sont des réalités et des corrélations bien connues au Pays. En tout cas, le Prix Goncourt marocain  qui a mobilisé  huit (8) étudiant(e)s triés sur le volet pour onze (11) Facultés des Lettres est loin de renseigner sur la Lecture en milieu universitaire. On peut, en revanche, procéder au recensement des étudiants universitaires de Rabat, Meknès, Fès, par exemple, abonnés aux Instituts français et au mouvement des prêts ; on risque fort de découvrir une amère réalité : Nos étudiants ne lisent pas ou lisent peu, très peu, lisent de moins en moins, foi d’un vieux routier de l’Enseignement supérieur !

Il serait, bien entendu, irraisonnable de demander à une chronique des développements qui excèderaient ses limites mais on peut en exiger des idées claires et justes, lui faire éviter de sombrer dans de déconcertantes généralités  ou de s’égarer dans des formulations approximatives ou encore s’accommoder d’évidentes contradictions, d’aborder au mépris de toute cohérence des questions si diverses.

Avant de passer au « calamar », L’invité du Salon remercie le Ministre de la Culture  et son équipe pour leur « Bon travail ! ». Une mention qui s’affiche comme sur un bulletin scolaire. ‘’Un cheveu sur la soupe’’.

Ah ! Qu’elle est triste et affligeante, cette seconde partie de la chronique intitulée  sciemment  « le calamar ».

Notre chroniqueur  y rapporte ses déboires dans un restaurant  à la Mode  de la Marina de la Capitale (‘’oeillez’’ les majuscules) : Les déceptions s’enchaînent et s’aggravent ; en guise de soupe de poisson, deux crevettes jumelles et orphelines dans un liquide insipide que ne compense pas le calamar suivant,  caoutchouteux et rebutant, « inodore et immangeable »… et personne à qui se plaindre. Bref ! anyway ! Le cadre est idyllique, tient de la carte postale mais la nourriture ne laisse pas seulement à désirer, elle porte à se détourner de l’assiette pour éviter de vomir et il paraît même que l’expérience de notre chroniqueur n’étant pas unique, ce sont tous « les restaurants à la mode » de la Capitale qui sont à éviter.

Vous vous demanderez peut-être, pourquoi Bihi force le trait ; il vous répondra simplement que la fin justifie le dessein : Il veut souligner pour les lecteurs du chroniqueur cette extrême que chez l’homme peut atteindre la suffisance et comment elle peut empêcher le sens de la mesure et l’intelligence de la modestie …On ne détruit pas aussi aisément et légèrement ce « beau pays du monde » qu’est le Maroc du chroniqueur. Surtout en ce moment où on se prépare à accueillir le Monde.

L’écrivain public.

⃰ Le prix des cigarettes oscille entre 26 (LD) et 42 Dhs (Davidoff) ; un paquet de cigarettes Malboro coût 39 Dhs. A son dernier passage à une librairie de sa ville Bihi a noté que le L de P le moins cher coûte 39 Dhs; il s’agit de Thérèse  Desqueroux de Mauriac ; Le journal d’Anne Franck  est à 74 Dhs. Pour acquérir Premier sang de Nothomb ou Les identités meurtrières de Mâalouf, il faut débourser respectivement 105 et 108 Dhs.

Notre écrivain national et ambassadeur littéraire ignore, sans doute, que la plupart des très nombreux jeunes marocains fumeurs, lycéens, étudiants, toute la gente désoeuvrée (chômeuse) qui habite les cafés, se rabattent (à cause des prix élevés des cigarettes et ‘’du vent qui souffle dans les poches‘’) sur le Détail et que, dans les quartiers populaires, même les petits buralistes font le Détail… Mais pourquoi se tordre les méninges pour une chronique du 360 vous dira TB.

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