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   A propos de HYPOTHEQUE SUR L’UNIVERSITE MAROCAINE de Mustapha Bencheikh ; Okad (2021)

طاقم ALLNEWS13 أبريل 2022
   A propos de HYPOTHEQUE SUR L’UNIVERSITE MAROCAINE de Mustapha Bencheikh ; Okad (2021)

N’en déplaise aux contempteurs de tous bords mais de commune obédience, aux contradicteurs accrédités, à la solde assurée et, à la tâche, grassement payés, toujours prêts à jouer à ces “épouilleurs” de tout poil, “enquinandeurs” vertueux, habiles cajoleurs et fins flatteurs– autant de  besogneux serviteurs d’un pouvoir d’autant plus occulte qu’omniprésent–, prêts à en chevaucher, jamais engagés à en réfréner les outrances… N’en déplaise à tous ceux-là qui n’y verraient que l’expression exacerbée d’une déception personnelle, l’amère frustration d’une fin de parcours, ce petit mais grave (au sens de sérieux) Essai sur l’Université du royaume s’imposera aux esprits, à l’intelligence de tout lecteur qui se hasarderait à s’y frotter ou choisirait de s’atteler à ses deux fois cent pages (c’est léger, ai-je écrit, mais « grave) ») : c’est un vrai cactus aux fruits interdits. Son auteur y révèle, plutôt montre, pointe bien des vérités sur la Maison- université qu’elle connaît bien en mercier d’abord et toujours et, puis jadis, en maître de deux merceries rurale et impériale au commerce peu florissant, supposé-t-on. Ajustez vos gants aux assauts de fines et volatiles épines, le cactus est là dans toute sa verte splendeur,  vous qu’on ne convainc pas/plus que tous les fruits lestement se cueillent, vous qui enseignez la paix des subordonnés, acquis à toutes les causes du gagne-pain et d’un peu plus, pour que rien ne vienne contrarier le ruissellement de l’eau qui toujours  coule et va son petit bonhomme de chemin : Faites en sorte que  l’eau coule et s’écoule, que rien jamais ne l’arrête… jamais, quoi qu’il en coûte.

  Le lecteur qui préjuge de sa teneur ou se détourne de l’image de son auteur pour certaine raison (?) s’abstiendrait bien de le prendre entre les mains non pas parce qu’il a –sauf interprétation tendancieuse, outrancière- quelque chose d’un brûlot mais parce que, immanquablement en brûlant les doigts, il dérange, remue,   enflamme l’esprit.

Tous les autres lecteurs, les curieux, les envieux, les intéressés, les naïfs encore non conquis, les sceptiques non encore tout à fait convaincus, les chercheurs amateurs ou déjà accrédités, les plus au moins avertis, les enseignants, des plus aigris aux moins exténués, les étudiants les moins affectés, les tristement résilients, les définitivement abattus, les pontifes au- dessus de tout soupçon, les décideurs de toute espèce et de tout étage qui trônent et commandent, l’œil sur la mêlée et, enfin,  la multitude acquise des usagers qui obéissent et consomment et, enfin, les esprits libres et les têtes brûlées… Tous y trouveront un peu d’eux-mêmes comme un pâle reflet ou une image d’eux-mêmes à peine déguisée, jamais vraiment déformée…chacun y trouvera sa matière et, peut-être, son tribut et une manière de revanche.

Tous y trouveront, posées toutes les questions (Prière de consulter le sommaire) qui, dans l’intimité feutrée et close des salons privés ou au secours de l’indignation toute bénigne et complaisamment partagée des cercles fermés des terrasses de  cafés, reviennent dans les discussions  des enseignants, maîtres d’œuvre suiveurs et artisans “fraiseurs et tourneurs” d’une fabrique au bord de la faillite, équipage d’un vieux navire qui, craquant de tous ses mâts, aspire, au baptême  de feu d’ un nouveau capitaine, pardon ! Ministre, d’un navire qui cingle… comme il peut… vers un autre dernier port, tous feux éteints,  …comme il peut… mais entraîne dans son sillage d’autres petites embarcations aussi clinquantes que fragiles, tristes îlots du savoir perdus dans l’océan de foutus bleds pour la seule gloire et pour l’honneur de la patrie. Discussions dont le postlude dissimule à peine les multiples effets d’un concert mièvre et décevant. Si le navire ne vire pas vers un dernier récif, c’est que le gouvernail tient mais pour combien de temps encore ! Et pourtant ça tient, observe-t-on, tant que ça tourne !! Quand on a cultivé très longtemps, de longues années durant (65 ans déjà) le seul art qui vaille, l’art de contourner les récifs et de suivre les courants vers à chaque voyage de nouvelles destinations à découvrir, on sait choisir ses capitaines au navire qui oscille, menace de chavirer puis, par quelque miracle vire et revire; quand on a longtemps cultivé l’art du possible (comme disait l’un de mes anciens amis pour me fausser compagnie en se convertissant au pragmatisme ambiant), rien d’étonnant à rentrer de plain-pied dans les brancards et de continuer à servir en premier les plus entreprenants et les plus forts parmi les oisillons au bec béant, qui se bousculent au bord du nid (comme si les lois de la naissance et de la politique se rejoignent et s’enchaînent !!) ou, à défaut, s’obstiner à recycler jusqu’à l’usure les vieux routiers ; ne s’étaient-ils pas essayés à tous les engins qui roulent !? Echappé de  la grisaille parisienne, un Homme est venu du Nord sauver la maison du soleil couchant, après tant d’épreuves et bien des preuves de compétence et de loyauté, toutes faites.

Tous les  lecteurs engagés trouveront posé dans cet essai -Miroir de leurs peines, désillusions, déceptions- le diagnostic pour l’état un corps  malade, atteint d’une arthrose généralisée à tous les membres, un corps malade qui ne veut pas geler et mourir, qui ne peut pas se (re)lever et guérir tant que les médecins, les soigneurs, toujours les mêmes, ne laisseront pas tomber leurs blouses et les maîtres de céans renier leurs prêches d’antan ; ceux, entendons-nous, pour qui, pluvieuse ou non, l’année est toujours bonne : On n’a pas pour rien l’instinct grégaire et le miel sur la langue au Royaume du Maroc.

Les lecteurs y trouveront une analyse des faits, de tous les rouages et leviers principaux de la machine universitaire, de ses divers  fonctionnements vitaux, une présentation ainsi des postes de commande et des fonctions hiérarchisées de la maison universitaire, un arrêt ainsi sur les responsabilités de tous ses protagonistes petits et grands (Encore prière d’aller au sommaire). Tout ce qui concerne la boutique- université, disons pour être plus juste, l’essentiel y prend place avec un accent mis sur cette partie du commerce  de la mercerie que le mercier connaît le mieux ou, au moins à deux titres, comme en d’autres domaines, en capitaine un peu et en mousse beaucoup, en officier une fois, deux fois et toujours en homme de troupe. Y aurait –il encore des recoins, quelque pénombre à éclairer, ils ne pussent être que d’un intérêt secondaire ! Une précision par-là, une interrogation par-ci sans incidence sur les avantages à tirer d’une lecture édifiante, rien qui mette en cause l’économie et la charpente d’un Essai qui a la juste et mesurée ambition de dire l’essentiel, de fermement le saisir, sans complaisance le montrer, clairement l’énoncer même si la propension aux formules qui (ré)sonnent parfois comme des sentences, quand elle ne permet pas de condenser sur certains points le discours,  interdit simplement des développements jugés, sans doute, inutiles, l’économie de l’Essai portant à des synthèses intelligentes et fort bien aménagées. Les faits sont donc là, présents avec des fortunes diverses mais rien n’est occulté, rien n’est escamoté, tout est dit avec mesure mais franchement, même si, par endroits, derrière les mots se profilent parfois des point(e)s de vue et surtout se dessinent des positions mais la dénonciation, la révélation des tares destructrices et des atavismes rongeurs d’un corps  malade et profondément atteint n’ont d’autre mesure que l’objectivité et l’aune d’un retour aux faits.

Faits et analyses, faits et points de vue mais aussi –et ce n’est pas là, la moindre des qualités de ce petit grand Essai—faits et propositions : un vieux routier ne peut en conduisant et poursuivant et déroulant sa route s’abstenir d’indiquer les virages à négocier, les écueils les plus dangereux à contourner, d’annoncer les ponts chancelants aux parapets douteux ; il ne peut se retenir de signaler d’autres voies possibles, de revoir sur toute sa longueur le tracé d’un trajet. Pour cela, il faut commencer par poser les bonnes et vraies questions, les questions qui gênent, celles dont les réponses pertinentes et éclairées méritent d’être soumises à un débat, le plus large et le plus libre possible, ne pas craindre d’appuyer là où ça fait mal, là où le bât blesse, de transcender la maison pour scruter la ville, les villes et les campagnes, embrasser le pays. On n’abat pas -comme ça- le mammouth d’un coup de machette ; il faut se résoudre  et se préparer à l’affronter…sérieusement, remonter aux  tanières, aux sources. Les mammouths aussi commencent petits et grandissent.

 L’auteur a ses propositions jamais présentées comme exclusives, quoique toutes fondées et documentées ; c’est qu’il appelle, avant tout, au débat et à la confrontation des idées qui débordent, bousculent, éclaboussent les consensus, dénoncent les improvisations, refusent de couler dans les discours qui les vident de leur substance, occultent leur raison d’être, les détournent de leurs vocation et objectif.

Cet Essai est une contribution importante au débat sur et autour de la Maison université du Royaume ; il est le fruit d’une expérience  qui fait sa force, d’un engagement qui signe sa valeur, d’une réflexion qui porte sa teneur et, faut-il- le souligner ou simplement signaler (en ces temps où les plumes ne savent plus- pardon !- que plumer, que plisser ou mal polir notre « butin de guerre »), il est écrit dans une langue mesurée, d’une qualité confirmée et d’une rare maîtrise. Merci M.B., tes efforts ne seront pas vains, je parie

                            Bihi, Meknès le  16/11/2021

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