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       Dans les cours arides des casernes, jamais ne pousse  la littérature

[TOUTES LES ACTUALITÉS]2 نوفمبر 2023
       Dans les cours arides des casernes, jamais ne pousse  la littérature

D’après le Monde Afrique, la française, Annie Ernaux (AE), la récipiendaire du Prix Nobel de Littérature 1922 a été considérée récemment persona non grata par les Autorités algériennes qui lui ont refusé de participer au 26e Salon International du Livre d’Alger qui s’est ouvert le 25/10/23

Saïd Moussa, ambassadeur d’Algérie en France confirme… mais se garde de justifier une  décision venue d’en haut ; le silence est le privilège incontestable d’un pouvoir, une des prérogatives de la souveraineté, l’un comme l’autre étant imprescriptible

Sans doute, les Gradés d’Alger se sont-ils rappelés ou leur a-t-on rappelé que Annie Ernaux (dont ils n’ont pas lu une page de roman mais dont on leur a   sûrement ‘’soufflé’’ les positions éclairées et généreuses en faveur de la justice sociale et pour la liberté d’expression), a signé le 30 Mai dernier une tribune aux côtés d’éminents autres signataires

De quel aplomb s’enveloppe-t-on ! Avec quelle audace, disons culot, toupet s’affiche –t-on pour adresser directement au Président Si Abd el Majid Tebboune, une tribune où l’on exige la libération du journaliste Ihsane El Kadi, incarcéré pour avoir simplement  « refusé de se soumettre aux pressions de ceux qui gouvernent [l’Algérie] et voudraient faire de lui un journaliste de contrefaçon » 

A propos de tribune et du destinataire de marque, Sieur Tebboune, une lettre ouverte de Kamal Daoud (KD) audit président, émerge des archives de Bihi. Elle date de 2020 et a –partant- pris de l’âge ; publiée le 26 Octobre au quotidien algérien Liberté, elle n’est, néanmoins, vieille exactement que 3 ans moins un jour de la tribune qui a sanctionné A. Ernaux.

Si la tribune exige, la lettre ouverte prie, l’objectif est pourtant le même, la libération de détenus politiques, de journalistes, d’opposants au régime en place; la tribune est, avant tout,  surtout une dénonciation, une condamnation, la lettre, elle, est explicitement, nommément « une requête » et permet à l’auteur de ‘’passer’’ un message : « Je ne crois plus aux postures et aux radicalités….Je ne peux proposer [aux miens] ni le chaos ni l’illusion » ; ce qui semble légitimer une telle démarche : Moi, KD je suis un homme de raison et je reste, optimiste car « le pays est vaste et ses enfants sont nombreux » mais Kamal !  Ces enfants  sont aussi différents et n’ont besoin que d’un pouvoir qui les unit et rassemble dans le respect de leurs différences linguistiques, culturelles et la diversité de leurs opinions, d’un pouvoir qui se donne vraiment les moyens politiques d’ « apaiser » les tensions en promouvant la liberté d’exprimer ses désaccords avec les politiques de l’Etat, en divers domaines

Tu demandes au Président de gracier des hommes dont tu n’exclus pas « les excès », supposes ou n’écartes pas « les erreurs » à côté de leur foi, de leur croyance alors que ces hommes, les détenus pour qui tu te prosternes si bassement ont été incarcérés en raison de leurs convictions idéologiques et positions politiques…Kamal ! Il est d’autres moyens de faire de la politique : Quand dire  c’est faire 

Demandez aussi humblement la grâce d’un Grand c’est  d’abord lui donner raison et ensuite consacrer en le renforçant le pouvoir souvent illégitime dont il se sent légitimement investi. Quand la grâce n’est pas royale , elle demeure triviale

  L’écrivain public : Bihi

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