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Interdit au Maroc… toléré au Sénégal : la double lecture du discours face aux violences de supporters

[ALLNEWS]3 أبريل 2026
Interdit au Maroc… toléré au Sénégal : la double lecture du discours face aux violences de supporters

Les récents incidents survenus aux abords du stade Léopold Sédar Senghor, au Sénégal, mettent en lumière une contradiction frappante dans le discours sénégalais, plaçant la gestion des violences de supporters au cœur du débat critique. Alors que les autorités sénégalaises ont réagi avec rapidité et fermeté en ouvrant des enquêtes et en poursuivant les auteurs d’actes de vandalisme, certaines voix tentent de présenter des faits similaires survenus au Maroc sous l’angle d’une « cause humanitaire ». Une contradiction qui soulève de nombreuses interrogations quant à l’uniformité des standards.

Le communiqué officiel des autorités sénégalaises ne laisse aucune place à l’ambiguïté : il évoque clairement des actes de vandalisme, notamment des jets de pierres, des dégradations de biens publics et privés — voitures et commerces — tout en confirmant l’ouverture d’enquêtes pour établir les responsabilités et appliquer les sanctions prévues par la loi. Cette position reflète, en principe, un respect de l’État de droit et un rejet catégorique de tout débordement, quelles qu’en soient les motivations.

Cependant, le problème ne réside pas dans la fermeté du traitement interne, mais dans le discours parallèle qui cherche, à l’extérieur, à requalifier des faits similaires survenus lors d’un match Maroc–Sénégal. En effet, le tribunal de première instance de Rabat a rendu, le jeudi 19 février 2026, ses verdicts à l’encontre de 18 supporters sénégalais ainsi que d’un ressortissant français d’origine algérienne, accusés d’avoir provoqué des troubles et arrêtés depuis la finale de la Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025. Les peines prononcées vont de trois mois à un an de prison ferme. Les accusés sont poursuivis pour « hooliganisme », une infraction englobant des actes de violence, notamment contre les forces de l’ordre, la dégradation d’équipements sportifs, l’envahissement du terrain et le jet de projectiles.
La Fédération sénégalaise de football a dénoncé ces jugements, les qualifiant d’« excessivement sévères et incompréhensibles » et « disproportionnés », appelant à la libération de tous les ressortissants sénégalais détenus.

Ainsi, l’acteur sénégalais passe du statut de « vandale » à celui de « victime », de « fauteur de troubles » à celui d’« otage des circonstances », dans un renversement discursif et médiatique révélateur d’une évidente double approche.

La question fondamentale qui se pose est la suivante : comment justifier une telle divergence ? Si les actes de violence sont traités avec rigueur au Sénégal, pourquoi attendre du Maroc une approche différente face aux mêmes comportements ? Le principe de droit ne devrait-il pas rester constant, fondé sur la responsabilité de tout individu portant atteinte à l’ordre public, indépendamment de toute considération géographique ou politique ?

La politisation des actes de violence, ou leur instrumentalisation médiatique selon des intérêts circonstanciels, ne fait qu’affaiblir la crédibilité du discours des droits humains, en le transformant en outil sélectif plutôt qu’en référence universelle fondée sur la justice et l’égalité. Car le droit, dans son essence, ne reconnaît pas les doubles standards : toute violation de l’ordre public implique des conséquences.

En définitive, les faits démontrent que la violence ne saurait être assimilée à une forme d’enthousiasme ni constituer un moyen de pression ou de chantage, mais relève d’un comportement répréhensible nécessitant une réponse juridique ferme. Dans cette perspective, la cohérence des positions demeure essentielle pour préserver la crédibilité des États, tant dans la gestion de leurs affaires internes que dans leurs prises de position à l’international.

Ce cas apparaît ainsi comme un véritable test de la sincérité des discours officiels et médiatiques : soit le droit s’applique de manière uniforme à tous, soit il devient un instrument à géométrie variable, perdant toute sa valeur au premier enjeu politique

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