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     L’école en quelques mots débridés

طاقم ALLNEWS2 أكتوبر 2024
     L’école en quelques mots débridés

1. La faillite de l’enseignement public fait de l’enseignement privé une fatalité économique : elle tire fort sur les cordons  des petites bourses qu’elle dégraisse, troue des poches élimées au même temps qu’elle engraisse les comptes des “sacochistes (« Les maîtres des sacoches »)… D’autant plus que les parents en bons consommateurs dociles, ‘’abrutis’’ et parfois illettrés ou incultes ne peuvent/cherchent à jouer leur rôle de «  coéducateurs », de partenaires engagés dans la marche de l’école de leur progéniture. Ils laissent les mains libres à des administrateurs transfuges sans qualification  et  sans autre souci que celui de veiller à ce que la machine tourne à leur profit. Apportez le démenti !

2. La mixité sociale à l’école est une plaisanterie, une blague, un leurre ; si en milieu urbain ou semi-urbain, on peut encore ‘’tricher’’ avec la géographie, déserter, fuir certains établissements pour en assiéger, investir d’autres, si l’école privée participe largement et diversement à la ségrégation sociale, dans les campagnes même les plus proches, la géographie interdit toute velléité de justice sociale;  l’école rurale ne reçoit que la pauvreté sociale ;  c’est dans ces classes des villages perdus, des bleds au nom biscornu, des ravins et des chemins escarpés qu’indissociablement, organiquement s’affiche l’apartheid scolaire et s’incarne majestueusement l’homogénéité sociale, l’incontournable entre-soi.  Apportez le démenti !

3. Faire de l’éducation une opportunité de profit, les parents le savent bien qui font face aux augmentations régulières des frais de scolarité de leur progéniture mais, ont-ils le choix d’aller ailleurs ? Les rebute, l’enfer de l’école publique qui reflète et perpétue dans le microcosme scolaire tous les maux accumulés d’une société où les inégalités installent les injustices, cultivent les dépendances et sacralisent les allégeances. Dites non !

4. Pour retenir ses élèves et en attirer d’autres, le privé mise sur de bons résultats, jugés ainsi nécessaires; les voies pour y arriver peuvent ne pas être toujours honnêtes, aboutir à des résultats qui reflètent en tout point le niveau réel des élèves : L’Administration et les enseignants s’accordent de façon tacite ou organisée à ‘’souffler sur la braise’’ des notes.  L’école publique semble de plus en plus prise dans la spirale de la médiocrité et de la pauvreté : faiblesse des moyens matériels, médiocrité de l’encadrement humain, administratif et pédagogique. On ne peut compter en mer sur une bouée ….(choisissez l’épithète). L’enfer c’est d’abord ces effectifs pléthoriques qui asphyxient les classes,  étouffent élèves et enseignants, empêchent l’air déjà rare de circuler. Une bergerie pour ne pas écrire porch…., une de ces écoles coraniques pauvres d’antan. 50 élèves par classe ! Matériellement, pédagogiquement, intenable, à peine imaginable ; les parents, curieusement de très nombreuses mères, protestent devant l’école, crient, hurlent, incriminent les responsables, agitent leurs voiles, chargent les parents, les appellent à déserter l’école. Une vraie atmosphère de deuil. De ce fléau de la  dense promiscuité, les oubliés du Royaume,  excentrés ou enclavés ou les deux à la fois, géographiquement et socialement toujours les deux à la fois, les villes en souffrent aussi mais dans des proportions, nous dit-on, « raisonnables » : En plein centre d’une ville réputée impériale, des collégiens vous diront qu’ils se disputent à 32, 38 les places dans les salles  de classes.  Vérifions !

5. Si les résultats du privé peuvent être globalement supérieurs à ceux du public c’est parce que dans les faits, les enfants issus de familles pauvres ou modestes sont doublement sanctionnés  (la double peine) par l’indigence matérielle et intellectuelle de leur milieu social et les conditions générales de l’action et de l’offre scolaires. Dans certain bled retiré et oublié, les enfants oscillent entre deux tristes précarités, le taudis familial et la turne scolaire… « A la claire fontaine, sur la plus haute branche, un rossignol chantait, chante, rossignol ! Chante, toi qui as le cœur gai » ; mais là, dans ces terres déshéritées, point de fontaine, que des arbres épineux et rabougris et que des moineaux ; là, difficile d’avoir le cœur gai!  Prouvez le contraire !

6. Plus la pression se fait forte sur l’école publique où, faute d’enseignants, les effectifs en classe deviennent pléthoriques, plus les exigences au recrutement s’amenuisent et s’annulent. La solution politique qui veut corriger les faiblesses chroniques et les aléas des programmations et prévisions n’a d’autre choix que de recruter à tour de bras et sur contrat des candidats qui comme les circonscrits portent des armes dont ils attendent de maîtriser l’usage….La/le politique veille à l’équilibre et aux rapports de force, tout le reste relève de la (mauvaise ?) littérature. En limitant à  30 ans l’âge des candidats prétendant au concours des CRMEF qui forment les enseignants, le Ministère de tutelle cherche à limiter les dégâts. Même à cette limite fatidique de 30 ans, on ratisse -malheureusement encore- large  comme à l’épuisette, on pêche le menu fretin. Faites un tour au pays des merveilles !

7. « « Baisse de niveau » ; nul doute que ce concept caractérise mal ou superficiellement une situation bien complexe ; baisse par rapport à quoi, en deçà, au- delà de quoi ? Point de départ facile pour un débat difficile, il n’a servi, de surcroît, qu’à opposer d’abord les praticiens des différents niveaux, ceux des collèges et de lycées à ceux du Supérieur , à renforcer la suffisance des uns et le mépris des autres, à ‘’verrouiller les chapelles’’ alors que les enjeux sont ailleurs. Les rencontres autour de cette question, toujours improvisées et épisodiques n’ont pas donné de résultats susceptibles de fonder une expérimentation indispensable, de préparer l’avenir ; les conclusions et les constats toujours empiriques sont demeurés  limités et peu fiables »

 Cette réflexion date  de Juin  1992.  A -t- on progressé depuis ?

 L’écrivain public

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