Dans mon quartier, les chats traînent
Leur mine défaite ; harassés,
Estropiés, parfois borgnes, ils errent,
Les flancs tout creusés, ils errent,
Faméliques, suivant leur flair,
Vont et viennent et mènent
Une vie de bohême brisée,
Mais demeurent, aux poubelles attachés,
Fidèles nomades d’une rue,
Jamais ne s’égarent,
Loin de la chaleur des travées :
« Ne s’égare jamais qui ne part » ;
Mais toujours à l’affût
D’un geste, d’une caresse perdue,
Lèvent leurs yeux pour implorer
Des passants indifférents et pressés.
Stoïques, sobres, jamais désespérés,
Ils attendent, sentinelles aux aguets
Aguerries, les chiffonniers qui passent
Mais tard, ils passent et leur jettent
D’une maigre pitance quelques miettes
Et un regard de solidarité muette.
L’écrivain public









