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    L’Islam n’a pas besoin d’imams bornés, crispés et impulsifs

طاقم ALLNEWS5 مارس 2024
    L’Islam n’a pas besoin d’imams bornés, crispés et impulsifs

On est bien en droit de s’interroger sur la place de l’Islam dans les pays où, pour des raisons historiques mais aussi et surtout économiques, jamais franchement idéologiques, il s’est constitué des communautés de musulmans plus au moins intégrées, assez nombreuses pour chercher à jouer de leur influence et à se démarquer au sein de la communauté nationale au nom d’une identité dont le noyau dur reste la religion. C’est de là qui naît le concept de « séparatisme » aux relents intégristes. S’il ne sera pas demandé aux musulmans de France de se détourner de leur religion, de sacrifier certaines de ses pratiques fondamentales, d’abandonner certains comportements (rites), jugés essentiels, il ne sera pas demandé à la France de céder sur les principes de la laïcité, de se laisser déborder par les manifestations, les revendications d’une partie des musulmans qui par tous les moyens cherche(nt) à imposer leur religion au mépris des Lois républicaines. Si aujourd’hui, la communauté musulmane, avant tout, d’origine étrangère est une réalité incontournable, si elle peut militer pour  prétendre prendre place dans le récit national français, prétendre faire partie de l’histoire française contemporaine, si elle peut s’engager légitimement à défendre une identité particulière, à assumer et faire assumer une mémoire propre, rien ne le lui interdit MAIS elle ne doit à aucun moment et sous aucun prétexte (surtout religieux) rien entreprendre qui ne soit conforme aux lois de la  République qui sont celles de la Démocratie et, en matière de religion, rien qui soit de nature à l’enfermer dans une identité plus formelle, plus ostentatoire, plus nettement idéologique que réellement culturelle et simplement, seulement religieuse. La communauté musulmane, ses guides, ses gourous, ses élites, ses chefs, ses idéologues de l’intérieur comme de l’extérieur doivent comprendre qu’il ne sera jamais possible, jamais permis d’établir en France un islam en tout point identique et sous les mêmes conditions que celui pratiqué, pour l’exemple, à Calcutta, Java, Khartoum ou à Tombouctou. Elle a, par ailleurs, tout intérêt à oeuvrer pour un Islam de France et non militer pour un Islam en France ; il faut donc comprendre que l’entreprise est de régulation et non d’adaptation. Tout effort d’adaptation comporte nécessairement des trahisons et une certaine fidélité ; les premières, au pluriel, affectent les dogmes, procèdent de la foi et de l’absolu quand la seconde, au singulier, toute relative appelle à la raison critique. Cette approche ne peut se réaliser sans admettre de se défaire des conflits et querelles inhérents aux traditions d’une religion travaillée par des siècles d’exégèse et minée par des guerres intestines, produit d’une orthodoxie marquée par des hérésies dont l’héritage persiste sous des formes plus au moins affirmées. Parallèlement, toute action de régulation ne peut faire l’économie d’un environnement culturel, politique, des siècles de l’histoire du pays hôte ou d’accueil.

 Les musulmans de France doivent s’affranchir en matière de religion des tutelles et directives de leurs pays d’origine, s’organiser pour protéger leur pratique religieuse des influences idéologico- politiques extérieures à l’Hexagone, l’inscrire et le vivre in situ dans un environnement étranger (vs in vitro). Les responsables français qui sont, avant tout, des politiques et ne relèvent d’aucune autorité religieuse ne doivent pas par cécité idéologique ou par réaction politique n’accepter de rouvrir le livre de la laïcité que pour, chaque fois et à toute occasion, y puiser comme dans un bréviaire ce qui peut justifier une opposition aux manifestations même les plus anodines d’une pratique religieuse exogène.

A ces deux conditions, tout est négociable. Tout est négociable quand on accepte l’idée que la religion puisqu’elle ne peut se réduire pour toujours à un ensemble de dogmes à jamais figés, est condamnée à se muer en idéologie et que toute idéologie pour durer doit entrer dans l’histoire, c’est-à-dire s’adapter.

La France est un pays laïc (laïque) où l’Etat garantit la liberté de croire (ou non), de penser, de dire et d’écrire sans s’imposer des limites comme il assure le droit de répondre, de dénoncer, de se défendre ; c’est grâce  à cet équilibre établi par les lois de la République que tous les recours sont possibles ; l’outrepasser, c’est opter pour la violence, source de toutes les crispations et de toutes les haines.

Les jeunes musulmans issus de l’immigration doivent prendre en charge leur religion, l’Islam ouvert, tolérant come il a toujours été, débarrassé  de ces accoutrements inutiles, de ces gestes rituels désuets, de tout ce qui n’est pas l’islam lui-même et que des âmes chagrines, de bonnes âmes enclines aux lapsus linguae, des radicalités aveugles et marginales cherchent à perpétuer au nom d’une Tradition qui s’est toujours inscrite contre l’esprit critique et les exigences de l’histoire humaine et du « vivre ensemble ».

            Bihi, l’écrivain public

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