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Mon école, ton école, leur école

[TOUTES LES ACTUALITÉS]19 ديسمبر 2023
Mon école, ton école, leur école

On appauvrit l’école publique : On bâtit mal, on forme mal, on encadre mal, on recrute à tours de bras, on ratisse large (même à – de 30 ans), on fait tout à la hâte ; on laisse pourrir, décrépir, ‘’garder sur civière’’ des écoles entières et on permet aux plus riches et même aux petits riches, pugnaces et obstinés déclassés sociaux, de sortir du circuit commun, de fuir la misère, la médiocrité,les manques de l’école publique, école de plus en plus vécue comme celle de l’échec et de la remédiation.

 Vive l’école privée !! Et peu importe qu’elle soit d’abord une entreprise commerciale, financée et gérée par des hommes et des femmes (Les Sacochistes, les Chkaïriyya) sans culture et sans qualificationaucune en rapport avec l’éducation, sans compétence en accord avec les exigences d’une formation pédagogique et didactique, une entreprise, de surcroît, généreusement soutenue par l’Etat. Peu importe que l’éducation soit perçue comme une opportunité de profit ; les parents le savent bien qui fuientune école publique en dérive, une école qui dépérit, décline à cause des ratés et des improvisations répétées d’une politique sans ambition et sans perspective, s’affaisse sous les coups d’une gestion de crise et non d’avenir.

Peu importe si les parents savent que pour retenir leurs élèves et en attirer d’autres, les écoles privées affichent des résultats qui sont loin de refléter les performances réelles de leurs clients. Peu importe si la relation entre l’institution privée et les parents et, en classe, entre l’élève et l’enseignant soit une relation entre un client et un prestataire.

Peu importe si le mot de gonfler les notes, plus prosaïque et plus provocateur et choquant l’ait emporté surcelui de majorer qui réfère théoriquement à des situations d’évaluation exceptionnelles régies par des règles strictes, consacrées ou ad hoc.

 Une moins légère indiscrétion et un brin de retenue, n’auraient, en, tout cas, rien changé au résultat de la manoeuvre : L’inflation des bonnes notes. Des résultats ’’spectaculaires‘’ font l’évènement, réveillent le sensationnel, occultent des performances à peine moyennes en dépit des conditions relativement favorables à l’apprentissage et aux moyens souvent importants affectés auxdifférents soutiens.

Allons au-delà des détails, de dérives que le système pour se maintenir crée et intègre, crée, intègre et banalise : Mon ami, l’épicier a été secoué ; je lui ai expliqué que la moyenne générale de son fils, en l’occurrence, 13/20 pouvait n’être que fictive, qu’il n’est pas exclu qu’il ait bénéficié de l’indulgence coupable et calculée de ses maîtres ou de la générosité intéressée de l’Administration de son école…Mon ami, l’épicier soussi ou le soussi épicier ou le soussi tout court a , sans doute, regretté de m’avoir soumis pour avis autorisé le bulletin de son fils. Mais pour être franc et honnête, j’ai renchéri : « Il faut toujours revoir les résultats des écoles privées à la baisse ». Je veux bien avoir tort ou être démenti mais quand on ‘’officie’’ dans une école privée, on se plie à des règles pour ne pas passer pour un sniper ou quelque franc-tireur.

Au-delà des détails, de l’arbre qui désespère à cacher la forêt, il y a cette vérité indéniable, cette dissociation de l’offre scolaire entre le privé et le public, des établissements d’élite pour la reproduction (Encore merci Bourdieu pour ce mot-concept) et une multitude d’écoles plus au moins déshéritées pour la conservation : La société a besoin de constances pour fonctionner.

Cette vérité établie, on ne peut plus rien reprocher à l’Ecole, se plaindre de son inefficacité, de la médiocrité de ses résultats, de l’échec d’une mission longtemps proclamée et alimentée de discours aussi faux qu’hypocrites des cravatés de circonstance ; l’Ecole ainsi faite joue parfaitement, précisément le rôle au sein de la société qui l’a conçue et mise en place; On ne la changera pas sans changer les rapports de force politiques, sans identifier et définir d’autres objectifs, sans poser comme critère premier et essentiel l’élévation globale duplus grand nombre et non la reproduction d’élites autoproclamées.

Bihi, transclasse assumé, « exception consolante », fils d’un pauvre bougre, produit accidentel de l’école rurale, publique mais d’une autre époque, celle des instituteurs et institutrices français(e)s, n’a naturellement pas connu les privilèges de la naissance ni les facilités de l’argent.

Est-ce pour cela qu’il est si (maladivement) sensible aux malheurs de l’école rurale, pauvre et périphérique, de l’école publique en général, que, contrairement à un ministre avant tout ingénieur et de bonne formation, plusieurs fois converti au politique, il peut parler plus librement.

M. le Ministre, Bihi est convaincu que sur la crise qui secoue depuis des mois et des mois votre ministère et perturbe dangereusement l’école publique ses diagnostics et ses solutions ne divergeront pas trop des vôtres mais trop de distances vous séparent. Dommage !

On commencera sûrement pour s’accorder à unir les troupes sous la même bannière et sous un unique commandement avant de monter au front.

L’écrivain public Bihi

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