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UN REGARD SANS FILTRE SUR LES TRAVAUX DE LA SESSION ORDINAIRE D’OCTOBRE 2025

[ALLNEWS]4 نوفمبر 2025
UN REGARD SANS FILTRE SUR LES TRAVAUX DE LA SESSION ORDINAIRE D’OCTOBRE 2025

 

LA CHRONIQUE DE

          HADI BENOMAR

 

 

   

 

LE DEVENIR DE MEKNÈS ENTRE LES GRANDES PROMESSES ET UNE RÉALITÉ NUANCÉE.

      Une fois de plus, la collectivité territoriale de Meknès a fait parler d’elle, non pas pour ses réalisations, mais à cause de la détérioration des relations entre la présidence et la majeure partie des élus.

      En effet, le 7 octobre, presque les deux tiers des élus ont manqué à l’appel. Le quorum n’ayant pas été atteint, la session a été reportée. Incompréhension, offuscation et branle-bas dans les rangs de l’équipe dirigeante.

       La session ordinaire du 7 octobre l’a bien démontré. Le signal renvoyé par la majorité des conseillers était on ne peut plus clair. En refusant de prendre part aux travaux de cette session, ils ont démontré de façon irréfutable que rien n’allait plus et qu’ils étaient totalement en désaccord avec une gestion qui ne convainc pas.

      Une gestion que toute la ville, d’ailleurs, ne cesse de critiquer, de décrier sur les réseaux sociaux.

      Ce 7 octobre, le compte n’y était pas.

    35 des 61 élus que compte la commune ont joué la partition de la chaise vide. Mais c’était sans compter sur le pouvoir du téléphone qui a bien opéré pour rappeler quelques élus réfractaires à rentrer dans l’ordre pour rallier les rangs de la majorité dirigeante en vue de permettre la tenue des travaux de la session.

      Le revirement ne s’était pas fait attendre. Un à un, des « pamistes », des « istiklaliens » suivis plus tard par des « péjidistes » finissent par faire marche arrière pour acter leur présence.

     La majorité (31 sur 61) était acquise. Un grand ouf de soulagement de la présidence et des autorités qui ne tenaient absolument pas à revivre le même scénario qui avait poussé l’ex-président Jaouad Bahajji à la démission.

     En effet, deux jours plus tard, c’est-à-dire le 10 octobre, presque tout le monde a rappliqué dare-dare pour mettre la main à la pâte. Une pâte gluante, collante, qui n’arrivait pas à prendre forme.

     En tant qu’observateur  et témoin du train-train de la vie commune dans la cité ismaélienne, je peux dire avec certitude que rien ne change , malgré les promesses et les bonnes paroles que prêchent ceux qui président aux destinées de la ville pour essayer de nous convaincre que tout est pour le mieux et que Meknès est sur la bonne voie pour devenir la meilleure des cités et ce « grâce à l’homme providence Abdelghani Sabbar, gouverneur de Meknès.   Un gouverneur qui n’épargne aucun effort pour répondre aux aspirations des Meknassis »

      J’aurais aimé les croire. J’aurais aimé faire miennes ces bonnes paroles annonciatrices du grand changement qui permettrait à Meknès d’atteindre un standard de développement continu, digne de son patrimoine et de son histoire.

    J’aurais aimé voir tous ces espoirs dont on nous parle, se concrétiser sur le terrain. Mais les faits sont là. Et les faits, comme on dit, sont têtus.

       Ils sont là à crever les yeux de tout un chacun pour pointer du doigt le décalage entre les annonces officielles et la réalité du vécu. Et personne, mais personne ne peut, ni ne doit faire l’aveugle pour continuer à nier cette évidence.

     L’évidence d’une ville malade. Malade des erreurs de ses élus. Et ça ne date pas d’aujourd’hui, mais ça continue. Malade du laisser-faire et du laisser-aller de ses autorités. Et, c’est là, la  vérité. Une vérité que l’on ne peut cacher ou dissimuler.

        Meknès, hélas et mille fois hélas, est toujours au point mort parce que victime de l’indifférence des pouvoirs centraux qui lui tournent le dos.

       Son drame,  son plus grand drame est le blocage qu’elle endure.

      Un blocage qui dure et perdure.

          Un blocage avec ses schémas récurrents . Ni budget conséquent, ni grands projets structurants, ni attractivité pour d’éventuels investissements.

       Je le dis et je le répète, Meknès est soumise à rudes épreuves par manque de moyens et de visibilité.

       Monsieur le président avait beau saupoudrer son plan d’action, mais pour tous ceux qui prenaient part aux débats, Il ne faisait que tirer des plans sur la comète .

        Il avait beau expliquer, avait beau jurer ses grands dieux pour assurer que, grâce au bon vouloir du gouverneur qui n’épargne aucun effort, la ville de Meknès est en passe de connaître un essor sans précédent et ce, grâce aux milliards qu’on lui avait promis. Mais c’était comme prêcher dans le désert. Car, rien, mais rien ne trouvait grâce à leurs yeux. Tout ce que se disait n’était à leurs yeux que de l’affichage politique.

      Mêmes les élus les plus conciliants, les plus accommodants, ceux qui ont toujours maintenu la bonne entente avaient changé de ton. Ils étaient tous vent debout avec  leurs critiques qui fusaient de partout.

       Toutes les irrégularités , tous les  à-coups et toutes les violations qui empêchent la ville , d’aller de l’avant étaient pointés du doigt.

      Sans verser dans le pessimisme, pour ne pas dire fatalisme, il faut dire que rien ne va. Ni au niveau du  budget qui ne bouge pas d’un iota avec ces 42 milliards de centimes en tout et pour tout, dont il faudra déduire, si l’on s’amuse à le décortiquer, presque le tiers réservé au budget de fonctionnement, auquel il faudra ajouter 18 milliards qui vont aller dans les caisses de l’entreprise délégataire de la gestion de la propreté de la ville, sans parler de l’endettement et de ses intérêts, ni compter certaines dépenses ahurissantes au niveau des primes, paiements au profit d’organismes liés par des accords avec la commune. Paiements qui passent de 99 340 000 à 119 800 000 DHS, soit un surplus de 20 460 000 DHS… sans oublier les aides offertes gracieusement à certaines associations qui n’existent que sur le papier. Ce qui renvoie à une marge de manœuvre très, très limitée pour changer la donne . Et ce sera l’improvisation, comme toujours,  qui prendra le dessus sur tout le reste.

     Car, tous les projets nécessaires au devenir de Meknès, seront une nouvelle fois mis de côté par manque de moyens financiers.

       En effet,  tant que les pouvoirs centraux continueront de couper les robinets, que le flux des crédits alloués au financement de vrais projets structurants fera défaut, et tant que la politique préconisée  par  l’exécutif  de la région Fès-Meknès se fera au détriment de la cité ismaélienne , aussi bien au niveau de la répartition des priorités qu’au niveau des finances  , celle-ci continuera de sombrer dans le marasme et la désuétude .

       Car, faut-il le dire, faut-il même le souligner, le budget proposé, voté et adopté par les quelques élus présents ne permettra jamais à Meknès d’avancer, d’aller de l’avant pour atteindre le Grand Meknès auquel nous aspirons tous.

 Un budget qui est en inadéquation totale avec les attentes des 550 000 habitants que compte la commune de Meknès (recensement de 2025).

        Faute de mieux et en attendant les beaux jours que Monsieur le président   nous promet   , il ne reste qu’une seule alternative pour sortir momentanément de cette impasse. Celle du  recouvrement des taxes impayées dont les montants ne cessent d’augmenter d’année en année au grand dam d’une population désabusée  et d’une ville oubliée  sans qu’il soit mis fin a cette confusion.

        Pour rappel , en 2021, notre président  M. Abbas Aloumghari alors membre du conseil  que chapeautait Abdallah Bouanou l’avait interpellé en ces termes pour qu’une solution soit trouvée à ce problème qui n’en finit pas.

       « Monsieur le président, si j’interviens aujourd’hui, ce n’est nullement pour vous critiquer, mais tout simplement pour attirer votre attention sur le solde restant à recouvrer qui atteint 54 milliards de centimes. Ce qui est en soi un signal d’alarme. Cette somme aurait pu être utilisée pour surmonter la crise financière que nous vivons. »

  Et d’ajouter «  Monsieur le président, en cette année 2021 qui est, comme vous le savez, la dernière du mandat de ce conseil, nous avons malheureusement constaté un relâchement généralisé quant a  ce recouvrement y compris au niveau des  responsables du service financier.

     Monsieur le président, mon message est clair. Il vous faut prendre des mesures fermes, d’autant plus que la capacité d’emprunt est arrivée à zéro. »

 C’était en 2021.  Depuis lors  conseils et autorités ont- ils pu trouver solution à ce manque à gagner ?

Aucunement. Les choses n’ont fait  que s’aggraver.  Ce n’est pas moi qui le dit, mais ce sont les chiffres, preuve a l’appui ,  qui le confirment. Il suffit de les parcourir pour s’en convaincre.

ــ  Au terme du mandat du président Bouanou, le reste à recouvrer  a atteint la coquette somme de 686 216 636 millions de DHS, soit 68 milliards 621 millions 663 mille 600 centimes.

ــ Sous la présidence de Jaouad Bahajji, ce manque à gagner a été réduit à 568 347 254 DHS, soit 56 milliards 834 millions 725 mille 400 centimes.

ــ  En 2023, toujours sous la houlette de Jaouad Bahajji, on est passé à 485 493 556 DHS, soit 48 milliards 549 millions. 355 mille 600 centimes  pour atteindre  55 milliards 482 millions101 mille 927 centimes fin 2024.

  Quant à l’année 2025, il faudra encore attendre pour savoir si notre président sera  capable de secouer le cocotier pour trouver une solution à ce contournement, pour ne pas dire « fraude fiscale », qui profite aux uns, mais qui nuit considérablement à la trésorerie de la ville, la privant de fonds qui pourraient l’aider à surmonter une partie des problèmes qui l’assaillent de toutes parts.

       L’argent qui pourrait faire la différence est à la portée des mains de  la présidence. Il suffit que notre président mette en application ce qu’il avait exigé de son predecesseur Bouanou en l’interpellant il y a cinq années de cela  :  PRENDRE DES MESURES FERMES A TOUS LES NIVEAUX  POUR RENFLOUER  LES CAISSES DE LA TRESORERIE DE LA VILLE.

 Voilà à quoi doivent s’atteler  et le président Abbas Aloumghari et son équipe et mêmes les autorités  s’ils veulent que la ville gagne en solvabilité et eux en crédibilité. Est-ce trop demander ?

 À bon entendeur, salut !

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