مستجدات

L’ACTU pour aller vite et droit au but (2)

[ALLNEWS]13 ديسمبر 2024
L’ACTU pour aller vite et droit au but (2)
  1. Un homme qui bafouille est dit bafouilleur; au féminin, cela donnerait bafouilleuse mais ici, c’est la masculin qui nous intéresse puisque on a vu et écouté un de nos ministres frais émoulus bafouiller…mais vraiment, littéralement bafouiller à donner des sueurs, au sens propre, aux antipodes du figuré, en pleine séance plénière du parlement ; bafouiller, la tête baissée et la langue en dérive. Notre ministre n’est pas fait, d’évidence, pour l’emploi, ne domine pas sa matière et lui manque en de telles circonstances la langue de bois d’un Baïtas; notre ministre, il sait surtout écrire dans la solitude de ses bureaux. On sait aussi s’entourer de nègres dans les ministères. A propos, Baïtas, l’homme des synthèses et maître en mensonges, instituteur rural dans une autre vie ferait bien un bon ministre de l’Education nationale. Dommage que le chef du gouvernement n’ait pas pensé à le propulser à une telle crête ; sans doute, est-il jugé irremplaçable, là où il est !

 

  1. 4.Les ouvriers et ouvrières agricoles de la région de Chtouka Aït Baha, du côté de Biougra et alentour protestent contre les conditions de travail, la modestie des salaires qu’on leur impose, les humiliations qu’on leur inflige, leur honneur qu’on bafoue. Au point de ralliement où se regroupent les candidat(e)s à l’embauche, c’est chaque jour et, dès l’aube, la cohue, il y a toujours foule ; les contremaîtres, déclarent les manifestant(e)s, choisissent les femmes avant les hommes et parmi les femmes les plus jeunes et les embarquent pour les fermes et les serres comme du bétail par dizaines dans des pick up. Le calvaire commence tôt et se prolonge durant 8 heures parfois  sous la chaleur suffocante des serres et dans le mépris total de la santé des travailleurs-euses  payé(e)s  8 Dhs / l’heure, une misère pour le travail effectué et les efforts exigés et, sous la contrainte, consentis. Ils /elles n’ont  généralement pas de choix, on se résigne et se tait ou on part et perd sa place. Pas de syndicat, point de couverture médicale ou de sécurité sociale. Pire, on rapporte même des cas fréquents de harcèlement sexuel, de représailles, de violences verbales. Les contremaîtres et autres petits et mieux placés responsables usent et abusent de leur autorité, rêvent de cuisses et, du regard, soupèsent les croupes. Le besoin et la précarité imposent toujours le silence aux proies faciles (aux « bouchées chaudes » dans leur jargon de prédateurs) et conduisent parfois à accepter contre quelque maigre avantage des compromis humiliants.
  2. Ils /elles manifestent pour dénoncer cet esclavage moderne auquel on les réduit et on n’a rien trouvé de mieux à lui opposer que la matraque, arme privilégiée  de la répression…Nos ouvrières  des champs andalous ne sont pas mieux loties, paraît-il; finalement, partout,  le pire ennemi du pauvre travailleur n’est pas le labeur mais la recherche des profits et les injustices et affres de l’exploitation. Mais qui gagne  et à quel niveau dans ces fermes des plaines du Souss, ce sont ceux -là même qui sont protégés par les pouvoirs locaux et ceux qui envoient les forces de l’ordre pour disperser, maltraiter, frapper, traîner par terre, arrêter les manifestant(e)s ? On doit y compter quelques amis de notre chef du gouvernement ! Si on ne nous croit pas, c’est que l’on ne connaît pas Akhennouch, ses origines, ses responsabilités politiques locales, ses investissements personnels, ses réseaux régionaux, ses collaborateurs, naturellement, ses amis…et les ambitions d’un homme grisé par le pouvoir.
  3. On nous a rapporté que ces dernières semaines, les Tiznitis se sont réveillés pour se regarder ébahis et s’étonner ensemble d’une présence inhabituelle et encombrante d’Africains du Sud, déposés de nuit ou aux aurores par des cars venus des villes du Nord. Ce sont des déplacés d’un genre nouveau, ballotés sans ménagement et dans l’anarchie de ville en ville pour rompre, défaire les concentrations toujours dangereuses dans les grandes villes du Nord et du Centre. On nettoie et on refoule vers les petits centres urbains et les petites villes. Une manne divine, pensent certains, pour les fermes des plaines du Souss, de Mast (Massa), de Sidi Bibi, Biougra, jusqu’à Oulad TaÏma (Houara, 44) vers Taroudant : il  y a de quoi embaucher dans les meilleures conditions de profit. Soulageons Tiznit, embauchez ces nouveaux arrivants mais veillez aux intérêts de la main d’œuvre locale et régionale. Ne semez pas le vent !
  4. Le 9-11-24, une rencontre a été organisée à Rabat à l’initiative de Tamaynout, l’association d’obédience amazighe la plus connue après l’AMREC, de concert avec l’association La voix de la femme amazighe; y avait été aussi associée la Coordination nationale des enseignants de la langue tamazight. On y rappela  l’état dégradé et quasi piteux de l’enseignement de l’amazighe (Nombre de postes alloués et couverture nationale ; exactions administratives et détournement des enseignants ; moyens didactiques et insertion pédagogique…), on y souligna avec force la régression qui semble comme une malédiction  en réduire progressivement l’importance, l’intérêt et l’impact sur les apprentissages de générations d’élèves marocains. On y appela à réexaminer les moyens de lutte contre la discrimination et l’injustice qui empêchent ou freinent les décisions et initiatives propres à assurer à l’identité amazighe sa promotion attendue et garantie politiquement et juridiquement mais on n’y dénonce pas toujours avec les –mots-qu’il-faut la ou les politique(s) des gouvernements successifs depuis au moins 15 ans. Les recommandations de la rencontre s’encombrent comme à l’accoutumée des ‘’effets’’ de style d’une langue conventionnelle,  langue de tous les registres, creuse et commune ; pour en rendre compte, résumons-les : « Pour  ‘’affiner’’, ‘’améliorer’’, ‘’reformuler’’ nos revendications, combattre toutes les formes de discrimination qui affectent l’amazighité en général, tirons profit de nos combats passés,  de nos  expériences accumulées et mettons ainsi en place de nouvelles formes de lutte ».

De son côté, le 26-11-24, la Coordination régionale des enseignants de l’amazighe (Rabat- Salé) a organisé au terme de la grève nationale menée le jour même une rencontre pour dénoncer « une fois de plus l’arbitraire, la marginalisation et le mépris dont souffre l’enseignement de la langue amazighe toujours minorée et reléguée au dernier rang après les langues arabe et française », accuse l’Education nationale d’avoir failli à ses engagements et rappelle aux politiques que l’amazighe est (jusqu’à nouvel ordre !) une  des deux langues constitutionnelles, officielles du Royaume du Maroc, annonce  de nouvelles formes de lutte, la situation actuelle risquant d’empirer et de se dégrader si une vraie politique, un plan d’action stratégique pour l’enseignement de l’amazighe  ne sont pas  mis en place.

Mais, faut –il aller jusqu’ à désespérer ? Il y aura toujours des militants de « la Cause amazighe » pour agir ou s’agiter mais en ordre dispersé ; ‘’les  politiques’’ catéchisés ont choisi leurs partis et, en bons soldats, ont quitté sur ordre leurs tranchées et déposé leurs armes ;  ‘’les associatifs’’ se démènent sans relâche, s’obstinant à espérer secouer (l’arganier), dénouer les inerties des responsables politiques,  psalmodiant leurs revendications telles  de tristes litanies; ‘’les officiels’’ se tuent à la tâche qu’on leur confie et signent des partenariats à deux mains; les francs-tireurs se sont faits rares ; on leur a barré le chemin de la politique : On ne constitue pas un parti politique sur des bases religieuses, ethniques ou régionales ; au Royaume, nous sommes tous musulmans, tous marocains,  la culture amazighe est un « patrimoine commun » comme l’est la langue qui la porte et la transmet. Le slogan, la devise, le crédo, l’unité dans la diversité empêche, interdit tout débat, toute appréhension d’une situation complexe que seules, l’histoire, la démocratie, l’idéologie politique peuvent autoriser à se réaliser.

 En tous cas, ce n’est pas par touches successives et superficielles, par des manifestations de circonstance, par des initiatives isolées et mal encadrées qu’on avancera sur les chemins escarpés de l’amazighité.

 Le moulin amazighe ‘’tourne’’ donc à son rythme, cou-ci cou-çà (comme on dit familièrement et généralement pour pas dire toute la vérité),  mais il tourne quand même, même si on peut craindre de se trouver un jour réduit et résigné à monter et descendre alimenter le moulin désespérément comme Maître Cornille de Les Lettres de mon moulin (A. Daudet).

L’écrivain public

الاخبار العاجلة
error: تحذير: المحتوى محمي