Bihi s’est toujours demandé à/en quoi tient le racisme, évertué à en comprendre les ressorts :
Pourquoi les hommes en sont arrivés à se haïr au point de vouloir s’exterminer, s’occire en
rivalisant des pires moyens? Il s’est alors intéressé à tout ce qui peut les séparer, les faire se
dresser les uns contre les autres : Les religions, les intérêts économiques, la géographie et ses
frontières, les cultures et les langues et puis il y a ces caractéristiques physiques, la couleur de
la peau, des yeux, des cheveux, la taille, le volume et la forme du nez etc., autant de facteurs
susceptibles de marquer des différences, générer divers antagonismes, susciter des sentiments
de supériorité, d’établir des hiérarchies de toutes sortes, autant de facteurs qui, en réalité,
toujours s’entrecroisent s’imbriquent. J’ai fini par comprendre que le racisme ce n’est pas une
pensée unique, mais une idéologie diversement théorisée ; l’appel de la race ce n’est qu’une
violence primaire ou organisée qui se cherche et se fait une logique, forge et codifie son
propre langage ; des raisons, la RACE en crée, des mots, elle en trouve et les vomit en de
puants crachats aux gueules de tous les métèques, de tous les métis, des hybrides, les plus au
moins naturellement colorés, des primitifs, des dominés vaincus, sauvages
colonisés…Chaque fois que, quelque part, un drapeau s’élève et flotte sur des tours, donjons,
murailles, menace les têtes, que le pouvoir d’un tyran qui s’autoproclame, engendre d’autres
petits tyrans, le racisme s’agite comme un poussin dans sa coquille, bout comme le magma
incandescent d’ardentes coulées en fusion.
Alors, Bihi dit qu’il ne faut pas chercher loin ni idéaliser le monde : Il y aura toujours du
racisme partout, tant que triomphera l’esprit obtus qui a encore de beaux jours devant lui, qui
ne voit que les différences : Les Imazighen sont des ladres invétérés, les Aroubias de sales
khammas incultes et puis il y a tous les autres, les… ; mêmes leurs idiomes sont différents, ils
ont plus d’affinités avec les parlers Béni Hilal, Béni Soulaïm et Béni Mâaquil qu’avec le
prestigieux héritage linguistique andalou. On voit bien que le racisme est difficile à combattre,
il s’insinue partout comme une eau sale, jusqu’à travers les plus fins interstices.










