Notre ami, l’un des chroniqueurs attitrés du 360 Journal, au prestigieux nom de Tahar B. s’acharne à nous signaler sans relâche son intérêt pour le Pays comme pour rappeler ses engagements de jeunesse. L’atteste ce texte du 15.01.24 : « La femme qui pleure ».
On ne peut qu’interroger cette obstination dont il nous donne si régulièrement la preuve, celle d’un fidèle au Pays qui ne veut pas, de toute évidence, se faire oublier. Il nous gratifie généreusement de ses chroniques in 360, qui ne laissent plus de doute sur leur (évidente) inconsistance pour ne pas dire une légèreté par moments déconcertante… et le genre n’y est pour rien : on peut bien condenser ses idées, exprimer une position sans tomber dans ce travers qui fait prendre des raccourcis et occulte des questions posées certains aspects théoriquement incontournables, sans mobiliser son imagination de conteur, chevaucher quelque anecdote ni surtout sans craindre d’avancer des approximations qui trahissent jusqu’à l’ignorance des sujets abordés.
Tahar est trop sensible pour aborder les choses sérieuses autrement que par le cœur et les émotions…et, cette fois, par les larmes d’une Fatema qu’il met en scène. Il nous a déjà fait le coup avec sa désormais célèbre chronique ou billet de Le Point relative « à l’incursion des barbares de Hamas » dans les territoires palestiniens sous occupation israélienne…Prompt à compatir sans raison et à se confesser sans façon!.

Fatema, la pauvre femme de ménage (dont il est ici question) sollicite Tahar, pourquoi ? On ne le saura pas ! Mais Fatema est désemparée, dépassée ; elle ne comprend rien à cette grève des enseignants qui s’étire et s’allonge; trois mois déjà, il y a de quoi non seulement réfréner les élans mais anéantir les résultats des efforts scolaires de son fils de 13 ans qui aime l’école et qui s’en trouve ainsi privé. Et Fatema n’a pas les moyens de payer une place au petit dans une école privée. Plus le temps passe, plus l’enfant s’ennuie et, livré à lui-même, perturbé, risque de découvrir un monde dont il a été jusqu’ici préservé.
Comme nombre de parents d’élèves, Fatema comprend et ne comprend pas : elle comprend que les enseignants aient bien le droit d’exiger une augmentation des salaires mais elle ne peut comprendre qu’ils sacrifient les enfants de pauvres en les privant de l’école pour une si longue période ; elle comprend d’autant moins qu’elle réduit les revendications des enseignants à leur seul volet matériel. Fatema ne sait pas tout (on peut le comprendre) et pense surtout, avant tout, (ce qui est légitime) à la scolarité de son fils.
Notre chroniqueur attitré n’est pas non plus à son niveau convaincu par cette grève et non plus ne comprend pas mais, ne connaissant pas le dossier, il s’interdit de prendre position…clairement.
Tahar est prudent mais, hélas, encore une fois maladroit en développant un discours d’une rigueur qui ne trompe personne, en se retranchant derrière une femme victime sans défense d’une grève qui pénalise son fils et derrière un ministre providentiel, « homme (réputé) raisonnable, rigoureux dans son travail, exigeant en tant que ministre et citoyen », un ministre qui « fermement » défend ses décisions et ses actions qui toutes reposent sur le même principe : La grève oui mais pas aux dépens des élèves…Un ministre qui n’a pas pu ni su concilier deux droits, celui des enseignants et celui des élèves.
Tahar a pour lui le cœur et la raison, Fatema et le Ministre, l’éthos et le pathos.
Ne connaissant pas le dossier, Tahar s’impose donc de ne pas prendre position mais il fait trop confiance au ministre en charge de l’Education nationale pour ne pas s’aligner sur la sienne : « La grève est un droit. L’abus de la grève n’est pas un droit ».
Cédant encore une fois à un élan du cœur, Si Tahar –pour conclure — prie les enseignants de penser à Fatema, l’héroïne de la chronique et, à travers elle, à tous les parents de ses milliers d’enfants privés de l’école…
Est-il- écrit que cet appel à la raison mette –comme par on ne sait quel sortilège bienveillant—fin à un bras de fer qui n’a que trop duré ?
L’écrivain public Bihi










