On a déjà écrit l’essentiel sur les rapports du pouvoir politique (et ses exigences attendues) aux revendications de la militance amazighe (et ses attentes), en substance, la reconnaissance et la promotion d’une langue pendant des siècles dominée et minorée et d’une culture en perpétuelle résistance, abandonnée à elle-même. Ce fut sans passion et avec la circonspection d’usage, au moyen de mots mesurés mais justes, jamais excessifs ou agressifs ; Des mots qui remontent, en réalité, aux années 80, endeuillés des années, attendant pour resurgir le début des années 2000, l’éclaircie politique de l’aube d’un règne.
Et si l’on envisageait la question essentiellement du côté des militants associatifs traditionnels sans écarter ou oublier tous ceux qui pour diverses raisons ont rejoint les rangs !! Ce ne sera pas sans prendre le risque d’irriter, froisser car plus on tentera de résumer une situation plus aisément les propos seront interprétables.
Et pour s’adresser à tous, paraphrasons ce mot devenu célèbre du militant syndicaliste brésilien, Chico Mendès, figure de proue de la lutte contre la déforestation de l’Amazonie : « Ecologia sem luta de classes é jardinagem » ; il deviendra plus simplement : L’écologie sans politique c’est du jardinage. On écrira alors –ce qui risque de faussement résonner dans les nefs des chapelles—que l’affirmation d’une identité nationale, les combats pour la reconnaissance et la promotion d’une langue et d’une culture longtemps ignorées, méprisées, domestiquées et de diverses manières exploitées ne sauraient être sans une véritable prise de conscience des enjeux politiques.

Des militants amazighes qui ne cessent de s’agiter, de dénoncer d’évidentes défaillances et les sombres reniements du pouvoir politique, atermoiements et tergiversations… qui ne cessent de lui rappeler mezzo voce ses divers engagements et ses propres lois, la multitude a l’habit bigarré : Il est ceux, toujours les mêmes, qui tiennent la rampe en attendant la tribune, qui aiment la scène et s’impatientent aux travées, il y a ceux qui prêtent allégeance aux chefs des partis politiques, il y a ceux qui veulent jouer dans la cour des Grands et embrasser le Monde, il y a ceux encore nombreux qui croient que rien n’est encore perdu pour la démocratie, pour qui, la lutte doit continuer, ceux qui comptent les points gagnés et se détourent des perdus; tactiques et stratégie se mêlent et s’entremêlent : aux responsables de l’Ircam, on ne peut rien reprocher ; ils ne peuvent sortir de leur réserve et s’en tiennent à leur rôle assumé. Les autres instances annoncées demeurent sans instance : Lisez le Rapport de Groupe de travail de la 2ième chambre, relatif à la politique linguistique au Maroc (juillet 2024) : Un chef d’œuvre de la compilation.
Il y a aussi, hélas !–ne nous les oublions pas—d’autres Imazighen qui ont de la situation une autre analyse, une autre vision et prennent le parti du silence et de l’ombre. Le tort qu’on peut leur faire équivaut, sans doute, à leur raison.
Ceux-ci s’obstinent toujours à croire que l’engagement pour une réelle promotion de la langue et de la culture amazighes, pour une véritable politique linguistique nationale où l’amazighe tiendrait toute sa place a besoin d’une base politique indépendante et libre, loin de tout larmoiement, de tout acoquinement ou alignement.
L’écrivain public









