مستجدات

La parol( col) portée ou le bêtisier du crétin Bihi

طاقم ALLNEWS11 ديسمبر 2023
La parol( col) portée ou le bêtisier du crétin Bihi

                          

Un porte–parole comme un porte-voix, et tous les autres supports qui portent(bagage/serviette/manteau/enseigne/drapeau) ne peut que s’assujettir à sa fonction qui est celle de porter dès qu’il y a quelque chose à simplement porter ou sus-porter, par exemple et, en l’occurrence, une parole politique à ébruiter.

Un porte-parole porte comme un joug d’encolure relié à une chaîne d’attelage, la parole des autres, la parole de l’emploi qu’il est sommé(e) de porter, transmettre, ‘’faire passer, faire suivre’’; toute cette rhétorique pour dire simplement qu’un porte-parole n’a pas la parole libre : N’est donc pas porte-parole qui veut ; ce qui n’exclut pas l’ascension fulgurante de quelque petit génie surgi de nulle part ou sorti d’un giron bien douillet –ça dépend !- Les caisses de résonnance , il y en a de toutes les tailles, de toutes les couleurs ! La politique, c’est un peu comme à Achoura, à chacun sa derbouka, les airs demeurant pour tous les mêmes.

Mustapha Baïtas (désormais, MB), le porte-parole du gouvernement Akhenouch est un jeune loup du RNI ; bachelier à 18 ans, il entre modestement et de plain-pied dans l’enseignement, y ‘’croupit’’(dit-on) dans sa région natale pendant huit longues années ; il faut avoir éprouvé l’école rurale ou semi-rurale pour apprécier l’abnégation, mesurer la loyauté de l’enfant du pays à l’égard de tamazirt (tamurt, ailleurs), l’attachement de l’enfant du bled devenu instituteur à son patelin d’Ifni, un cul-de-sac, à la lisière de la grande, très Grande tribu des Aït Baâmran. Il découvrira les études supérieures après, des études écourtées, paraît-il, inachevées  pour des raisons que Bihi ignore.

Mais, n’oublions pas nos chameaux, pardon, revenons à nos dromadaires ! Nos pachydermes n’ont qu’une bosse, c’est déjà ça et c’est distinctif.

Pourquoi MB s’impose-t-il aujourd’hui au bêtisier du crétin Bihi ? Simple !! MB sait répondre à toutes les questions même les plus difficiles, les plus sensibles, les plus complexes ; c’est un fonceur, né pour l’emploi mais ne nous méprenons pas, le métier ça s’apprend, même si ça se construit sur les dispositions de l’acquis, autrement dit naturelles. La langue quand elle est de bois, quoiqu’ankylosée de routines, les stratégies de communication qui font foi, s’ingurgitent bien et  même ‘’se savourent’’ en se s’entrecroisant vite ; il suffit d’être un brin doué et un crin ambitieux.

 Le jeudi 24/11/2023 (cf. compte rendu in Hespress), MB a déclaré au cours d’un point de presse, à l’issue du conseil hebdomadaire du gouvernement que, au cours de ces deux dernières années, le gouvernement RNIPAMI a entrepris d’importantes actions et initiatives au profit de la promotion de l’amazighe qui aussi, « de même,  constitue une langue officielle de l’Etat en tant que patrimoine commun à tous les Marocains sans exception » (Article 05 de la Nouvelle Constitution du Royaume du Maroc-2011; cf. 7ième édition 2021, p.12)

 En bon élève, MB a rappelé (ce que tout le monde sait déjà), que ce chantier, (Entendons la promotion légiférée de l’amazighe après son officialisation) est un engagement constitutionnel fondé sur les hautes directives et la volonté royales et ajoute que le gouvernement ‘’s’affaire’’ de « façon progressive » (autrement dit comme il peut et à son rythme) pour promouvoir la langue amazighe à tous les niveaux. Il faut avoir du métier et pas seulement des idées,  savoir mettre son ouvrage sur le métier opportunément, habilement, judicieusement. So, don’t worry ! don’t harry !

 De toute évidence, MB ne domine pas sa matière et des pièces manquent à son dossier ou échappent à son entendement. Bihi aurait sûrement mieux plaidé que lui mais Bihi plaide pour d’autres causes désertées et orphelines. Baïtas ! Pourquoi  t’égosiller à ‘’étaler’’ cette si maigre et indigente récolte d’un champ longtemps, très longtemps laissé en friche, t’évertuer à défendre  un menu bilan fait de petits-bric et menus-broc? Bihi bien informé aurait pu te souffler quelques mots comme au théâtre, discrètement pour sauver une face qui ne rougit pas.

Baïtas ! Non seulement tu as fait figure d’un piètre avocat (de ton gouvernement), montré, en l’espèce, tes lacunes en ta qualité de porte-parole mais, apparemment (selon les sources de Bihi), tu as commis une énorme et impardonnable omission ou pris un dangereux raccourci. Sur la situation de l’enseignement de l’amazighe, tu n’avais apparemment rien ou peu de chose à dire.

Bihi n’a pas écouté Baïtas mais il a pris la mauvaise habitude et il a la candeur de faire confiance aux seules sources auxquelles il a accès surtout si elles sont réputées accréditées, même si moyennement polies et sans apparente aspérité.

Or, rien n’augure de bon en ce domaine de l’enseignement de l’amazighe et plus généralement pour la promotion de cette langue aux récentes noces, promotion souvent annoncée et toujours attendue; les promesses se multiplient, les discours flambent, les promesses s’effilochent, les espoirs reculent, s’amenuisent, les lueurs s’estompent…Les faits, eux, sont têtus et ne savent se taire même quand on décide de les occulter et réduire par divers moyens et stratagèmes au silence.

Bihi a visité, en cette année 2023 une vingtaine d’écoles rurales à 20/30 kms d’une ville impériale. Affligeant, désolant spectacle ; on découvre un autre monde, d’autres visages, des misères d’école, une enfance condamnée à lutter pour apprendre dans des conditions à peine croyables, des parents atterrés, vaincus et qui n’espèrent plus rien de l’école ou si peu, que les enfants sauront lire en arabe et en français et pourront compter sans indéfiniment additionner. Bihi a presque honte de leur demander si on enseignait l’amazighe dans ces écoles perdues des villages parfois enclavés du pré-Rif, dans ces tristes et pauvres salles de classe  où de nombreux et nombreuses enseignant(e)s, des centaines d’enfants affrontent avec un rare courage et une innocente rage  les premiers apprentissages. Ces femmes et ces hommes, « ces piliers de la maison et du pays »,  sont simplement admirables et méritent toutes nos louanges et notre reconnaissance, ces filles et ces garçons, ces ruraux de naissance,  cette innocence incarnée, injustement traitée et sacrifiée ont besoin qu’on les défende en dénonçant les inégalités scolaires et éducatives dont ils/elles souffrent et qui s’ajoutent aux difficultés sociales liées à la précarité et à la pauvreté.

Mais revenons à nos dromadaires.

De toute évidence, Baïtas ne domine pas sa matière et des pièces manquent à son dossier. Sans doute, se trouve-t-on presque contraint de lui en rappeler quelques éléments sans lesquels on ne peut évaluer objectivement les progrès et ‘’progressions’’ (« des sauts », de surcroît, « qualitatifs » en arabe) réalisés dans ce domaine de la promotion de la langue et de la culture amazighes depuis le discours royal d’Ajdir du 17/10/2001 (il y a donc un peu plus de deux décennies), de le convier à revoir ses notes pour situer et enchaîner des évènements aussi marquants que le création de l’IRCAM, l’officialisation de l’alphabet tifinaghe, la constitutionnalisation  de l’amazighe,  le lancement dans l’euphorie des débuts de fête de l’enseignement de la langue amazighe, l’enthousiasme effréné dont à l’époque ont fait montre des militants associatifs convertis en maîtres d’œuvre. On confectionne des manuels, on forme des enseignants tout à la hâte, on lance la machine (Bihi se retient de dire comment et dans quelles conditions). En tout cas, L’IRCAM et le ministère de l’Education nationale multiplièrent les contacts et s’organisèrent pour ‘’battre la campagne’’.

Mais, restait l’essentiel, la constitutionnalisation n’ayant pas vraiment servi de bouclier juridique qu’espéraient les militants et intellectuels amazighes…Restait la fameuse Loi organique, les textes qui doivent  donner corps et âme aux dispositions prévues par la Constitution 2011. La Loi 26-16 qui devait être adoptée avant Septembre 2016 ne sera présentée au parlement par le gouvernement du tonitruant Benkirane qu’une semaine avant la fin de son mandat, ‘’en bout de course’’; des mois durant gelée pour des raisons idéologiques et calculs politiques évidents, elle a été finalement soumise pour une  seconde et dernière lecture au parlement qui l’a unanimement votée  le 26/7/2019, dans les conditions que Baïtas ne peut ignorer; elle sera publiée au BO du26/09/2019.

Bihi sait que Baïtas sait mais Bihi dit ce que Baïtas ne dit pas…

Bihi dit que rien ne va comme il l’entend pour la langue et la culture amazighes, laissées l’une aux lois inexorables des fonctionnements sociolinguistiques, l’autre aux caprices insidieux et au bon vouloir des décideurs de tout poil, aux politiques de toutes les obédiences, à quelques francs-tireurs aussi…Bihi dit que la dynamique à peine amorcée dans l’euphorie générale, la fausse confiance partagée de la réconciliation, portée par une candeur simulée se trouve contrariée, réfrénée puis aujourd’hui quasi bloquée,  nourrie au biberon de la politique au lieu de téter au sein maternel.

Bihi n’a pas la présomption d’établir un bilan général de l’application des Textes de loi relatifs à la promotion de l’amazighe et s’impose un choix, un domaine des plus cruciaux, celui, sans doute, le plus déterminant pour l’avenir de la langue amazighe et  que El Haj Baïtas semble avoir contourné ce jour-là du 24/11/23 : Que dire aujourd’hui de la situation de l’enseignement de l’amazighe dans les écoles du Royaume, enseignement lancé tambour battant et rageant dès la rentrée 2003 ? Bihi n’a pas l’habitude de tirer dans l’air ; alors,  lui, il a pris les pistes des écoles rurales, est entré dans ces écoles, discuté  longuement avec les institutrices et instituteurs, partagé parfois avec eux/elles le couscous du Vendredi : « Il y a de quoi s’asseoir et pleurer » m’a dit l’un d’eux  un jour pour décrire simplement la situation de ces militant(e)s, ces combattant(e)s de l’enseignement public rural…Pour l’instituteur Baïtas, la nostalgie n’est plus ce qu’elle était… Devant des conditions de travail aussi dégradées, Bihi n’a que timidement évoqué la question de l’enseignement de l’amazighe. Face au spectacle affligeant du confinement de la misère scolaire, il n’a pas cru opportun d’insister.

Bihi n’a pas non plus la présomption d’analyser cette situation, il ne peut s’empêcher toutefois de souligner ce fossé toujours béant entre le discours, les gesticulations politiques d’un côté et de l’autre les faits, les témoignages des acteurs de terrain, d’observer que l’enseignement de l’amazighe –sans être réduit à une peau de chèvre chagrine, immolée au pied d’un arganier épineux ou abandonné au hasard des escarpements et au triste spectacle de rurales classes-taudis—a accumulé des retards tels qu’il est vraiment temps de s’arrêter aux forces d’inertie, aux pesanteurs politiques qui finiront par l’étouffer ou, pour le   moins pire, lui aménager des lucarnes pour respirer et entretenir l’illusion du jour. L’étendue de la tâche, ses difficultés objectives et subjectives ne suffisent pas à expliquer cette situation dominée et orientée par des considérations politiques, n’en déplaise à Baïtas qui sait mais ne dit, ne peut dire.

Les calendes grecques ne gênent jamais les pouvoirs quand ils ont le beau rôle, ce qui, leur arrive très souvent. L’IRCAM, « le nouveau mausolée amazighe » (« zaouit »), selon le mot d’un sage vétéran de la militance amazighe qui n’est plus, s’est rapidement mué–  et depuis l’adoption ‘’âprement’’ débattue pour finir ‘’concoctée’’ de l’alphabet tifinaghe et le gel de son CA— en une structure étroite qu’on continue d’enserrer au risque de l’étouffer… Mais, l’Institut  a pour lui l’alibi juridique : Son recteur inamovible est nommé par Dahir royal et il demeure une institution consultative ie sans réel pouvoir de décision…. Mais l’Institut ne peut échapper au grief de « l’art du possible » et  du « mieux que rien »,  de « le plus avant le mieux ». Le politique serait-il loin ? On sait, tout le monde sait que la pieuvre politique expédie ses tentacules loin sur des aires inexplorées pour s’en ‘’saisir’’ et avancer. Tout le monde sait que les incidences réelles et les retombées pratiques d’une politique mettent souvent du temps à apparaître, que les prophètes comme les pythies ne sont jamais infaillibles, la preuve c’est qu’ils continuent à générer les pires carnages…Aussi, faut-il toujours garder à l’esprit quand on s’engage en politique que ‘’le bâton n’est jamais loin des carottes’’ et que dans ce domaine on ne s’aventure pas si l’on n’a pas l’esprit de la confrérie; ce n’est, bien entendu, qu’une-figure-de-style-par- imitation, une simple hypotypose. Qu’on n’accuse pas Bihi de quelque intention pernicieuse !

Mais, le pragmatisme politique, appréhende Bihi, peut triompher en certaines circonstances et à l’avantage d’une conjoncture donnée. Il  ne rechigne pas à faire passer les bonnes choses, les choses positives avant les mauvaises (ou les moins bonnes) et les négatives.

Bihi n’apprend, bien évidemment, rien à Baïtas mais le convie à écouter ces voix qui  s’élèvent et se font écho. A bien considérer les choses, à bien observer les faits, il n’est ni inopportun ni aventureux de dire que  la dynamique attendue pour la promotion du berbère a été plus sournoisement qu’ouvertement contrariée depuis presque une vingtaine d’années, s’est heurtée à des obstacles d’ordre politique et idéologique évidents mais Bihi ne veut pas trop creuser le sillon, la graine est trop enfouie, il choisit de ne pas multiplier les données et les témoignages les plus divers, rappeler, rapporter les tentatives et initiatives des associatifs amazighes pour/de donner à leur combat une couverture politique. Si Hmad a été enterré avec son projet politique à Aglou, chez lui, dans une région qui fait sûrement partie de la géographie affective de Si Mstafa.

 …Deux voix, pour l’exemple,  qui s’élèvent chacune à sa hauteur mais se font écho….Bihi se contente ici  de citer donc seulement pour l’exemple  Ahmed Hettous (un militant ‘’éclairé, prolixe mais aux positions mesurées’’) qui appelait « les militants du mouvement culturel amazighe comme son élite à une autocritique salutaire afin de sauver ce qu’il y a encore à sauver et redresser ce qui mérite encore d’être redressé » (Intervention du 15/4/22 lors de la rencontre organisée par le Réseau Amazighe pour la Citoyenneté : Azetta Amazighe). Bihi tient aussi dans le même sens à rapporter ici la position du recteur de l’IRCAM, militant de la première heure de la Cause amazighe et sociolinguiste averti qui ne désespérait pas, en dépit des atermoiements, tergiversations et attaques des détracteurs de la Cause amazighe, de voir émerger « un leadership au sein du groupe…à même de créer les conditions d’un investissement des institutions communautaires »; il savait déjà , pourtant que «  le mouvement associatif pein[ait]  [réellement] à s’affirmer » (Assinag : 2009, ; p.26) pour diverses raisons et que, pour ces mêmes raisons, la masse des Imazighen, ruraux et montagnards ou citadins déclassés, socialement marginalisés ne se sent pas impliquée dans cette lutte pour les seuls droits linguistiques et culturels (ainsi) isolés comme  l’est l’élite urbaine intellectuelle. Ces Imazighen-là n’ont de rapports qu’avec les acteurs locaux, les associatifs organiques, les représentants du Makhzen et épisodiquement avec des députés en rupture de confiance ; ces Imazighen-là ont d’autres préoccupations et d’autres soucis plus directement liés à leurs conditions d’existence et sont d’abord sensibles aux injustices politiques et aux discriminations de la relégation sociale.

Les deux voix se font écho mais se croisent : l’appel à l’autocritique portée par l’une ne semble pas  concerner la projection de l’autre…comme quoi on peut bien parler de la même chose  sans parler d’une même chose  et inversement…

Bihi n’apprend, bien sûr, rien à Baïtas mais le convie à lire ou écouter les militants amazighes, non pas les ‘’déçus-aigris, les défaitistes, les gauchistes d’hier et d’aujourd’hui, les radicaux de tout bord, les pionniers oubliés, les anciens combattants abattus’’ mais cette partie de l’élite du mouvement amazighe à qui incombe aujourd’hui, au moins en partie,  la responsabilité d’agir pour acculer le pouvoir et dénoncer les forces d’inertie qui le paralysent,  rétrécissent ses marges de manœuvre et l’empêchent d’honorer ses engagements dont le plus important est précisément d’assurer à l’enseignement de l’amazighe les conditions nécessaires à sa mise en place, pour sa progression et  son élargissement  à tous les cycles primaire, collégial et secondaire.

Baïtas ne peut pas ignorer que le ministère de l’Education Nationale n’a récemment alloué à l’échelle nationale à l’enseignement de la langue amazighe au niveau du Primaire (4 535 919 élèves en 2019/2020, Le Maroc en chiffres, HCP, 2021) que 600 postes budgétaires soumis au concours d’admission aux centres de formation Centres régionaux  de métiers de l’éducation et de la formation (CRMEF), qu’à ce rythme, son extension programmée à l’horizon 2030, limitée aux seules classes de ce cycle est une fiction au 3ième degré, une illusion, que 400 postes ont été supprimés si l’on tient compte de l’engagement du Ministère sur 1000 postes  annuels à partir de  la rentrée 2022/2023. La preuve est donnée encore une fois de l’ignorance qui ‘’sévit’’ dans les cabinets du Ministère qui n’évaluent pas à ses justes limites l’ampleur de la tâche, méprisent et piétinent principes et engagements et  font fi des termes de la Constitution, des dispositions de la loi organique 26-16. Les lois de finances 22/24 et le financement des applications et dispositions de la Loi organique 16.26, le transfert des compétences et la mise en place, la gestion de la « caisse » spéciale amazighe : C’est aussi par rapport à ces questions que Baïtas aurait dû souligner les « avancées » réalisées par le gouvernement Akhnouch dans le domaine de la promotion de l’amazighe.

Bihi ne déterrera pas à lui seul la graine de l’enseignement de l’amazighe mais tient à rappeler à Baïtas que la vérité finit toujours par éclater un jour; gare alors à celui qu’elle éclabousse, lui rappeler que Benmoussa, son/notre Ministre de l’Education, lui, qui a bien vu et prestement compris, n’a pas manqué de mettre ses troupes en ordre de bataille, leste et agile (comme un jeune et déjà un peu vieux félin) en s’alignant sur la position éminemment positive du Monarque décrétant l’Année amazighe. D’après Hespress (26/5/2023), le Ministre qui semble émerger d’un profond sommeil ou plus légèrement secoué de sa torpeur a annoncé à cette date un plan d’action qui reprend des engagements ‘’surannés’’.

De telles gesticulations ne sont possibles (et Baïtas le sait !) que parce que « le mouvement amazighe », mal nommé demeure divisé et mal encadré ; il perd ses repères dans cette fracture qui sépare un Institut sous tutelle et une mosaïque d’associations relayée par une élite elle-même divisée, composée en simplifiant de modérés pragmatiques, de radicaux politiques et naturellement de quelques opportunistes à l’affût, composée, pour faire encore moins court, de ceux qui croient qu’on peut encore faire confiance au pouvoir et ceux qui ont la profonde conviction que les droits linguistiques et culturels amazighes procèdent naturellement du domaine politique et, dépendant des rapports de force des protagonistes, ne peuvent être dissociés d’autres droits économiques sociaux spécifiques et communs à toute la communauté nationale. Cette dernière tendance s’inscrit par tradition et vocation dans le cadre d’une plus large opposition à un pouvoir dont la formation sociale,  les choix idéologiques et les options politiques ne doivent,  à aucun moment ou sous   quelque prétexte, être écartés de l’analyse.

Pour illustrer une telle situation et rafraîchir une mémoire oublieuse, Bihi reprend ici ce qui en son temps (moins d’une année) peut inquiéter et aujourd’hui sans frapper renoue avec l’actualité ; Bihi avait  alors noté : « Encore récemment, un communiqué du comité d’organisation (du 16/3/22) dénonce le refus opposé par les Autorités locales de Sidi Ifni, précisément du fief de El Haj Baïtas à la tenue d’une rencontre pour un congrès national amazighe prévue pour le 25-27/3/22, période annoncée de son côté pour son 10ième congrès international par la désormais officielle Association Mondiale Amazighe (AMA) de Si Rachid R. (cf. Al Alam Al Amazighi de Amina B., n°254, 03/22) attendu à Ouarzazat où il tiendra ses assises, probablement  entouré par les soins des Autorités locales ».

Baïtas doit donc revoir sa copie pour espérer une note moins honorable à l’oral amazighe et pour s’abaisser à ‘’deviser’’ avec plus de circonspection sur la question de l’intégration de l’amazighe  dans les différents appareils d’Etat et services sociaux, à s’entretenir avec moins de légèreté sur des défis  dont l’importance et la gravité ne se mesureront qu’à la tâche.

Quant  à son intégration au système scolaire voici quelques indications.

Les réponses à trois questions détermineront fortement l’enseignement de l’amazighe au Maroc et pèseront lourdement et de façon décisive sur son avenir : a- Existe-t-il une véritable politique linguistique au Maroc ? Comment s’y intègre réellement et de façon politiquement soutenue l’amazighe ? b- Dans quelle mesure et, sous quelles conditions, la revitalisation  et la promotion d’une langue comme l’amazighe sont-elles possibles ? Une connaissance exhaustive du terrain, des réalités linguistiques locales et régionales est incontournable. c- Sans une approche didactique pédagogique réfléchie,  appropriée et encadrée, l’enseignement de l’amazighe ne risquerait-il de s’enliser dans des pratiques stériles  et s’enferrer  dans postures suffisantes? La communauté des chercheurs comme des enseignants doit être assurée d’une liberté de réflexion et d’action qui leur permet(te) d’imposer leurs vues, choix et décisions pour tout ce qui relève de leurs domaines de compétence.

Pour une vision globale et dans le cadre plus général d’une politique linguistique nationale, l’aménagement de l’amazighe, le processus de sa revitalisation et de sa promotion exigent donc que soient engagés un certain nombre de principes politiques et de compétences techniques et soient réalisées, de ce fait, les conditions d’une écologie favorable fondée sur une analyse aussi exhaustive et objective que possible des enjeux et défis ie loin des préjugés et des passions des uns comme des autres, défenseurs et détracteurs de la Cause amazighe.

                                            L’écrivain public Bihi

اترك تعليق

لن يتم نشر عنوان بريدك الإلكتروني. الحقول الإلزامية مشار إليها بـ *


الاخبار العاجلة