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L’actualité selon Bihi (Mars 2025)

طاقم ALLNEWS24 مارس 2025
L’actualité selon Bihi (Mars 2025)

 

Trois mots et trois suffixes pour  faire l’actualité : géno+cide; trump+isme et amazigh+ité.

Difficile et révélateur est le choix  de quelques évènements pour risquer de monter une revue de presse qui réponde aux attentes et intérêts si divers, politiques, idéologiques, culturels du plus grand nombre de lecteurs potentiels. Mais, une revue de presse  suppose toujours une sélection de certains faits dans les vagues des évènements qui se bousculent et mugissent pour accaparer l’actualité, répercutés par les moyens de communication de masse ou élitistes avec des accents divers et commentés à partir de points de vue rarement convergents…c’est bien le propre d’un journal ou d’une Chaîne de Tv d’avoir, pour l’un, sa ligne éditoriale, pour l’autre son orientation idéologico-politique.

Bihi vous livre ici sa revue de presse dont vous avez, bien entendu, toute la latitude de détourner le regard.

1) Israël a rompu le cessez-le feu qui, depuis le 19 Janvier, l’engageait  à cesser de pilonner une terre déjà profondément meurtrie; l’espoir était immense de voir l’arsenal militaire hébreu  épargner une population civile abandonnée, oubliée, sacrifiée, aux abois depuis des mois et des mois, de voir les chefs de guerre israéliens reconsidérer la situation désastreuse de tout un peuple déshumanisé sur le lequel s’acharne leur machine de guerre infernale. C’est aussi une opportunité et autant de temps accordé aux Présidents et aux Monarques  du monde pour trouver le/les moyen(s) d’arrêter l’extermination programmée de toute une population,  de changer le cours de l’histoire en condamnant ouvertement Israël et rétablissant les droits historiques des Palestiniens sur leurs terres. Ghazza est réduite à un champ de ruines, ses habitants ont subi et subissent les pires atrocités, ont affronté et affrontent les pires  conditions auxquelles peut être soumis des êtres humains, des êtres vivants… Ghazza ce n’est pas seulement un affrontement sanglant entre deux belligérants aux forces, sans conteste, inégales, entre un Etat conquérant et expansionniste lourdement armé et des groupes de résistance assiégés depuis des années, c’est une page noire de l’Histoire d’un monde, une défaite d’un monde acculé à regarder impuissant et froidement commenter un massacre, un carnage, un véritable génocide.

La nuit du 17/18 Mars, avant l’aube, ce fut, en fait, encore, l’horreur, un vrai cauchemar pour les Ghazaouis qui commençaient à peine à respirer et, peut-être, à espérer un peu. Israël a repris ses bombardements sur Ghazza, des frappes aveugles d’une rare intensité sur les 360 kms de la bande de Ghazza qui, bien sûr, n’ont pas épargné les civils; plus de 450 victimes (bilan tout provisoire), enfants, femmes, vieillards, handicapés, blessés ont péri déchiquetés ou ensevelis sous les décombres, surpris en plein sommeil  ou réveillés pour le shour du Ramadan, le repas d’avant le fjer. Difficile et inutile de compter les blessés graves dont on est réduit d’assister l’agonie. L’objectif ne faisait pas de doute : Dévaster Ghazza, affamer Ghazza en la privant de toute aide extérieure, écraser tout ce qui bouge à Ghazza. Des ruines de Ghazza et de la dernière goutte du sang palestinien dépend la sécurité d’Israël. Simple et claire, la logique sioniste du gouvernement Nétanyahu.

Le sinistrissime Nétanyahu et son cabinet de guerre ont, à n’en pas douter, agi avec la bénédiction de leur maître américain, avec -comme on a coutume de dire-, le feu vert d’un certain Trump dont la générosité à l’égard d’Israël peut paraître déraisonnable et inopportune : Il a bien alimenté en quantités conséquentes tout récemment l’aviation israélienne de bombes d’un certain poids.  Israéliens et américains ne croient qu’à la force et au rapport des forces; la force finit toujours par faire plier toutes les échines mêmes les plus droites, baisser les têtes les plus fières, les plus dignes. Comme dit un proverbe de chez nous : « Au lieu de s’épuiser à déloger les punaises, brûlons le meuble »; en d’autres termes, procédons sans remords et sans pitié au génocide défini simplement comme l’éradication (totale) d’une espèce par tous les moyens adéquats ou simplement possibles. Les Palestiniens de Ghazza n’ont qu’à dégager, faire leurs balluchons et demander l’asile à leurs proches cousins comme eux arabes et musulmans; les frontières ne sont pas loin et ils ne risquent pas d’être dépaysés. Ils  s’en iront/iraient de force ou de gré ; on nourrit déjà pour la bande de Ghazza d’autres  ambitions, on lui promet comme à tous ceux/celles parmi les indigènes, autochtones qui veulent rester, un avenir des plus radieux, ensoleillé le jour et illuminé la nuit , toute l’année.

« La raison du plus fort est toujours la meilleure » : Pauvre agneau qui n’a que son innocence à opposer au loup affamé ! L’individu porte toujours une part de l’héritage de la famille, de la tribu, de l’espèce pour laquelle il paie un tribut.

Pour ‘’justifier’’ leurs actes criminels, cette agression sauvage et inhumaine, ce piège digne d’une armée d’un autre temps, d’un Etat sans morale et hors-la loi, les sionistes qui tiennent Israël invoquent, en fait, des raisons qui ne trompent personne même les esprits les plus crédules : Hamas refuse de libérer les otages, avance-t-on, (Quels otages et dans quelles conditions et selon quels termes d’échange ?); il faudra préciser : libérer les otages israéliens aux conditions de l’ennemi. Par ailleurs, Hamas, déclare-t-on aussi officiellement, est en train de reconstituer ses forces et  se prépare pour lancer une offensive sur Israël.

Faut-il rappeler la position initiale et inchangée de l’Etat hébreu, de son gouvernement actuel : Il faut (C’est le moment ou jamais) vider Ghazza de ses habitants, administrer Ghazza, éradiquer le Hamas; seules conditions pour assurer sur la durée la sécurité  du pays. Position partagée et soutenue sans condition ni limite par les Américains, Démocrates et Républicains confondus.  La logique est implacable et le syllogisme est toujours logique : Ecrasons Hamas mais Hamas est dans Ghazza alors rasons, labourons Ghazza…Et le Monde Libre alors ? Celui-ci observe, écoute et des protagonistes  faux et pleutres, faux et hypocrites, faux et couards rivalisent manient des tirades littéraires qui confinent aux exercices de style des classes de rhétorique… Et l’Europe d’évaluer l’étendue de ses illusions, de prendre la mesure  de ses faiblesses militaires, politiques, diplomatiques et d’entrevoir les effets des menaces d’un nouvel ordre économique mondial en gestation ; ne lui reste qu’à reconnaître  l’impuissance à laquelle les institutions internationales  se trouvent de plus en plus clairement confrontées, les limites que lui impose sur le terrain des opérations militaires, la puissance des armes. Un nouvel ordre du monde, une nouvelle articulation des hégémonies se mettent en place.

Que reste–t-il (après Dieu !) à Hamas, à Ghazza, à la Cisjordanie, aux Palestiniens en général, ceux qui meurent comme des chiens sous les bombes et ceux livrés aux exactions, abandonnés aux agressions innommables des colons protégés par l’armée? Peu de choses, en réalité. Encore récemment, après la reprise de bombardements d’une grande intensité et envergure sur Ghazza, Hamas appelle le Conseil de Sécurité de l’ONU  à se réunir d’urgence pour arrêter le déchaînement, l’acharnement des forces israéliennes sur une population civile affamée, épuisée, sans défense et pour condamner Israël qui s’est engouffré dans une voie sans issue, fondée sur la seule force des armes et réfractaire aux principes du Droit international…Hamas peut attendre …quand, pour tout Palestinien de Ghazza, attendre signifie mourir chaque jour un peu, regarder, impuissant, un des siens agoniser à même le sol,  le regard éteint et la face tournée vers la Mecque,  se tuer à creuser et arracher aux décombres  des corps et des visages à peine reconnaissables…implorer le Ciel et revigorer sa foi pour mieux supporter un sort réservé aux damnés sur la terre.

2) D. Trump (encore lui) garde le doigt sur la gâchette et tire dans tous les sens. Après avoir ciblé la Recherche, les Médias, il tire sur la Culture visant indirectement (à travers l’IMLS) les bibliothèques publiques et les musées, toujours avec les mêmes armes ou plutôt avec la seule arme qu’il manie avec la dextérité et l’art d’un tireur d’élite : couper les financements.

En effet, le 14 Mars dernier, il bloque par un décret exécutif le financement de 7 Agences fédérales jugées inutiles dont l’Institute of Museum and Library Services, principale source d’aide fédérale aux bibliothèques et musées des USA. En effet, L’IMLS subventionne chaque année 125 000 bibliothèques à travers le pays.

En quoi cela intéresse-t-il Bihi ? Ne le lui demandez pas, il ne saura pas vous répondre ; il  vous rétorquera simplement : c’est bien sa revue de presse ! Alors ?

Le profil de l’Homme se précise, en tout cas, de jour en jour. Un ami dangereux, versatile, dédaigneux, sniper à ses heures, prédateur à l’affût (il n’aime pas les faibles !) ; il est imprévisible (il a l’instinct d’un animal et la raison des crocs, du plus fort) ; C’est un cynique calculateur. Plus près d’un phacochère que d’une panthère.

 C’est Bihi qui vous le dit. Alors, il y a de quoi chercher à assurer ses arrières : Trop de confiance nuit à la confiance. Win-win ou win-wile !

3-1. Relativement à l’actualité amazighe (puisque l’amazighité continue à être chez nous une QUESTION, un SUJET), Bihi relève d’abord les réactions de certains milieux militants amazighes, suscitées par la commémoration de ce qui est désormais (depuis Avril 1980) connu sous la dénomination de le printemps amazighe (tafsut n Imazighen). Il n’est pas sans intérêt de préciser d’emblée que ce printemps, évènement marquant du combat pour la reconnaissance de la langue et de la culture amazighes n’est pas marocain mais d’abord et, avant tout, algérien et que cette jonction entre les Imazighen des deux pays voisins ne doit pas excéder les marques d’une solidarité de principe, ne peut occulter ce que les militants amazighes des deux côtés des frontières peuvent avoir de divergent et de spécifique. Ils n’ont pas la même histoire ; ils  n’évoluent pas sous un régime unique et les militants amazighes marocains ne peuvent souscrire à toutes les positions de leurs cousins algériens ni s’engouffrer dans la voie aventureuse empruntée par les Kabyles de  F. M’henni et du MAK (Mouvement pour l’Autonomie  de la Kabylie).

On sait comment les mouvements et manifestations qui ont fait ce printemps ont été déclenchés, comment ils se sont développés, à quoi ils ont abouti; leurs résultats sur les plan politique et culturel restent mitigés, des questions centrales demeurent posées et de nombreux défis restent à relever. C’est, au-delà d’un soutien de principe, d’une commémoration menacée comme toutes les commémorations, de  s’avachir dans un triste rituel, qu’il faut, à notre sens, se placer pour tirer les leçons  d’un passé toujours  récent qui semble bien empiéter sur un présent qui  étrangement lui ressemble.

C’est en cela  qu’un évènement de ce genre peut se révéler intéressant en ce qu’il incite à se remettre en question en se re-positionnant par rapport à certaines questions dont la principale est : Où va-t-on ? Où nous en sommes-nous ?  Ce sont ces questions qu’indirectement  et timidement semblent vouloir exprimer les militants marocains qui, pour commémorer tafsut 45 (1980/2025), se sont regroupés  mais séparés dans  deux manifestations importantes dans deux villes impériales  Marrakech et Rabat, se défendant, toutefois, de se démarquer les uns des autres en raison de quelque divergence.

Pour les observateurs avertis, à Rabat où le printemps de cette année est associé au nom de Mohamed Chafik, militant amazighe bien connu, ex-directeur du collège royal et ancien recteur de l’IRCAM,  homme d’appareil conciliant, « le sage idéologue de la question amazighe » , c’est une certaine ligne politique qui s’exprime, c’est une stratégie militante bien connue qui triomphe; à Marrakech, une autre tendance semble bien installée, celle qui milite pour la création d’un parti d’obédience explicitement amazighe, pour qui l’amazighité n’est pas seulement linguistique et culturelle mais aussi économique et sociale;  c’est dans ce sens qu’il faut interpréter l’accent mis lors de sa manifestation sur les conditions pénibles et les souffrances  des doubles victimes du séisme du Haouz et de la mauvaise gestion des aides publiques, des malversations et  des tares d’une administration rongée par le népotisme et la corruption… Le printemps ne fleurit pas pour tout le monde et les pâquerettes sont, hélas !, périssables; il peut même être et pluvieux et glacial et neigeux, ce printemps ! A grelotter sous une tente de fortune et rêver de simples murs de pisé et d’une galette chaude arrosée d’huile d’olive et à l’engloutir tout près d’un feu flamboyant… On est loin des Aït Sadden, des Aït Amer, entre Fès et Taza.  Là, chez les Aït Oumalou, la nature est plus clémente. Là, on est presque heureux du bonheur de tous les jours en dépit  de la fièvre qui secoue les prix de certaines denrées en ce mois sacré du Ramadan

Moralité de la fable : Si on ne peut transiger sur les principes, on doit  s’employer, s’appliquer à les convertir en actes adéquats, c’est-à-dire, les plus  les plus justes.

Rappel (« le rappel est toujours profitable pour les croyants ») : Le principe d’une création d’un parti politique d’orientation amazighe doit être un vrai sujet de débat, serein et responsable.

3-2. Bihi relève aussi pour ce chapitre ‘’amazighité et militantisme’’ que des voix concordantes s’élèvent dans les milieux associatifs pour dénoncer « les confusions et le flou » qui caractérisent la gestion de la caisse destinée à financer les projets d’application de la Loi 16.26 et promouvoir l’amazighité, –la langue et la culture amazighes- en l’intégrant progressivement à tous les niveaux d’organisation politique, sociale, administrative, aux différents appareils de l’Etat. Il est ainsi impératif et impérieux de s’intéresser d’aussi près que possible  aux financements de cette « caisse », s’interroger sur l’écoulement des sommes allouées à tel ou tel secteur, dédiées à telle ou telle opération ou activité  mais aussi d’évaluer les résultats d’une gestion plus que mitigée, depuis cette année de 2020 qui consacre la promotion linguistique et culturelle amazighe en l’insérant dans une politique générale visant « la modernisation de l’administration publique et la transition numérique ».

On rappellera  ce qu’on sait déjà : — que pour l’application de la Loi 16.26, on n’a  à aucun moment envisagé une politique participative qui associerait les associatifs amazighes, — que la Direction créée spécialement pour veiller à cette application reste un ‘’ domaine privé’’,  une instance occulte, — que le chef d’orchestre qui domine la scène -même manchot-  joue de la baguette. Pour un autre rapprochement et une autre métaphore, la situation rappelle celle du maître d’un autre temps qui à la fin de la classe ramasse les buchettes.

On n’associe pas, on n’informe pas, on récupère les rebelles ? On s’entoure d’opportunistes, on menace ‘’les têtes brûlées’’. Il en existe toujours … « On » c’est le Pouvoir.

3-3. Des militants de la Cause amazighe s’insurgent et parfois vocifèrent : Trop  « d’erreurs » entachent, défigurent, dénaturent la langue amazighe des enseignes et inscriptions transcrites en alphabet tifinaghe très largement inaccessible au plus grand nombre; celles-ci de plus en plus saturent, pourtant les espaces public et privé. Cette langue qui veut conquérir ces espaces pour elle nouveaux n’a apparemment pas réuni toutes les conditions d’un tel investissement d’où l’anarchie, le désordre, les incohérences, la néologie sauvage ou  incontrôlée qui caractérisent cette opération et, selon le mot d’un militant amazighe influent « polluent » le paysage urbain. Bihi refuse de parler en ce domaine d’erreurs et abandonne le mot  aux activistes qui sont connus pour toujours aller vite. Les choses sont beaucoup plus complexes qu’ils n’imaginent ; des questions essentielles sont ainsi enjambées. Bihi, lui-même amazighe ‘’éclairé’’, ne compte pas le nombre de fois où il s’est arrêté pour déchiffrer, décrypter ces inscriptions en amazighe et, chaque fois, il faisait la même réflexion : Il est assez armé pour les décrire d’un point de vue strictement linguistique, s’appesantir sur leur formation et sur les choix lexicaux et les créations néologiques qu’il relève. Mais, il juge que ce ne sera que  le plaisir éphémère d’un ancien professeur de langues, d’un retraité nostalgique.

L’IRCAM [Institut Royal de la Culture (et de la langue ?) AMazighe]  ne peut être, à notre sens, indifférent, à cette problématique. Il est appelé à ‘’régler le feu sous cette marmite en ébullition’’. Nombreux  parmi les Imazighen, eux-mêmes, sont ceux qui, rebutés, détournent le regard de ces inscriptions et de cette langue auxquelles ils ne sont pas préparés, qui les laissent perplexes et confus. Mais il en est aussi  parmi les Imazighen ceux qui vous diront  simplemnt : « Ces inscriptions sont bien la preuve officielle d’une reconnaissance oui ou non ? Le reste viendra » et quand on soulève la question de ce reste qui viendra, on mesure l’étendue de l’ignorance de nos interlocuteurs et l’on comprend mieux pourquoi l’alphabet tifinaghe flotte comme un étendard sur la demeure amazighe.

Rien de plus efficace pour pervertir, abâtardir la vérité scientifique que de la marier à la politique, l’entraîner vers des voies qui ne sont pas les siennes !!

L’écrivain public

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